Sacrifice d'amour, de Robert Dinesen

Publié le par Denis Ballu

Titre : Sacrifice d'amour 
Titre original : Et Kærlighedsoffer / En Kærlighedsaffære / Kærlighedens Offer
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : Robert Dinesen
Scénario : Alfred Kjerulf
Photo : Sophus Wangøe
Interprétation : Thorkild Roose (le prince Ivan Isahoff, gouverneur), Frederik Jacobsen (le professeur Andrew Bobileff), Ebba Thomsen (Anja / Ania, sa fille), Nicolai Johannsen (Jean Fort, acteur), Franz Skondrup, Emilie Otterdahl, Ingeborg Bruhn Bertelsen, Agnes Andersen, Axel Boesen, Holger Syndergaard, Oluf Billesborg, Carl Lauritzen, Ingeborg Jensen, Lily Frederiksen, Carl Petersen, Julie Henriksen
Durée : 836 (ang) / 853 m. (France)
Sortie au Danemark : 6 avril 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 28 mars 1914, dans une distribution de Louis Aubert

    Le vieux professeur Andrew Bobileff, tout occupé de ses études, vit seul avec sa fille, la jolie Ania. Le calme de la petite maison ne devait pas tarder à être troublé. Un jour que le professeur prend le café en compagnie d’Ania, deux agents viennent l’arrêter, au nom du prince Isahoff, qui accuse le professeur d’avoir pris part à un complot contre le gouvernement. Malgré ses protestations, les larmes de la jeune fille, on le traîne en prison. Ania jure de venger son père, le gouverneur l’apprend et donne l’ordre de l’arrêter aussi. Se doutant des intentions d’Isahoff, Ania s’échappe en auto. Poursuivie de très près par les agents, elle va être rejointe. Désespérée, elle risque un saut hors de l’automobile. La voiture, abandonnée, continue sa course vertigineuse, suivie des policiers, tandis que la jeune fille, évanouie, gît dans un jardin. Lorsqu’elle revient à elle, Ania s’aperçoit, à sa grande stupeur, qu’elle s’est perdue en croyant se sauver : elle est dans le jardin du gouverneur. À quelques pas, voici venir son mortel ennemi, accompagné de sa femme et de sa petite fille. Brusquement, elle saisit son revolver et le braque sur lui. Au même instant, le prince prend la fillette et la presse tendrement dans ses bras. Ania pense à son père, elle a tant de peine d’en être séparée, va-t-elle tuer le prince devant son enfant ? Parvenue à s’échapper, elle revient à la ville et s’engage comme actrice au théâtre de la Cour. Elle y fait la connaissance du populaire acteur Jean Fort. Une solide amitié les unit bientôt. Six mois après, on annonçait les fiançailles d’Ania Bobileff et de Jean Fort. À quelques jours de là, Ania apprend, par la voie du journal, la mort de son père. Un moment assoupie, sa haine envers le prince se réveille. Tout à coup, elle n’a plus qu’une idée : se venger du meurtrier de son père ! Le soir même, en entrant en scène, Ania aperçoit le prince et sa femme qui assistent à la représentation. Très émotionnée, elle s’évanouit. Peu après, en promenade avec Jean Fort, elle rencontre le gouverneur. Incapable de maîtriser sa fureur, elle se précipite vers lui. Effrayé de cette brusque attaque, le gouverneur se rend au bureau de police donner l’ordre d’arrêter la jeune fille. Mais il est impossible de la retrouver. Jean Fort, averti de ce qui se passe, se laisse conduire chez le gouverneur. Là, il explique qu’il est tellement certain de sa fiancée qu’il offre de se rendre au prochain bal du Palais grimé de façon à être facilement pris pour le prince Ivan Isahoff, afin de s’exposer à l’attentat éventuel. Le jour du bal, Jean Fort, sous les habits du gouverneur, parcourt la salle. Dissimulée derrière une tenture, Ania guette ses allées et venues. Il avance vers elle. Prompte comme l’éclair, elle tire un poignard du bouquet de sa ceinture et en frappe le jeune homme. Jean Fort chancelle, il enlève sa perruque et sa fausse barbe. Ania, épouvantée, comprend son erreur. À genoux près du corps de son fiancé, elle sanglote sur son bonheur perdu. Comme elle expie à présent son horrible forfait ! Jean Fort expire. Alors, comme on vient pour l’arrêter, elle se précipite sur le balcon et saute la barre d’appui. Lorsqu’on retrouva son corps ensanglanté, elle avait cessé de vivre. (Le Courrier cinématographique, 28 mars 1914)

 

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