Malédiction, réalisateur inconnu

Publié le par Denis Ballu

Titre : Malédiction
Titre original : Den Dødes Forbandelse
Production : Filmfabrikken Skandinavien
Réalisation : inconnu
Interprétation : Edmund Petersen (Adolfo Karolinko, artiste), Anna Müller (Miriam, sa fille adoptive), Jon Iversen (Holten, marchand), Lauritz Hansen (Alexis, artiste), Elith Pio (Janko, artiste), Arnold Petersen (l’agent des artistes)
Longueur : 900 m. 
Sortie au Danemark : 9 janvier 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 6 décembre 1913, dans une distribution de l’Agence Générale du Cinématographe d’Antoine Bonaz

    Un pauvre mère place son enfant dans le fossé et lui attache un papier sur la poitrine, demandant aux gens pleins de compassion d’en prendre soin – ce qu’elle n’est pas en mesure de faire. Une troupe d’artistes itinérants trouve l’enfant et un de ses membres, le clown Adolfo, l’adopte. Son amour pour la petite créature abandonnée est touchant : à peine son numéro terminé, il se précipite pour s’occuper de l’enfant. Bref, sa vie est fortement affectée par cette adoption. Il gâte tellement l’enfant – qu’on appelle la Petite – qu’elle devient un véritable tyran, exigeant tout et n’en faisant qu’à sa tête. Plus tard, devenue adulte et star, Miriam ravit tous les cœurs et suit son père nourricier et metteur en scène dans les grandes villes et le traite comme s’il était son chien. Mais le vieil homme n’a pas la possibilité de se révolter : il est âgé et ne peut plus se produire seul. Miriam se montre de plus en plus méprisante envers le vieux clown qui se sent blessé au plus profond de lui-même quand elle commence une liaison avec le jeune marchand Holten, qui bientôt demande sa main. En bref, elle lui dit : « Nous chemins se séparent. Tu n’es qu’un obstacle pour moi, vieux et usé que tu es devenu. » Et elle lui tourne le dos. Le vieil homme reste seul, mais il l’aime fidèlement comme un chien son maître. Il la suit de ses pas mal assurés, et c’est sa seule récompense. Miriam épouse le riche marchand Holten, tandis que le « Vieil Adolfo » retourne à l’anonymat. Il ne trouve d’engagement nulle part et finalement devient chiffonnier. Malade et brisé, il finit dans un hospice. Il demande à sa fille l’autorisation de venir passer ses derniers jours près d’elle, comme un de ses plus modestes serviteurs. Mais Miriam craint qu’il ne révèle qu’elle est un enfant adopté. Blessé au plus profond de lui même, il s’écrie : « Sois maudite. Que tu perdes tout ce que tu aimes et que tu ne trouves la paix nulle part ! » Il se dresse sur son lit, serrant sa poitrine d’où sort un râle. Miriam est pétrifiée, alors que ces mots terribles continuent à résonner dans ses oreilles. Et ce qui suit va être conforme aux vœux du vieil Adolfo. Le marchand Holten perd sa fortune à la bourse et se suicide par balle. L’enfant du couple tombe malade et meurt. Marianne perd ses proches. À la fois pleine de peur et de rancune contre les malheurs qui s’abattent sur elle, Miriam va se plonger dans la vie nocturne pour amortir sa douleur, mais au milieu de cette joie forcée, elle voit devant elle le vieux mendiant dont le regard menaçant lui lance : « … et tu ne trouveras la paix nulle part ! » Pour gagner son pain, Miriam doit retourner au monde du spectacle. Son destin s’incarne dans Alexis, son « porteur », un artiste brutal qui la maltraite. Elle l’a aimé par le passé, elle est devenue son esclave. Janco, un jeune artiste qui joue dans le même numéro qu’Alexis et Miriam, aime cette dernière. Il lui propose de partir ensemble, mais elle refuse et lui dit : « Pour moi, il n’y a que la mort comme destination. La vie a perdu toute valeur. Ma faute est trop lourde à porter. » Janco lui fournit un poison mortel. C’est le dernier acte d’amitié qu’il peux lui donner. Sur la scène résonnent les rythmes endiablés de la mélodie Danse de mort. Alexis fait tourbillonner Miriam jusqu’à ce qu’elle s’effondre. Elle lui demande de continuer. Il le fait de plus en plus sauvagement, jusqu’à ce qu’elle s’effondre, morte. Le public applaudit. Le rideau tombe. Mais la pauvre femme hurle dans l’angoisse de la mort : « Regardez, regardez ! Le vieux là... Il m’a maudite afin que je ne trouve la paix nulle part ! » Janco se précipite. Il montre silencieusement la porte à Alexis qui sort la tête basse. Le combat de Miriam est terminé. Janco s’agenouille et fait le signe de la croix. Quoi qu’elle ait fait, elle a expié ses péchés. (adaptation programme danois Denis Ballu)
 

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