Le soleil de minuit, de Robert Dinesen

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le soleil de minuit 
Titre original : Midnatssolen
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : Robert Dinesen
Scénario : Laurids Bruun & Axel Garde d'après le roman éponyme (1907) de Laurids Bruun
Photo : Sophus Wangøe
Interprétation : Else Frölich (Addi Hölzer / Adrienne Hansquine), Nicolai Johannsen (Fritz Wahlbeck / François Vion, ouvrier mineur), Christian Schrøder (le vieux Wahlbeck / Vion aîné, son père), Alf Blütecher (Franz Schönherr / Frédéric Lebeau ou Leblanc, inspecteur des mines), Lau Lauritzen (son père), Svend Melsing (le duc / le prince), Svend Kornbeck (le capitaine Grube / Brunet), Carl Schenstrøm (un mineur), Alma Hinding, Birger von Cotta-Schønberg, Franz Skondrup, Oluf Billesborg, Lauritz Olsen, Holger Syndergaard, Ingeborg Spangsfeldt
Longueur : 1800 m. / 1562 m. (France)
Sortie au Danemark : 21 janvier 1916 
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 28 février 1914, dans une distribution de Louis Aubert

Note : Tourné en 1913, année de forte production de la Nordisk, le film a dû attendre 1916 pour sortir au Danemak.

    Osawa, village de mineurs s’éveille. Les ouvriers se rendent aux puits. Parmi les travailleurs, il en est un plus cassé, Vion aîné, dont les difficultés de la vie ont aigri le caractère. Les ouvriers, ayant formé un syndicat, l’ont choisi pour chef. Un gentil roman s’esquisse entre François, le fils de Vion, et Adrienne Hansquine, employée au lavage dans la mine. Chaque soir ils s’en retournent de compagnie au logis d’Adrienne. Un jour, le fils de l’inspecteur, Frédéric Leblanc, les suit. Lorsqu’ils se séparent, Frédéric rejoint François afin d’entrer en conversation avec lui, mais celui-ci s’éloigne. Frédéric, vexé, allume une cigarette, jette son allumette sans se soucier où elle tombe. Tandis qu’il s’éloigne, l’allumette enflamme quelques copeaux, le feu s’étend jusqu’à la maison d’Adrienne et bientôt l’environne de flammes. François, apercevant l’incendie, accourt, pénètre dans le bâtiment en flammes et sauve Adrienne au péril de sa vie. Pendant le sauvetage, il est grièvement blessé, on l’emporte tandis que le feu s’étend avec une effroyable rapidité. Bientôt toute la ville brûle, les mines sont atteintes. Une explosion se produit, des sauveteurs se précipitent, malheureusement leur dévouement est vain ; beaucoup d’entre eux périssent. Peu après cet incendie, une révolution éclate sur les îles Nomali, une mobilisation a lieu afin de la réprimer, et François doit partir. Depuis de longs jours, François est parti. Adrienne attend en vain de ses nouvelles. De son côté, l’exilé guette chaque jour l’arrivée du courrier. Chacun croit à l’oubli de l’autre. Pourtant il n’en est rien, c’est Frédéric qui intercepte les lettres. Bientôt lassé de lire des lettres d’amour adressées à un autre et dans le but de les faire cesser, il laisse croire à Adrienne que François a été tué. Accablée, la jeune fille tombe malade. Frédéric lui prodigue des soins dévoués et peu à peu prenant confiance, elle cède à ses sollicitations. Comme le père de Frédéric refuse de donner son consentement au mariage, elle accepte de partir avec lui pour la ville. Les années ont passé. L’agitation réprimée, les troupes sont rentrées. François trouve son père mourant à l’hôpital. Celui-ci, tout étonné de le revoir bien portant, lui apprend que tout le monde le croyait mort et lui raconte comment, dans cette croyance, Adrienne s’est unie à Frédéric. Quoique Adrienne l’ait trahi, il veut la revoir et part pour la ville. Il la voit monter en automobile accompagnée du commandant Brunet. Quelques jours après, François lit dans un journal que le Prince accompagné du commandant Brunet veut avec son yacht se rendre au Cap Nord pour y voir le « soleil de minuit ». François décide de se venger de celui qu’il croit être l’ami d’Adrienne. Il fera sauter le navire. Embarqué parmi l’équipage, il perce des trous au fond de chaque canot de sauvetage et place une bombe dans la cheminée du salon. Prudemment, il se glisse à l’arrière du navire, détache le canot qu’il s’est réservé pour la fuite. Au même moment, il est découvert, conduit au commandant Brunet. Fustigé, François redresse fièrement la tête : « Faites de moi ce que vous voudrez, dit-il, j’ai caché une bombe à bord, avant un quart d’heure, nous sauterons tous. » Tous s’éloignent de lui. Seule Adrienne, qui l’a reconnu, s’élance dans ses bras. Tandis qu’on cherche la bombe, Adrienne et François, seuls pour la première fois depuis leur séparation, se racontent ce qui s’est passé et se font la promesse mutuelle de ne plus jamais se séparer. La femme de chambre d’Adrienne découvre l’engin. Il s’agit de s’en emparer, aucun des hommes présents n’ose la prendre, ce que voyant le commandant Brunet s’adresse à François. Celui-ci détruira la bombe si le commandant s’engage à le laisser quitter le yacht avec Adrienne. Sur l’acceptation de M. Brunet, François prend la bombe et la jette à la mer. Aussitôt, parjure, le commandant s’écrie : « Arrêtez-le ! » Les matelots saisissent François et le lient au grand mât. Il va mourir, les fusils sont braqués sur lui : « Feu ». Quand la fumée est dissipée, on voit au pied du mât deux corps étendus : Adrienne a tenu sa promesse ! Mais le Prince, dont le bon cœur est indigné par la lâche action du commandant Brunet, le fait mettre en prison. (Le Courrier cinématographique, 28 février 1914)

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