Le remords, d'August Blom

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le remords / Remords (Nordisk)
Titre original : Hvem var Forbryderen? / Samvittighedsnag
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : August Blom
Scénario : Christian Nobel
Photo : Johan Ankerstjerne & Axel Graatkjær
Interprétation : Valdemar Psilander (Otto Berg / Charles Deveaux, détective), Robert Schyberg (Aage Hagen / Jean Rivoir, l’ami de Kurt), Alma Hinding (Olga / Irène, fille du retraité Müller), Alfred Arnbak (Kurt /Georges le fils du retraité Müller), Frederik Jacobsen, Ingeborg Bruhn Bertelsen, Otto Lagoni, Svend Kornbeck, Johanne Krum-Hunderup, Carl Lauritzen, Franz Skondrup
Longueur : 867 m.
Sortie au Danemark : 17 mars 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 8 mars 1913, dans une distribution de Louis Aubert

Alma Hinding, Valdemar Psilander & Alfred Arnbak

    Le vieux rentier Muller, veuf depuis longtemps, aime de tout son cœur ses deux enfants, Georges et Irène. Cependant il s’afflige de constater que son fils néglige ses études et se laisse tenter par son ami Jean Rivoir, un vaurien qui ne fait que boire et s’amuser et entraîne Georges dans les lieux de plaisir. Un soir, Jean Rivoir vient chercher Georges, et celui-ci n’ayant plus d’argent, Jean lui conseille de taper son père ou sa sœur pour s’en procurer. Le père refuse, mais Irène lui donne 100 francs. Pendant que Georges est monté chez sa sœur, Jean, resté seul, aperçoit un revolver appartenant à son ami et s’en empare. Au retour de Georges, ils sortent et passent la moitié de la nuit en compagnie de femmes légères, sans se douter que Charles Deveaux, le fameux détective, les observe, étonné de les voir dépenser tant d’argent. Enfin Georges quitte l’établissement pour rentrer chez lui. Cependant Jean paraît avoir conçu un mauvais projet. Une fois dans la rue, il fait semblant d’être ivre : d’un pas mal assuré, il se dirige vers une auto et dit au chauffeur de le conduire chez lui. Malgré l’ivresse apparente de son client, le chauffeur le prend dans sa voiture. Arrivé à l’adresse indiqué, il le fait descendre et, aidé par la patronne de l’hôtel, réussit à mettre au lit le prétendu ivrogne. Cependant, à peine Jean est-il seul, qu’il saute du lit et quitte furtivement la maison. Entre temps, Georges est rentré chez lui. Au fond, il est dégoûté de la vie qu’il mène et il écrit une lettre à Jean, dans laquelle il lui demande de ne pas venir le chercher pendant quelque temps, car il a pris la ferme résolution d’achever ses études. La lettre finie, il descend pour la mettre dans la boîte aux lettres. À son retour, il trouve toute la maison bouleversée. Dans le salon, il voit le corps sanglant de son père assassiné. Sa sœur et la vieille gouvernante sont au désespoir. Immédiatement, Georges prévient par téléphone le commissaire de police qui arrive peu après pour procéder au premières constatations. L’indice le plus important est le revolver. On découvre qu’il appartient à Georges. La vieille gouvernante déclare avoir entendu celui-ci demander de l’argent à son père qui le lui a refusé. Ce témoignage est terrible pour le pauvre jeune homme et il a pour résultat immédiat que le commissaire de police s’assure de sa personne et l’emmène au poste, malgré ses protestations d’innocence les plus énergiques et les larmes de sa sœur. Par les journaux, le détective Charles Deveaux apprend l’assassinat qui lui fait penser à la scène dont il a été témoin dans le restaurant de nuit où Georges et Jean s’amusaient avec des filles. Suivant une inspiration subite, il se rend à la prison et demande à parler à Georges. Après lui avoir fait subir un interrogatoire serré, le détective est persuadé que ce jeune homme si franc n’est pas l’assassin. Sa pensée se porte alors sur Jean Rivoir, et une voix intérieure lui dit que c’est lui qui a assassiné le vieux rentier, mais comment le prouver ? Le jour même de sa visite à la prison, il va trouver Irène pour lui dire bonjour de la part de son frère, et touché du chagrin de la jolie jeune fille, il lui propose de trouver le vrai coupable. Puis il se rend chez Jean Rivoir pour savoir si celui-ci est informé de l’assassinat, mais Jean qui est sur ses gardes feint l’ignorance. Le détective le quitte en lui faisant ses excuses de l’avoir dérangé et, en sortant, oublie exprès sa canne. Lorsque, l’instant d’après, il revient la chercher, il surprend Jean en train de brûler la lettre que Georges lui a adressée. Jean se trouble si visiblement que M. Deveaux est certain d’avoir devant lui l’assassin, mais il n’a toujours pas de preuves formelles contre lui. Il fait surveiller la maison par un de ses aides et, peu après, celui-ci lui téléphone que Jean vient de sortir. L’instant d’après, M. Deveaux arrive avec deux autres détectives. Ils examinent à fond l’appartement de Jean sans trouver l’argent volé, mais dans le poêle M. Deveaux trouve les restes de la lettre brûlée et s’en saisit. Les deux détectives n’ont pas encore fini leur perquisition quand Jean rentre. Voyant par le trou de la serrure à qui il a affaire, Jean allume un commencement d’incendie dans l’antichambre pour détourner l’attention des détectives et enflamme quelques tapisseries dans l’antichambre. Sentant l’odeur de brûlé, ceux-ci sortent précipitamment et Jean en profite pour se glisser dans la chambre et prendre l’argent caché sous le matelas, après quoi il saute par la fenêtre. M. Deveaux s’aperçoit, mais trop tard, qu’il a été joué. Dans l’après-midi, il va de nouveau trouver Irène pour lui apprendre où en est l’affaire. Pendant sa visite, la bonne vient lui annoncer Jean Rivoir et, au même instant, Deveaux a formé son plan. Il dit à Irène qu’il va s’éloigner pour quelque temps et la prie de retenir Jean jusqu’à ce qu’il revienne. Une fois dans la rue, il hèle une auto et se fait conduire chez lui. Là, il se maquille de façon à ressembler au rentier assassiné, après quoi il retourne chez Irène qui, suivant ses instructions, quitte le salon, laissant seul le jeune homme. Alors, M. Deveaux, déguisé comme l’assassiné, ouvre subitement la porte. Saisi d’horreur, Jean s’affaisse, frappé d’un choc nerveux, et quand Deveaux le presse de questions pour lui arracher l’aveu de son crime, il fait un signe de tête affirmatif et retombe en expirant dans le fauteuil. Rayonnante de joie, Irène se rend avec Deveaux à la prison pour faire délivrer son frère, et celui-ci ne sachant comment remercier son sauveur, Irène s’en charge en mettant son bras sous celui de Deveaux et en le regardant si tendrement qu’il se sent largement récompensé de ce qu’il lui a été donné de faire pour eux. (Le Courrier cinématographique, 8 mars 1913, p. 38)

 

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