La vengeance de Peppo Purillo, d'August Blom

Publié le par Denis Ballu

Titre : La vengeance de Peppo Purillo 
Titre original : Pressens Magt / Et Bankrun / Stormløbet paa Grenville Bank
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : August Blom
Scénario : Laurids Skands
Photo : Johan Ankerstjerne
Interprétation : Frederik Jacobsen (Parker, directeur de banque), Ebba Thomsen (Mary, sa fille), Olaf Fønss (Freddy Malwood), Aage Hertel (Peppe Purillo, rédacteur), Clara Wieth (Ellinor, une créole), Johanne Krum-Hunderup, Lauritz Olsen, Christian Schrøder, Carl Petersen, Birger von Cotta-Schønberg
Longueur : 872 m.
Sortie au Danemark : 24 avril 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique, du 29 mars 1913, dans une distribution de Louis Aubert

  Aage Hertel & Clara Wieth 

M. Parker, directeur de la banque de Grenville, a tout lieu d’être content de son futur gendre, Freddy, agent comptable de la banque, qui est un garçon rangé et un employé modèle. Mlle Mary Parker aime son jeune fiancé et une harmonie parfaite règne dans toute la famille. Cependant cette idylle ne durera pas. Un jour, M. Parker reçoit une lettre de M. Purillo, directeur du journal Grenville News, par laquelle celui-ci demande un emprunt de 4.000 dollars, garanti par le matériel de l’imprimerie. Quand, peu après, Peppo Purillo est en conférence avec M. Parker dans le bureau privé de celui-ci, il aperçoit Mary et il pense qu’avec la dot de cette jolie fille il pourrait mettre ordre à ses affaires qui sont en très mauvais état. Son premier soin est donc de séparer Mary de Freddy. Le soir même, dans une promenade avec sa maîtresse, la créole Ellinor aux yeux noirs et ardents, il voit entrer dans un jeu de quilles Freddy accompagné d’un ami, et il décide de le suivre pour tâcher de lui chercher une querelle d’Allemand, et il y arrive en effet. Le lendemain, le journal de Peppo Purillo donne un compte rendu inexact de l’incident, selon lequel le directeur du Grenville News, M. Purillo, aurait été victime d’une agression de la part de l’agent comptable Freddy Malwood, qui était en état d’ivresse. En lisant cet article, M. Parker devient très triste. C’est un homme très honnête et, ne doutant pas de la véracité de l’article, il demande compte à Freddy de ses actes. Pour toute réponse, le jeune homme éclate de rire. Il a la conscience nette et il ne comprend pas que M. Parker puisse penser du mal de lui. Ainsi Purillo a atteint son premier but et, pas à pas, il poursuit sa victoire. Vers le soir, il se rend sans façon chez les Parker et constate avec satisfaction la gêne qui règne dans la maison. Il salue avec un sourire doucereux Freddy en le tapant amicalement sur l’épaule. Irrité de sa fausseté, Freddy frappe violemment Purillo d’un coup de poing. Dès lors, celui-ci est un martyr aux yeux des Parker. Freddy s’en va et Purillo reste vainqueur. Maintenant tous ses efforts tendent à obtenir la main de Mary, mais là il se heurte à une résistance opiniâtre. Cependant Purillo ne se décourage pas. Il persuade Ellinor, qui l’aime avec la fidélité d’un chien, de l’aider à perdre Freddy. Ignorant ses projets sur Mary, elle est pénétrée de reconnaissance pour les caresses qu’il veut bien lui prodiguer. Il lui dit : « Je veux que demain tu ailles voir Freddy. Tu diras qu’il faut que tu lui parles et, quand tu seras entrée dans sa chambre, tu sauteras dans le jardin par la fenêtre. » Elle promet de faire ce qu’il lui dit, après quoi il écrit une lettre à Mary, dans laquelle il la prévient de l’infidélité de son fiancé, en ajoutant qu’elle peut s’en rendre compte par elle-même en se trouvant, le lendemain soir, à 7 heures, devant le jardin de Freddy. Son indigne projet ne réussit que trop bien. Mary, dont la confiance en son fiancé a été ébranlée malgré elle, se trouve devant le jardin à l’heure indiquée et voit la créole sauter par la fenêtre de Freddy. Profondément triste, elle rentre chez elle et renvoie à Freddy son anneau de fiançailles. En apprenant ce qui vient de se passer, M. Parker se fâche sérieusement et remercie sans délai le pauvre Freddy. Peppo Purillo vient de remporter une nouvelle victoire. Il s’est débarrassé de Freddy et s’empresse d’écrire à M. Parker pour lui demander la main de sa fille. Cependant il est interrompu dans ses écritures par un usurier qui lui présente une créance en lui disant : « Je sais que vous êtes un scélérat, si vous ne me payez pas demain avant 6 heures du soir, je vous ferai arrêter », après quoi, il se retire. Purillo, dont toute la prospérité est en jeu, court après l’usurier pour lui arracher la créance. Pendant son absence, le sort veut que la créole trouve sur la table la lettre inachevée. À l’instant, elle comprend qu’elle a été l’instrument de sa propre perte. Son amour pour Purillo se change en haine et elle court tout avouer à Mary. Dès lors, les événements prennent une nouvelle tournure. Freddy est réhabilité et lorsque, le lendemain, M. Purillo vient demander Mary en mariage, il est mis à la porte. Furieux de cette humiliation, il rentre chez lui et, afin de se venger, il fait insérer dans son journal un article selon lequel la banque de M. Parker est insolvable. Le lendemain matin, la banque est assiégée par ses dépositaires qui réclament à cor et à cri leur argent ; la banque n’est pas préparée à une pareille demande, une panique commence à s’emparer des employés. Alors M. Parker, muni d’une liasse d’obligations, saute dans une auto et part à toute vitesse vers la ville voisine dans l’espoir d’y faire de l’argent. Malheureusement, au retour, il est retardé par un accident. Pendant son absence, Freddy fait de son mieux pour calmer les esprits. Il n’a plus de fonds, la situation est désespérée. Subitement, il a une idée. Il monte précipitamment au premier étage, ouvre un robinet à eau dans une chambre au-dessus de la banque, ferme à clef la porte et attend tranquillement l’effet de son acte. Celui-ci ne tarde pas à se produire. Juste au moment où le monde pénètre de force dans les locaux, le plafond s’effondre et l’eau tombe par torrents sur la foule agitée. En un clin d’œil, le local se vide. La situation est sauvée. Quelques minutes après, une auto s’arrête devant la banque, c’est M. Parker qui arrive avec l’argent. À six heures, la police frappe à la porte de Purillo. Elle est fermée à clef. Une détonation se fait entendre. On enfonce la porte et la créole se jette en sanglotant sur le corps inanimé de Purillo. Le misérable s’est fait justice. (Le Courrier cinématographique, 29 mars 1913, p. 37-38)

 

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