Sang bohémien, d'August Blom
Titre : Sang bohémien / Sang de bohémien (Belgique)
Titre original : Troløs / Gøglerblod
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : August Blom
Photo : Johan Ankerstjerne
Interprétation : Carl Lauritzen (Mr. Brandon), Agnete Blom (sa femme), Olaf Fønss (Mr. Wartley)
Longueur : 834 m. / 836 m. (France)
Sortie au Danemark : 24 novembre 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 26 avril 1913, dans une distribution de Louis Aubert
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Olaf Fønss, Agnete Blom & Carl Lauritzen
Les acrobates « The Brandons » viennent d’exécuter leur grand numéro. Dans le tonnerre des applaudissements qu’obtiennent seuls les tours de force, les trois artistes s’avancent dans l’arène, s’inclinent, saluent à droite et à gauche le public enthousiasmé avec des sourires de satisfaction, tout en se faisant des petits signes de sympathie mutuelle. En voyant ces trois artistes, on croirait qu’il règne, entre eux, une bonne fraternité. À peine le rideau est-il tombé après le dernier rappel, que leurs vrais rapports se montrent dans toute leur brutalité. Mme Brandon est amoureuse de son partenaire, M. Wartley. Celui-ci reste indifférent à cet amour, absorbé qu’il est par son travail d’artiste. Il veut faire du tir artistique et il passe une partie de ses loisirs à s’entraîner. Pendant un de ses exercices, il demande à un groupe d’artistes présents qui osera tenir les deux pipes qui lui serviront de cibles. Mme Brandon se place en face de lui, tenant les deux pipes comme il le lui indique. Elle donnerait sa vie pour avoir de lui une parole de tendresse. Cependant l’idylle est interrompue par M. Brandon qui entre dans l’arène une dépêche à la main. Les trois compagnons se rendent au café du cirque, pour en discuter le contenu. C’est une offre d’engagement de la part du cirque Landolf. Wartley est tout disposé à l’accepter et il va sans dire que Mme Brandon appuie chaleureusement sa proposition. Son mari, au contraire, agacé de son empressement évident envers Wartley, refuse. Une querelle s’ensuit entre les deux hommes et a pour conséquence la dissolution du groupe. Wartley part pour le cirque Landolf, où il signe un engagement comme tireur artistique et les Brandon se voient obligés d’étudier un nouveau numéro. Brandon devient danseur de corde. Pendant un exercice, il fait une chute dangereuse et se blesse grièvement. Sa femme va le voir à l’hôpital et apprend par le médecin que son mari sera invalide pour le reste de ses jours. Loin de s’affliger de cette triste communication, elle éprouve plutôt une délivrance, c’est un prétexte pour quitter son mari. « Je ne peux pas passer ma vie avec un estropié », lui écrit-elle. Cela fait, elle se hâte d’aller rejoindre celui qu’elle aime. Mais l’accueil est loin de correspondre au sacrifice qu’elle a fait. Wartley est toujours insensible et ne voit en elle qu’une bonne camarade. Malgré cela, elle ne perd pas l’espoir de gagner un jour son cœur et, quand il lui propose de l’assister à l’exécution de son numéro, elle accepte avec plaisir. « Oseras-tu me laisser abattre la pomme sur ta tête tous les soirs ? » lui demande-t-il. « Oui ! » répond-elle sans hésiter. Il n’aurait qu’à proposer, elle consentirait à tout, car son plus vif désir est de lui montrer, par son dévouement, la profondeur de son amour. Entre temps, son mari à quitté l’hôpital. Depuis longtemps sans travail, il se trouve dans une situation très embarrassée, d’autant plus que Jack Burns, son agent artistique, lui a fait part que depuis sa chute malheureuse, il n’a pas pu lui procurer d’engagement. Il garde rancune à son ancien ami, qui rompit si brutalement tous les liens, pour chercher tout seul la fortune et il est plein d’amertume contre sa femme, qui le quitta dans la plus grande détresse. Il veut se venger et, dans le pressentiment qu’un jour le sort lui en fournira l’occasion, il cherche une place de veilleur de nuit au cirque Landolf, car on ne veut plus de lui dans l’arène – lui, naguère, célèbre artiste. Brandon voit son ancien compagnon et sa femme. De son côté, un soir, avant la représentation, elle aperçoit aussi son mari. Il médite une vengeance et le hasard lui vient en aide pour exécuter sa funèbre résolution. Derrière le rideau de l’arène, il assiste au numéro du tireur artistique et il voit s’accomplir son plus vif désir. Wartley tire si maladroitement le coup qui doit séparer les deux parties de la pomme posée sur la tête de Mme Brandon, que celle-ci est atteinte et s’affaisse, mortellement blessée. Quelques moments après, elle expire dans les bras de Wartley. Mais le contre-coup de la vengeance est proche. Un des lions du cirque, s’étant échappé de sa cage, rencontre Brandon dans la rue, se rue sur lui et le mutile avant que les autres artistes, Wartley en tête, puissent venir à son aide. Il meurt, mais avant de s’éteindre, il se réconcilie avec son ancien ami et compagnon. (Le Courrier cinématographique, 26 avril 1913, p. 38-39)