Une fuite à travers les nuages, d'August Blom
Titre : Une fuite à travers les nuages / À travers les nuages (Belgique / Égypte)
Titre original : Flugten gennem Luften / Den sande Kærlighed / Flugten gennem Skyerne
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : August Blom
Scénario : Alfred Kjerulf
Photo : Johan Ankerstjerne
Interprétation : Valdemar Psilander (Einer Bang / Edmond Barbaut), Ebba Thomsen (Aase / Antoinette, son amoureuse), Anton Gambetta Salmson (Ewald / Erard, le père d’Aase), Robert Dinesen, Alma Hinding, Otto Lagoni
Longueur : 880 m. / 959 m. (France)
Sortie au Danemark : 22 mai 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 17 mai 1913, dans une distribution de Louis Aubert
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M. Erard, avocat à la Cour de cassation, est un adversaire absolu des idées modernes. Il refuse de consentir au mariage de sa fille Antoinette avec Edmond Barbaut, parce que le jeune homme est le champion de ces idées modernes qui lui sont insupportables. Un jour, il surprend les deux amoureux en tête à tête. Furieux, il met à la porte le jeune homme et enferme sa fille dans sa chambre. Cependant Edmond ne se laisse pas rebuter aussi facilement et se dit que le meilleur moyen serait d’enlever Antoinette et, voyant dans le journal que le lendemain que le dirigeable Continental va partir pour la ville de X, il décide que la fuite aura lieu par ce moyen. Il écrit un billet à Antoinette dans lequel il lui fait part de son projet qu’elle approuve de tout son cœur. Dans la nuit, l’enlèvement a lieu. Antoinette est obligée de sortir par la fenêtre. Pour descendre à terre, elle est obligée de gagner la véranda par une étroite corniche où, plus d’une fois, elle manque de se casser le cou. Mais les jeunes amoureux ont la chance avec eux, la périlleuse descente se passe à merveille et elle rejoint saine et sauve son ami qui l’attendait, mortellement inquiet. Une automobile les conduit à l’aérodrome où le dirigeable est prêt à partir. Pendant qu’Antoinette jouit du plaisir de l’extraordinaire voyage, son père découvre sa fuite. Il trouve une lettre d’Edmond qui lui apprend que les deux jeunes gens sont partis en dirigeable pour la ville d’X. Immédiatement, M. Erard se rend au bureau télégraphique, d’où il envoie à une agence de renseignements de la ville d’X un télégramme ordonnant de rechercher sa fille et de s’assurer de la personne des deux fugitifs, et il ajoute : « Faites enfermer le jeune homme dans une maison d’aliénés. Il est fou. » Le vieil avocat considère en effet tout acte de liberté moderne comme une sorte de folie. Pour lui, la fuite d’Edmond à travers les airs avec sa fille ne peut être que le fait d’un aliéné. Cependant l’atterrissage du dirigeable s’est passé dans d’excellentes conditions et Antoinette et Edmond continuent leur voyage par le chemin de fer. Mais, à la gare, ils sont rejoints par deux détectives munis de mandats d’arrêt. Par égard pour le nom de M. Erard qui est un homme jouissant d’une grande considération, Edmond est conduit dans une maison d’aliénés. Antoinette l’y accompagne, dans l’espoir d’empêcher son internement. Toutes ses insistances restent vaines. Edmond est enfermé dans une cellule ; mais tout en lui refusant de rendre la liberté à son ami, le directeur s’émeut de sa beauté. Alors Antoinette, qui ne pense qu’à trouver le moyen de retirer Edmond de la maison d’aliénés, est frappée d’une idée subite. Elle accepte l’invitation du directeur et vient le voir chez lui. Celui-ci remplit les verres, mais chaque fois Antoinette, au lieu de boire, jette le contenu du sien dans la cheminée. Le directeur devient de plus en plus ivre et finit par s’endormir. Antoinette en profite pour se glisser dans sa chambre et, peu après, revêtue de son costume, elle se rend à la maison d’aliénés et pénètre sans obstacles dans l’établissement et dans la cellule d’Edmond. Cachées sous son manteau, elle lui apporte une lime et une corde. Après avoir remis les vêtements à leur place, Antoinette attend devant l’établissement. Un saut hardi rend la liberté à son ami, mais ils n’ont pas de temps à perdre et reprennent leur fuite. Antoinette est épuisée de fatigue et d’émotion, mais ils trouvent asile chez des romanichels. Leur fuite se poursuit dans la roulotte de ces gens, mais ils ne sont pas encore au bout de leurs souffrances. Chemin faisant, une des petites filles des romanichels, en jouant avec des allumettes, met en danger de mort tous les voyageurs. Le feu gagne le bois sec des parois et, en quelques secondes, tous sont entourés de flammes. Pour rendre complet le malheur, les chevaux de la roulotte s’emballent. Par une petite ouverture de la paroi, Edmond grimpe alors sur le toit de la voiture pour aider le cocher qui essaie en vain de maîtriser les chevaux. Mais il n’y réussit pas et la voiture finit par se renverser. On se précipite au secours des malheureux qu’on retire des décombres. Par bonheur, personne n’a de graves blessures. Quelques mois s’écoulent, M. Erard se sent bien seul sans sa fille. Il se repent maintenant de sa dureté et se reproche de n’avoir pas compris la manière de penser des jeunes gens. Il vient de recevoir de l’agence de renseignements une dépêche disant que toute trace des fugitifs est perdue. Enfin, un jour, Antoinette annonce à son père qu’elle vient de se marier avec Edmond et que son pardon compléterait leur bonheur. Est-il besoin d’ajouter qu’il ne les laissa pas attendre longtemps. (Le Courrier cinématographique, 17 mai 1913, p. 46-47 ; complété à partir du programme français de la Nordisk)