L'ami qui n'existait pas, de Robert Dinesen
Titre : L'ami qui n'existait pas
Titre original : Tøffelhelten / Vennen, der ikke fandtes
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Robert Dinesen
Scénario : Valdemar Andersen
Photo : Sophus Wangøe
Interprétation : Lauritz Olsen (Carl Meyer / Charles Lenoir, industriel), Agnete Blom (Nana, sa femme), Carl Alstrup (Peter Pax / Pierre Ponce, ami de Carl), Kristian Møllback (Martin Klein / Martin Petit), Knud Lumbye (Bastian / Bastien, acteur, frère de Nana), Oluf Billesborg, Ingeborg Jensen, Charles Willumsen, Vita Blichfeldt, Holger Syndergaard, Hilmar Clausen, Karen Christensen
Durée : 830 m. / 850 m. (France)
Sortie au Danemark : 11 juin 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 20 juin 1914, dans une distribution de Louis Aubert
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Lauritz Olsen & Agnete Blom
Messieurs Lenoir et Pierre Ponce ont reçu une lettre de leur ami commun M. Martin Petit les invitant à venir le rejoindre à Berlin. Afin de conquérir sa liberté, M. Lenoir se fait envoyer la lettre suivante : « Collège de Belleville. 13 mars 1914. Cher Charles. Samedi prochain, notre petite fille va être baptisée. Tu te rappelles, n’est-ce pas, que tu nous as promis de lui servir de parrain. Nous t’attendons donc vendredi soir. À bientôt. Adolphe Dubois. » Il la communique à Mme Lenoir. Quelques jours plus tard, M. Lenoir, en route pour Berlin, s’amusait de la naïveté de sa femme. Il est bien certain qu’elle ne se doutera jamais de sa fugue. Mais il rencontre à Berlin une amie de Mme Lenoir. Celle-ci, très charitablement, envoie aussitôt un mot à son amie : « Chère Nana. Je t’envoie d’ici un bien affectueux bonjour. J’ai rencontré ton mari hier. Pourquoi ne l’accompagnes-tu pas ? Amélie. » Cette discrète remarque éveille les soupçons de Mme Lenoir. Son mari l’a berné puisqu’il n’est pas à Belleville comme elle le supposait. Elle fait part de sa remarque à son frère le comédien Bastien qui lui promet de donner une leçon à Lenoir. À peine de retour à la maison, Charles Lenoir reçoit un télégramme de Belleville, envoyé par le faux Dubois : « Cher Charles. Arriverai demain Copenhague. Viens me chercher à la gare. Adolphe Dubois. » Lorsque Lenoir reçoit le télégramme, il craint que son ami, ignorant la ruse dont il s’est servi pour conquérir sa liberté, vienne à éviter les soupçons de Mme Lenoir se grime comme son ami de Berlin Martin Petit et se rend à la gare à l’heure du train. Pendant ce temps, Bastien se grime afin de ressembler à Adolphe Dubois, mais sa sœur, ne connaissant ni Dubois ni Martin, lui a donné comme modèle la photographie de M. Martin Petit. Cette confusion a des conséquences inattendue : Mme Lenoir, croyant parler à son frère, converse avec Pierre Ponce et M. Lenoir est fort ennuyé lorsqu’il se souvient avoir invité son ami à venir le voir ce même jour. Mme Lenoir écrit un billet à Pierre Ponce qu’elle prend pour son frère : « Quand mon mari sera couché, j’irai chez toi. » Pierre Ponce transmet le billet à M. Lenoir et Mme Lenoir doit faire des excuses à son mari, et la confusion aurait peut-être duré sans l’arrivée de l’ami de Berlin. Tout s’explique et Mme Lenoir, que toutes ces aventures ont beaucoup divertie, pardonne à son mari, mais M. Lenoir doit lui promettre de toujours l’emmener lorsqu’il se rendra à Belleville. (Le Courrier cinématographique, 20 juin 1914)
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Serge Bernstamm, dans Le Film, n° 20, 10 juillet 1914, p. 12, propose à ses lecteurs ce même résumé du film le faisant suivre – ironiquement ? – de la question : « Avez-vous compris ? » Il faut bien avouer que ledit résumé est fort confus ! C’est pourquoi je fais figurer ci-dessous celui de la Nordisk qui a probablement servi de base à celui fourni par le distributeur français à la presse et qui, s’il n’est pas parfait, fournit néanmoins quelques précisions utiles à la compréhension de l’intrigue.
Le fabricant Lenoir, qui a le malheur d’être marié à une Xanthippe, rencontre un jour son bon ami Pierre Ponce. « J’ai reçu une invitation de Martin Petit pour aller le voir à Berlin ! » dit Pierre Ponce. « Moi aussi!dit Lenoir, mais je ne sais guère comment faire pour m’échapper de chez moi ! » Pierre trouve immédiatement un moyen. « Écoute ! dit-il à son ami. J’ai une idée ! » Pierre Ponce explique son plan, et obtient l’approbation de son ami. Ils en commencent aussitôt l’exécution. D’abord, ils écrivent la lettre suivante : « Collège de Belleville, 13 mars 1914. Monsieur le fabricant Charles Lenoir, Copenhague. Cher Charles. Samedi nous aurons le baptême, et je te rappelle ta promesse d’être le parrain de ma petite fille. Nous t’attendons par le train vendredi soir. À toi, Adolphe Dubois. » Puis Pierre Ponce écrit à un de ses cousins qui habite Belleville, et le prie de mettre cette lettre à la poste à Belleville. Un couple de jours plus tard, Lenoir reçoit la mettre qu’il s’est écrite. Sa femme, qui ne se doute de rien, lui permet de partir à Belleville. Lenoir est enchanté. Malheureusement, il oublie qu’il existe quelque chose qui s’appelle une amie complaisante. Une telle, qui a vu Lenoir à Berlin, envoie à Mme Lenoir une carte illustrée, en ajoutant qu’elle a aperçu Lenoir à Berlin. Mme Lenoir est furieuse. Elle rumine une vengeance terrible, mais elle comprend qu’avant tout il lui faut des preuves ou l’aveu de son mari. D’abord, elle fait semblant de rien ; elle écoute avec un sourire discret les rapports de son mari concernant le baptême, mais lorsque son frère, un acteur connu de province, arrive par hasard pour la visiter, elle se confie à lui, et tous deux s’entendent. Le frère fait envoyer, par un ami de Belleville, un télégramme disant : « Cher Charles. J’arrive ce soir à Copenhague. Viens me chercher à la gare. Adolphe Dubois. » Lenoir reçoit le télégramme. Il est hors de lui. Que faire ? Il va chercher conseil chez son ami Pierre Ponce qui a encore une bonne idée. Il se grime comme l’ami de Berlin, Martin Petit, et arrive à la gare à l’heure du train. Mais en même temps, Mme Lenoir, qui possède un portrait de Martin Petit, qu’elle croit être Adolphe Dubois, laisse son frère, l’acteur, se grimer d’après ce portrait, et lui demande de se trouver à la gare au même train. Cette intrigue produit naturellement le plus terrible dérangement. Mme Lenoir parle à Pierre Ponce, croyant parler à son frère. M. Lenoir est prêt de s’évanouir, quand il se rappelle soudain que justement il a invité le vrai Martin Petit de Berlin à venir le visiter ce même soir. Cependant la chance lui sourit enfin. Croyant que Pierre Ponce est l’acteur, Mme Lenoir lui glisse un billet avec les mots : « Quand mon mari sera couché, j’irai chez toi ! » Pierre Ponce donne le billet à Lenoir qui joue le rôle du mari trompé au point que Mme Lenoir est réduite à faire des excuses et à donner des explications. Tout aurait bien marché si, juste au même moment, l’ami de Berlin n’était pas arrivé. Maintenant, tout se découvre. Cependant Mme Lenoir, que toute l’histoire a énormément amusée, se montre très tolérante. Son mari doit seulement lui promettre de l’emmener avec lui la prochaine fois qu’il ira à Belleville. (résumé Nordisk)