Enfin seuls, de Forest Holger-Madsen
Titre : Enfin seuls
Titre original : Endelig alene
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Forest Holger-Madsen
Scénario : P. H. Nielsen
Photo : Marius Clausen
Interprétation : Rasmus Christiansen (Adolph Mayer / Adolphe Lebeau), Luzzy Werren (Charlotte, son épouse), Carl Schenstrøm (le cheminot), Torben Meyer (le père de la mariée), Frederik Jacobsen, Charles Willumsen, Peter Jørgensen, Betzy Kofoed, Doris Langkilde
Longueur : 661 m. / 700 m. (France)
Sortie au Danemark : 3 août 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 23 mai 1914, dans une distribution de Louis Aubert
Note : À partir de 1916, Luzzy Werren a quitté le Danemark et continué sa carrière en Allemagne, sous le nom de Maria Widal. Elle y tourna principalement avec Urban Gad, après la séparation de ce dernier et d'Asta Nielsen.
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Rasmus Christiansen & Luzzy Werren sur une affiche allemande du film
Adolphe et Charlotte, nouveaux mariés, partent pour la capitale où ils demeureront désormais. Sur la quai de la gare, toute la famille les attend pour leur souhaiter bon voyage. Les jeunes gens sont loin d’être charmés de cette attention qui les prive du bonheur d’être seule à seul, et, lorsque le train se met en marche, ils poussent un soupir de satisfaction : Enfin seuls ! Confortablement installés dans un coin du compartiment, persuadés d’être tranquilles, Adolphe ayant donné un large pourboire au conducteur pour qu’il ne laisse monter personne, ils se murmurent à l’oreille ces mots sans suite qui sont l’expression de la tendresse et de la joie. Mais leur bonheur est de courte durée, le chef du trafic, prenant le train à une station intermédiaire, monte dans leur compartiment. Adolphe, furieux, se montre malhonnête vis-à-vis de l’étranger et celui-ci, peu endurant, profite de sa supériorité pour le faire descendre à la prochaine station. Charlotte continue seule le voyage. Adolphe, arrêté, languit dans sa cellule et Charlotte s’ennuie mortellement dans les grandes pièces du nouvel appartement. La séparation leur semble bien longue à tous les deux et ils attendent avec impatience le moment où ils seront à nouveau réunis. À peine libre, Adolphe court retrouver sa femme. Ils vont donc enfin pouvoir goûter le bonheur d’être ensemble ! Ils se trompent. Un premier télégramme des parents de Charlotte annonce leur arrivée prochaine ; puis un second télégramme arrive : Deux vieilles tantes se font un plaisir de les venir voir. N’auront-ils donc jamais un moment de solitude ? Bien inspiré, Adolphe loue en ville une chambre meublée. Un gentil mot glissé en cachette à sa femme l’invite à s’y rendre. Malheureusement, Charlotte égare le billet ; sa mère le trouve et croit qu’Adolphe trompe déjà sa femme. La famille indignée décide de donner une leçon au trop inconstant mari et se rend en grand cortège à l’adresse indiquée sur le petit mot. Le pauvre Adolphe est saisi et ramené à la maison. Charlotte semble se résigner et ne cherche plus à se trouver seule avec son mari. Un des amis d’Adolphe, le docteur Hubert (Hilfe dans la version danoise), médecin aliéniste, conseille au jeune homme de simuler des troubles cérébraux. Charlotte est rapidement mise au courant de la ruse, et, quand apparaissent les premiers symptômes de délire, elle prie son père d’aller au plus vite quérir le docteur Hubert. Celui-ci conseille la camisole de force et, sans plus tarder, en revêt le malade, puis il lui découvre aussitôt une maladie imaginaire qui nécessite un isolement complet, seule la présence de sa femme est tolérée. La famille, soucieuse de la santé du cher « malade », obéit aux prescriptions du docteur, et, un à un, les fâcheux s’en vont, tandis que Charlotte et Adolphe, heureux d’être « enfin seuls » pour la première fois depuis leur mariage, se félicitent d’avoir trouvé le moyen d’éloigner cette trop aimable famille. (Le Courrier cinématographique, 23 mai 1914)