Un saut manqué, d'August Blom

Publié le par Denis Ballu

Titre : Un saut manqué
Titre original : Højt Spil / Et forfejlet Spring / Vandrefalken
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : August Blom
Scénario : Alfred Kjerulf, d’après un manuscrit de Gustav Esmann
Photo : Johan Ankerstjerne
Interprétation : Valdemar Psilander (Winkel / Henri Garnier), Ellen Aggerholm (Alma Krogh / Colette Lapausse), Henning Erichsen (Bruhn / Alfred Michaux, ami de Winkel), Aage Hertel (Wroblewsky / Ivanovitsch, agent de la police russe), Olga Svendsen, Frederik Jacobsen, Torben Meyer, Betzy Kofoed, Franz Skondrup, Birger von Cotta-Schønberg
Frederik Jacobsen
Longueur : 819 m. / 914 m. (France)
Sortie au Danemark : 30 juin 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 21 juin 1913, dans une distribution de Louis Aubert

Henning Erichsen, Ellen Aggerholm & Valdemar Psilander


    Henri Garnier est ambitieux. Il veut devenir riche et, pour arriver à son but, tous les moyens lui paraissent bons. Un jour, rompant tous ses liens, il quitte son ami Alfred Michaux et leur amie Colette Lapausse et part pour l’étranger chercher fortune. Cela fait, il a la sensation d’être sorti de prison après plusieurs années de captivité : il a rompu ses chaînes. Colette prend congé de son ami avec tristesse. Alfred Michaux part également et bientôt les trois amis sont dispersés aux quatre coins du monde, réduits à s’entretenir par voie de correspondance. Colette apprend qu’Henri réussit bien à l’étranger. Il écrit qu’il a rencontré un homme qui lui a procuré un emploi qui rapporte de gros bénéfices, mais il ne raconte pas que cet homme est un maître voleur international qui a vu immédiatement qu’avec son appétit insatiable de la richesse, Henri serait un instrument docile sous ses doigts. Deux années s’écoulent. Un jour, Colette reçoit une lettre d’Henri, de retour de sa vie errante. Il la prie de garder jusqu’à nouvel ordre un sac à main qu’il lui envoie avec la lettre et l’invite à venir de suite au restaurant de la gare, où il l’attend. Elle s’y rend et apprend que Ivanovitsch, agent de la police russe, le recherche et se trouve déjà sur ses traces. Colette n’abandonne pas son ancien ami dans la détresse. Sur ses instances, elle va retenir un billet de wagon-lit pour Hambourg. À la sortie de la gare, elle rencontre Alfred Michaux. Ils viennent retrouver Henri et tous les trois décident de fêter le retour des deux amis. Un taxi les conduit au plus proche music-hall, mais l’agent de police russe les suit et prend place à une table voisine de la leur. Alors Henri décide d’user de ruse. Il convient avec Colette qu’au signal convenu entre eux, elle fera semblant de se trouver mal, après quoi il va se présenter à Ivanovitsch. « Je m’appelle Masson ! lui dit-il, je suis agent de la police secrète. Je crois avoir trouvé la trace de la personne que vous recherchez ! » Les deux messieurs échangent leurs papiers d’identité. Au même moment, Colette fait semblant de s’évanouir. Ivanovitsch se précipite pour l’empêcher de tomber et Henri en profite pour échanger ses papiers contre ceux du Russe. La ruse réussit. Après la représentation, les trois amis, auxquels Ivanovitsch s’est joint, se rendent ensemble dans un restaurant. L’agent de police pense que le moment d’agir est venu. Il sort pour chercher du renfort. Henri conçoit alors une nouvelle ruse et, profitant de l’absence d’Ivanovitsch, prend les mesures nécessaires. Tout près est assise une chanteuse de music-hall entourée de jeunes viveurs, Henri invite ces personnes à prendre place à leur table et, lorsque Ivanovitsch retourne, il le fait s’asseoir à côté de la chanteuse. Tout à coup, la salle est plongée dans la plus profonde obscurité. C’est Colette qui a coupé l’électricité. Quand la lumière revient, le collier de la chanteuse a disparu. Elle donne l’alarme. À ce moment, paraissent les policiers demandés par Ivanovitsch. Henri, ses papiers en main, s’avance vers eux et désignant Ivanovitsch dit : « Voilà le maître voleur recherché. » Henri tire de la poche du Russe le collier de la chanteuse. Les protestations de celui-ci sont inutiles. La police est convaincue de sa culpabilité et Ivanovitsch se voit obligé de les suivre. L’erreur est vite reconnue. Ivanovitsch, à la tête de la police, se remet à la poursuite du malfaiteur. Henri, pensant qu’il n’y a rien à craindre pour le moment, s’est installé chez Colette. Harassé de fatigue, il veut se reposer. Cependant, il ne tarde pas à s’apercevoir que la chasse n’est pas encore finie. La police pénètre de force dans l’appartement de Colette. Henri se réfugie sur le toit et la poursuite recommence. Il décide alors de ne pas se rendre. Tandis que les policiers délibèrent dans l’appartement, il paraît dans l’entablement de la fenêtre : « Vous ne m’aurez jamais vivant ! » crie-t-il, et il se laisse tomber dans le vide. Trop tard, Ivanovitsch lève son revolver. La balle atteint Colette qui a voulu couvrir de son corps celui de son ami. (Le Courrier cinématographique, 21 juin 1913, p. 49-50)

 

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