Sous le joug paternel, de Gunnar Helsengreen
Titre : Sous le joug paternel
Titre original : Proletargeniet
Production : Dansk Filmfabrik
Réalisation : Gunnar Helsengreen
Interprétation : Ingolf Schanche (Christian), Gerda Ring (Ellen), Peter Nielsen (son père), Philip Bech (le professeur Krogh), Agnes Mowinckel (son épouse)
Longueur : 570 m. / 577 m. (France)
Sortie au Danemark : 22 octobre 1914
Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 4 octobre 1913, dans une distribution des Cinématographes Harry
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Philip Bech, Gerda Ring, Ingolf Schanche & Agnes Mowinckel
Le jeune Christian a deux amis. Le premier, c’est son violon dont les sons le conduisent au domaine de la lumière et de la beauté. Le second, c’est une jeune fille qui vit à côté de chez lui à l’hospice. Elle s’appelle Ellen. Elle est pour lui ce qu’il y a de plus beau et de plus délicat sur la terre. Et elle aime aussi la musique avec le même profond enthousiasme que lui. Le plus grand chagrin de Christian est que cette douce jeune fille doit vivre dans la saleté et la disgrâce, à cause d’un père brutal, qui boit et qui, chaque jour davantage, glisse de plus en plus plus profondément sur la pente du crime. « Dieu veuille, pense le jeune homme du soir au matin, que je devienne un célèbre virtuose et puisse partir de par le beau et vaste monde, et qu’Ellen puisse m’accompagner et partager mon bonheur. » Et bientôt, plus vite qu’il ne l’avait imaginé, le jour viendra où lui et Ellen partiront pour le vaste monde. Mais atteindront-ils le bonheur, cela personne ne peut le prédire. Voilà ce qui s’est passé. Un soir, ivre, le père d’Ellen maltraite sa fille et va jusqu’à la violer. Christian, qui est témoin de cet acte effrayant, prend une rapide décision. Son cœur se serre à l’idée qu’Ellen soit fréquemment soumise à de tels traitements, et avec une grande confiance en lui, il réussit à l’entraîner avec lui jusqu’à la grande ville. Là, il cherchera à apprendre le violon et essaiera ensuite de gagner leur pain quotidien grâce à son art. C’est un chemin semé d’épines que les deux jeunes empruntent. La pauvreté les accable sous ses chaînes de fer et ils doivent longtemps vivre dans le désespoir et le besoin, cherchant souvent leur « maison » dans les asiles de nuit et les auberges mal famées de la grande ville. Mais finalement, tout commence à s’éclaircir. Christian est entré en relation avec un des membres importants du Conservatoire de musique, le professeur Krogh, qui est un violoniste réputé et a entendu avec délectation et émerveillement jouer le jeune prolétaire. Usant de son influence, le professeur réussit à obtenir pour Christian une inscription gratuite au Conservatoire et pas seulement : lui et sa femme offrent au jeune musicien un logement dans leur propre maison. Christian accueille avec joie cette jolie proposition. Et sa joie ne connaît plus de limites, quand il comprend que la proposition du vieux professeur inclut également Ellen. Maintenant, le ciel semble devenir bleu et sans nuages sur leur avenir, mais soudain des nuages sombres et menaçants se profilent à l’horizon. Le père d’Ellen, qui a purgé une peine de prison, vient d’être libéré. L’enfermement est loin de l’avoir amélioré. Bien au contraire, il a accru sa haine et sa soif de vengeance envers la société, et particulièrement envers sa fille et son jeune protecteur. Et comme le hasard le fait croiser le chemin d’Ellen, il use de brutalité et de menaces pour forcer la jeune fille sans défense à le suivre jusqu’à sa retraite, une cave sombre qu’il partage avec une foule de la pire racaille de la grande ville. Ces fieffés bandits entrevoient immédiatement un coup qu’ils pourraient monter : Ellen leur servant de guide, ils pourraient s’introduire chez le vieux professeur et piller tous les objets de valeur de cette riche maison. Ellen est impuissante devant les menaces des gredins. Elle doit obéir à leurs ordres et, la nuit, les faire entrer dans la maison qui lui a offert une si chaleureuse hospitalité. Mais l’intrusion tourne mal. Un domestique du professeur Krogh entend un bruit suspect et se précipite. À son arrivée, les voleurs s’enfuient devant cette situation imprévue. Ils entraînent Ellen avec eux, mais, dans l’obscurité de la nuit, ils ne remarquent pas que la jeune fille a réussi à saisir la cage qui contient les pigeons voyageurs. Alors qu’elle est à nouveau enfermée dans la cachette des criminels, elle a l’opportunité d’envoyer, grâce aux pigeons voyageurs, un message que les intelligents petits aviateurs iront porter immédiatement à Christian. Sans hésitation, il demande l’aide de la police et on part pour le repaire des bandits afin d’en libérer la malheureuse prisonnière. Après une série d’incidents dramatiques, la police parvient à maîtriser le gang, et, jubilant, Christian et Ellen tombent dans les bras l’un de l’autre. Quelque temps plus tard, Christian a une grande joie : il a l’occasion de montrer son talent à l’occasion d’un grand concert qui se déroule sous le patronage du roi lui-même. Cet événement lui fait faire un grand pas dans sa vie d’artiste. Trois personnes y ont partagé sa joie : Ellen, sa fidèle petite amie, le vieux professeur Krogh et son épouse, qui étaient fiers d’avoir contribué à lui ouvrir la voie de l’art. (adaptation programme danois Denis Ballu)