Le roman de Jenny, de Gunnar Helsengreen

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le roman de Jenny

Titre original : Elskovs Tornevej / Eros i det danske skærsommer

Production : Dansk Filmfabrik

Réalisation : Gunnar Helsengreen

Interprétation : Carl Hillebrandt (Hans, un jeune laitier), Jenny Roelsgaard (Jenny, domestique, sa petite amie), Peter Nielsen (le propriétaire Juhl), Elisabeth Stub (Margaretha, sa fille), Aage Schmidt (le lieutenant Spang, cousin de Margaretha)

Longueur : 528 m. / 578 m. (France)

Sortie au Danemark : 4 janvier 1915

Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 22 novembre 1913, dans une distribution des Cinématographes Harry

 

Hans, le jeune et dynamique laitier de la coopérative laitière du village, a jeté un œil intéressé sur la jolie petite Jenny, récemment venue travailler au manoir. Il a souvent voulu la demander en mariage, mais à chaque fois, au moment crucial, les mots sont restés coincés dans sa gorge et il n’a pas pu lui dire combien il l’aimait et combien il serait heureux si elle voulait lui donner son cœur et devenir sa douce petite épouse. Mais sur un marché où les deux jeunes gens se rencontrent, sa langue se délie, et il devient profondément heureux lorsqu’il reçoit sa réponse : elle lui rend son amour et lui donne sa foi. Un sentiment enivrant de bonheur les envahit désormais tous les deux. Ils vivent un moment si riche de joie et de bonheur que leur cœur s’en dilate – et en toute confiance et sécurité, la candide jeune fille s’abandonne à son amour. À ses yeux, Hans est ce qu’il y a de plus magnifique au monde, fidèle comme l’or, si honnête et si vrai... Mais bientôt le soleil de leur bonheur ne pourra plus briller avec toute sa splendeur. Le destin veut que le chemin du laitier croise celui d’une autre femme – et que l’élégance de sa silhouette lui tourne la tête. La fille du propriétaire terrien, Mlle Margaretha, le prend dans sa délicate toile de coquetterie. Elle joue avec son cœur naïf comme un chat joue avec une souris, et puis... oui, alors Hans oublie la petite fille candide qui, sans tromperie ni bas calcul, avait placé son destin entre ses mains ! Mlle Margaretha a flirté intensément tout l’été avec son cousin, le lieutenant Spang. Maintenant qu’elle a trouvé du plaisir dans la maladroite adoration campagnarde du laitier, elle envoie promener son cousin... pour un temps, du moins. Si elle se lasse de Hans, elle pourra toujours attirer à nouveau son cousin à elle. Pour Hans, c’est comme si un tout nouveau monde nouveau s’ouvrait à lui. Qu’elle, cette belle et riche dame, se soucie vraiment de lui, qu’il ose la serrer dans ses bras puissants et l’embrasser sur la bouche. À cette pensée, cela lui donne le vertige, c’est comme une aventure pour lui... Mais il est attiré vers elle avec une force qui le domine complètement. Et quand sa conscience s’agite dans sa poitrine et lui rappelle sa faute contre Jenny, il n’a qu’à se jeter sur le sein palpitant de Mlle Margaretha – et soudain tous ses scrupules disparaissent comme la rosée au soleil du matin. Puis un événement terrible se produit qui s’avère fatal pour Jenny. La pauvre jeune fille a longtemps souffert en silence du rude coup que le destin lui a infligé. Avec tristesse et douleur elle a vu son amoureux s’éloigner d’elle, envoûté par la belle et distinguée dame, en comparaison de laquelle elle se sent si modeste et si pauvre. Elle n’est bientôt plus que l’ombre d’elle-même, la pauvre petite, et un nouveau malheur s’abat sur elle. En raison de l’imprudence sans bornes de Mademoiselle Margaretha, alors qu’elle a rendez-vous avec le laitier, un incendie se déclare mettant le feu au fond de la cour de la ferme du domaine, là où se trouvent les quartiers des domestiques. Jenny se réveille alors qu’une fumée suffocante enveloppe sa chambre, et que, dehors, des feux crépitants et rugissants font rage. Elle s’évanouit et est condamnée à une mort certaine si les secours n’arrivent pas. Mais l’aide survient : Hans a découvert l’incendie et, avec le courage du désespoir, il se lance dans la lutte contre les flammes et n’a de cesse que lorsque Jenny est sauvée de la maison en feu. Elle a la vie sauve, mais elle a perdu la santé. Elle est ramenée chez ses parents âgés et lorsqu’elle se lève après une longue maladie, elle est infirme et doit marcher avec des béquilles. Le temps passe. Hans, à qui Jenny a depuis longtemps rendu sa parole, est une nouvelle fois victime de l’enchantement qui émane de la personne de Mlle Margaretha. Mais elle commence à s’ennuyer de lui. Au fil du temps, elle a compris que le vieil adage : Qui se ressemble s’assemble, n’a jamais perdu de sa validité et elle a à nouveau ouvert son cœur à son cousin le lieutenant. C’est maintenant au tour de Hans de souffrir du sentiment persistant d’être abandonné. Comme il hait ce prétendant arrogant, qu’il voit maintenant du matin au soir dans le voisinage de la fille du propriétaire terrien ! Il épie leurs déplacements... il n’a rien d’autre en tête que sa jalousie... et il arrive qu’un jour, alors que Mlle Margaretha et son prétendant se promènent bras dessus bras dessous devant la laiterie, il oublie un instant de s’occuper de ses affaires : une explosion se produit qui lui coûte presque la vie – lorsque la catastrophe est terminée, il est terriblement brûlé et pendant un long moment il est suspendu entre la vie et la mort. Enfin, ses forces commencent à revenir, mais quelle horreur le saisit lorsqu’il voit dans le miroir ce que l’explosion a fait de lui : il est marqué à vie, son visage autrefois beau et séduisant est défiguré par les cicatrices les plus hideuses ! Mlle Margaretha, qui rend visite au convalescent, le fuit comme s’il s’agissait d’un lépreux : tout est fini entre elle et lui ! Il y a un mariage dans l’église du village. La mariée, c’est-à-dire Mlle Margaretha, offre aujourd’hui, devant l’autel, sa main à son cousin, le lieutenant Spang. À la porte du cimetière se tient une silhouette courbée, suivant le distingué cortège nuptial avec un regard fixe et pétrifié : c’est Hans. Maintenant, son bonheur est détruit, ses espoirs sont anéantis, il ne lui reste plus rien qui vaille la peine de vivre… Et pourtant... si ! La vie lui réserve encore de la joie ! Un cadeau précieux à partager. Ses chemins et ceux de Jenny se croisent encore une fois... puis ils joignent leurs mains et se promettent qu’avec amour, ils essaieront de guérir les blessures profondes que l’infortune leur a infligées à tous les deux. Ils oublieront les ombres du passé et regarderont vers l’avenir, vers la lumière, vers le bonheur. Hans et Jenny se sont retrouvés. (adaptation programme danois Denis Ballu)

 

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