Le juge, réalisateur inconnu

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le juge
Titre original : Dommeren
Production : Fotorama
Réalisation : inconnu
Interprétation : Philip Bech (Henri Vernon, juge d’instruction), Gerda Krum-Juncker (son épouse), Jenny Roelsgaard (Jaqueline Theuriet), Gunnar Helsengreen (Joumard, un criminel), Franz Skondrup, Peter Jørgensen
Longueur : 741 m. 
Sortie au Danemark : 11 décembre 1911
Sortie annoncée comme un film de la Nordisk dans Ciné-Journal du 2 mars 1912, dans une distribution de Louis Aubert Aubert

    Le juge d’instruction, M. Vernon, n’est pas très content de la tâche qu’on lui a confiée d’arracher au célèbre chef d’une bande de malfaiteurs, Joumard, l’aveu de tous ses crimes. Il se montre en effet que M. Vernon a tout lieu d’être de mauvaise humeur, car l’effronté Joumard persiste à tout nier. Toutes le petites ruses de monsieur le juge ne servent absolument à rien. Joumard ne veut pas avouer. Mais, tout à coup, il semble revenu à de meilleures idées. À la surprise de tout le monde, il demande à parler au juge, ce qui lui est accordé, et maintenant il fait des aveux complets du meurtre dont il est accusé et pour lequel il a été incarcéré. La justice semble avoir triomphé, mais en réalité la victoire est au criminel Joumard, qui, pendant les quelques minutes d’entretien qu’il a eues avec le juge, a hypnotisé celui-ci et lui a ordonné d’aller voir la nuit même son amie Jacqueline et de revenir avec elle et ses autres amis l’aider à sortir de prison. Tout va selon le désir de Joumard. Vers une heure, le juge quitte sa maison, va chercher Jacqueline avec laquelle il se rend à la prison, où il ordonne au geôlier ébahi de relâcher Joumard. Très étonnée et pleine de pressentiments lugubres, la femme du juge a suivi son mari, mais devant la villa de Jacqueline, elle est terrassée par un homme de la bande de Joumard, ce qui l’empêche de voir où on conduit son mari. Si l’arrestation de Joumard a fait quelque sensation, sa fuite de la prison n’en fait pas moins, surtout le bruit court que c’est le juge lui-même qui lui a ouvert les portes de la prison. Un tel abus de pouvoir est puni d’une peine très sévère : Vernon est condamné à dix ans d’emprisonnement et à la destitution, et Jacqueline, sa complice, à quatre ans d’emprisonnement. Le temps passe. Jacqueline est remise en liberté, mais elle n’est plus la pimpante Jacqueline d’autrefois. Elle est pauvre et souffrante, aussi est-ce avec joie qu’elle apprend que son ancien ami Joumard est dans la ville. Elle court chez lui, et sa déception est cruelle quand Joumard lui déclare formellement qu’il ne la connaît pas. C’est alors que Mme Vernon la trouve affaissée sur un banc, accablée de douleur physiques et morales. Prise d’un profond sentiment de pitié, elle l’amène et la soigne chez elle, sans quoi la pauvre fille aurait sans doute succombé de faim et de froid. Mme Vernon ne se doute pas que cette œuvre de charité sera la clef qui ouvre les portes de la prison à son mari. Revenue à elle chez Mme Vernon, le premier objet qui se présente aux regards étonnés de Jacqueline est une grande photo de l’infortuné juge. Prise de remords, elle ouvre son cœur à sa bienfaitrice et lui raconte toutes les circonstances du malheureux événement qui a amené l’arrestation de son mari. En même temps, elle se déclare prête à aider de son mieux Mme Vernon à prendre vengeance sur Joumard. À cet effet, elle conçoit le projet audacieux que Mme Vernon se travestira en demi-mondaine, que dans cet accoutrement elle se rendra au café Victoria que Joumard fréquente de préférence, et qu’elle tâchera de l’attirer chez elle. Tout va selon le calcul. Joumard, qui a un faible prononcé pour le beau sexe, tombe dans le piège, et quand il est monté dans la voiture de Mme Vernon, Jacqueline court au commissariat chercher deux agents de police. Cependant, au dernier moment, Joumard se rend compte qu’on lui a tendu un piège et il veut se venger, mais à ce moment les commissaires de police se précipitent dans la chambre et l’arrêtent. Le jour même, Vernon est délivré et réhabilité, et chose étrange, le premier accusé qu’on amène devant la barre après la reprise de ses fonctions de juge d’instruction, c’est le criminel Joumard. (programme Nordisk. Une version plus courte a été publiée dans le Bulletin hebdomadaire Aubert du Ciné-Journal du 2 mars 1912)

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