Sous le joug de la passion, de Forest Holger-Madsen

Publié le par Denis Ballu

Titre : Sous le joug de la passion / Quand les raisins mûrissent (Belgique / Metz) 
Titre original : Skæbnens Veje / Kærlighedens Flammer / Under Lidenskabens Aag
Production : Nordisk Films Kompagni (1031)
Réalisation : Forest Holger-Madsen
Scénario : Irma Strakosch
Photo : Marius Clausen
Interprétation : Valdemar Psilander (Alfons / Alphonse Dupont, médecin), Clara Wieth (Rose, dame de compagnie chez la mère d’Alfons), Albrecht Schmidt (le prince Alexander / Alexandre), Torben Meyer, Frederik Jacobsen, Henny Lauritzen, Ingeborg Bruhn Bertelsen, Holger-Madsen, Axel Boesen, Betzy Kofoed, Carl Lauritzen, Johannes Ring, Birger von Cotta-Schønberg, Johanne Krum-Hunderup, Agnes Andersen
Longueur :  905 m. (France)
Sortie au Danemark : 14 juillet 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 19 juillet 1913, dans une distribution de Louis Aubert

    Le jeune médecin, Alphonse Dupont, vient d’être reçu docteur. Il se décide à aller passer quelque temps à la campagne chez sa mère, en attendant de trouver la situation qu’il désire. Là, il rencontre Rose, demoiselle de compagnie de Mme Dupont, et des relations cordiales s’établissent bien vite entre les deux jeunes gens. Cette raison, cependant, est d’un caractère particulier. Les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont très différents. Alphonse qui, depuis de nombreuses années, a vécu à la ville et goûté les plaisirs, ne voit en Rose qu’une distraction agréable dans l’uniformité de la vie de campagne. Rose, au contraire, dans l’innocence de sa nature, aime Alphonse sincèrement et de tout son cœur, et elle s’en croit aimée. Alphonse reçoit un télégramme du célèbre professeur Harvey, annonçant qu’il y a maintenant une place vacante pour lui : il part de suite pour la grande ville. Là, il reprend bientôt ses habitudes d’autrefois et oublie Rose qui, ne pouvant dissimuler son impatience d’avoir de ses nouvelles, révèle un beau jour son secret à Mme Dupont. La vieille dame n’éprouve aucune pitié pour Rose qui attend un enfant dont son fils est le père, aussi la met-elle à la porte. La seule consolation qu’elle reçoit avant de partir lui vient du jardinier qui, pour qu’elle ne se perde pas dans la grande ville, lui donne l’adresse de sa sœur, où Rose ne frappera jamais en vain. Naturelle avant tout, Rose va voir Alphonse. La seule raison de son silence, se dit-elle, c’est qu’il aura été très occupé. Quel n’est pas son désappointement lorsqu’elle le trouve véritable boute-en-train d’une orgie frénétique. Un moment, leurs regards se croisent. Rose incline la tête et s’en va désolée. Sa place n’est plus là. Alphonse reste seul avec ses remords. Il a le pressentiment que, par sa légèreté, il a poussé cette femme aux pires résolutions. Il veut la faire revenir, lui demander pardon – mais, il est trop tard ! La porte est fermée. Le lien entre ces deux êtres est rompu pour toujours. La sœur du jardinier accueille amicalement Rose, dont le seul chagrin est de ne pouvoir récompenser l’obligeance de la brave femme. Cette circonstance, jointe aux soucis pour l’avenir de l’enfant, lui donne l’idée de chercher sa fortune comme actrice. Le soir du début, elle reçoit une lettre d’Alphonse. Celui-ci, rongé par le remords, s’est décidé à quitter le pays, il lui demande pardon et lui envoie ses derniers adieux. Rose ne l’aime plus. Et, si elle n’épouse pas le prince Alexandre, c’est qu’elle se souvient qu’Alphonse est le père de son enfant. Son enfant étant mort à la suite d’un accident, elle se sent libre et donne sans hésitation sa main au prince. La lune de miel se passe dans le Midi, où le prince a acheté une villa pour sa femme. Cependant, Alphonse, tourmenté par le remords, s’est avili. Vagabond, le hasard l’amène dans la villa même où Rose et son mari se sont retirés. Un jour, il passe devant leur villa. Pendant qu’il se repose à l’auberge voisine, où il est allé noyer son chagrin, il aperçoit Rose, et les souvenirs l’envahissent. Sur le banc où il est assis, un rémouleur vient de préparer un poison pour adoucir la mort de son vieux chien malade. La pauvre bête, cependant, n’a pas eu besoin de ce remède, et le verre de poison est resté intact. Par inadvertance, Alphonse vide le verre avant de se rendre à la villa de Rose. Il veut revoir son enfant. Il est déjà tard et Rose est seule dans sa chambre quand la porte s’ouvre pour donner passage à Alphonse. Rose cache sa figure dans ses mains, mais la visite n’est pas pour elle : c’est l’enfant qu’il veut voir ! Alphonse menace et supplie pour le revoir. Il ne veut pas croire qu’il est mort. Il va se jeter sur Rose, quand, soudain, le poison fait son effet. Il tombe mort à ses pieds, comme si, mourant, il voulait lui demander pardon et, sur son corps inerte, les mains du prince et de Rose s’unissent. (Le Courrier cinématographique, 19 juillet 1913, p. 45-46)

 

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