Le rêve d'opium, de Forest Holger-Madsen

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le rêve d'opium
Titre original : Opiumsdrømmen / Opiumsrusen
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Forest Holger-Madsen
Scénario : Axel Petersen
Photo : Marius Clausen
Interprétation : Zanny Petersen (Henny von Brincken / Henriette de Bretteville), Robert Schyberg (Hugo von Kauffmann / Hugues de la Feuillade), Alf Blütecher (Ernst von Kauffmann / Ernest de la Feuillade, son frère), Frederik Jacobsen (le comte von Kauffmann / de la Feuillade, leur père), Philip Bech, Vibeke Krøyer Aage Schmidt, Aage Hertel, Ingeborg Jensen, Paula Ruff, Ebba Lorentzen, Oluf Billesborg, Fritz Lamprecht
Longueur : 836 (France)
Sortie au Danemark : produit en 1914, c’est le premier film danois totalement interdit par la censure. Il n’est, en conséquence, jamais sorti dans les salles du pays
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 4 avril 1914, dans une distribution de Louis Aubert

    Il y a une grande fête chez le comte de la Feuillade, à l’occasion des fiançailles de son fils aîné Ernest avec Mlle Henriette de Bretetville, fille du major, ami de jeunesse du comte. Seul, parmi les invités, Hugues de la Feuillade, frère d’Ernest, se tient tristement à l’écart. Il aime, lui aussi, Henriette, et l’union de son frère et de la jeune fille anéantit toutes ses espérances. Il cherche la consolation dans l’ivresse de l’opium. Peu après l’union d’Ernest et d’Henriette, le vieux comte meurt, laissant ses biens à son fils aîné, à charge pour lui de servir une rente annuelle de 20 000 francs à Hugues. Dépité, Hugues conçoit une violente haine contre son frère et, petit à petit, en vient à songer à le faire disparaître. Il achète la complicité du domestique Gustave, à qui nulle besogne ne répugne, si elle est rétribuée. Un jour, Gustave essaie d’empoisonner la boisson d’Ernest, mais Henriette s’en aperçoit et s’arrange pour éviter un malheur. Après le repas, elle fait part à Ernest de sa découverte. Pensant bien que Gustave ne s’en tiendra pas à cet essai, ils décident de surveiller étroitement tous ses gestes. Ils ne se sont pas trompés. Au café, Gustave renouvelle sa tentative. Par une habile manœuvre, Ernest change les tasses, sans qu’Hugues s’en aperçoive et il s’entend avec Henriette pour faire peur à Gustave en lui faisant croire à sa mort. Dès qu’il a vidé sa tasse, il s’affaisse sur le divan, sans connaissance. Grande est l’émotion dans le château. Tandis qu’Hugues et Gustave se réjouissent en cachette de ce que leur plan ait si bien réussi, Henriette fait prévenir le vieux médecin de la famille, le met au courant de la situation et le décide à délivrer un certificat de décès. Cette mort subite cause une grande joie chez Hugues, le criminel, qui agit aussitôt comme le possesseur légal de la fortune. L’après-midi, Henriette se glisse dans la chapelle où Ernest se trouve exposé. Tous deux décident qu’il reviendra pendant la nuit causer à Hugues une telle frayeur qu’il renoncera, à l’avenir, à sa terrible passion. Pendant ce temps, Hugues s’entend avec Gustave pour enlever Henriette. Vers minuit, la jeune femme entend crocheter la serrure de sa porte. Avant qu’elle ait pu appeler à l’aide, deux hommes masqués se précipitent sur elle et essaient de la garrotter, mais Ernest, le mort, est devant eux, dans son linceul. Gustave, affolé, se précipite par la fenêtre et vient s’écraser sur les pavés de la cour du château. Par contre, Hugues, après avoir hésité un peu, décharge son revolver contre le fantôme et s’enfuit, fou de terreur. Heureusement, la balle n’a fait qu’effleurer le bras d’Ernest. Henriette a rapidement pansé la blessure et, en compagnie du docteur, ils parcourent le château pour retrouver le criminel. Celui-ci s’est réfugié dans la chapelle, mais là, halluciné par l’opium récemment absorbé, il croit voir son frère se lever de son cercueil et se diriger vers lui. Horrifié, il s’enfuit par les salles désertes. Dans sa course il butte et se brise la tête contre les dalles de la chapelle. Ernest et Henriette le soignent de leur mieux et lui promettent de le pardonner, s’il veut bien s’éloigner de la maison paternelle pour n’y plus jamais revenir. À peine rétabli, il prend congé de son frère et de son foyer d’enfance, expiant de tout son avenir l’égarement où l’a conduit l’abus de l’opium. (Le Courrier cinématographique, 4 avril 1914)

 

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