Les dangers de la grande ville, réalisateur inconnu
Titre : Les dangers de la grande ville
Titre en Belgique : Sauvée du déshonneur ou Les dangers de la grande ville
Titre original : Letsind
Production : Filmfabriken Danmark
Réalisation : inconnu
Scénario : Poul Knudsen
Interprétation : Johanne Dorothea Birkerod-Schiwe (Mme Larsen, veuve), Gudrun Houlberg (Johanne/Jeanne, sa fille), Oda Larsen (Mme Juel/Noël), Emanuel Gregers (Knud Juel/Maurice Noël, son fils, peintre), Magna Redøhl (Mme Edwards), Richard Jensen (Rudolf/Rodolphe, son fils), Kate Borberg (Yvonne), Kai Lind, Rasmus Ottesen, Peter S. Andersen, Hakon Ahnfelt-Rønne, Emilie Sannom, Gunnar Helsengreen, Valdemar Møller
Longueur : 953 m. / 1030 m. (France)
Sortie au Danemark : 12 février 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 2 mai 1914, dans une distribution de Louis Aubert
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Jeanne, toute jeunette, est fiancée au jeune peintre Maurice Noël. Ils sont bien jeunes tous deux, aussi leur affection est-elle exempte des soucis qui assombrissent parfois le bonheur de leurs aînés : en sont-ils pour cela à l’abri du malheur ? C’est avec une joie d’enfant gâtée que la fillette apprend, le jour même de ses fiançailles, qu’elle viendra vivre à la ville chez la mère de Maurice. La capitale étonne la jeune villageoise et les plaisirs de la cité font une profonde impression sur son esprit encore enfantin et curieux. Maurice, très occupé par son art, auquel il s’adonne maintenant avec courage (ne faut-il pas subvenir aux besoins de l’aimée?), ne s’aperçoit pas du changement qui s’opère dans le caractère de sa fiancée. Un soir que les jeunes gens sont attablés dans un café, la fillette est remarquée par un consommateur. Lorsque Jeanne et Maurice se lèvent pour partir, Rodolphe Edwards, tel est le nom de l’inconnu, les suit à distance. Dans sa naïveté, la jeune fille prend pour un hommage à sa beauté l’insistance de l’étranger et, désormais, l’imagination aidant, il sera le héros de ses rêves. Cependant, dans l’appartement qu’il habite, Rodolphe décachette une lettre : « La dernière expédition n’était pas satisfaisante, procurez-vous au plus tôt une marchandise nouvelle et meilleure. » Les jours suivants, Rodolphe semble plus occupé de retrouver Jeanne que de se procurer la marchandise demandée dans le mot mystérieux. À force de recherches, il parvient à savoir l’adresse du cours de la jeune fille et s’arrange pour partager ses leçons. Très prévenant à son égard, il ne tarde pas à gagner sa confiance. Jeanne est très flattée de l’attention que veut bien lui accorder son aristocrate compagnon. Après avoir lutté très longtemps, elle cède à ses instances et vient un après-midi lui rendre visite dans son appartement. Lorsque, fort tard dans la soirée, elle revient chez Maurice, elle évite le regard du jeune homme. Celui-ci s’en aperçoit et s’en attriste profondément, mais il a confiance en sa fiancée et rejette tout soupçon : c’est une étourderie de jeune fille. Rodolphe a bien profité des courts instants de l’après-midi. Séduite par ses belles paroles, Jeanne a promis de partir pour Saint-Pétersbourg, où la mère de Rodolphe serait heureuse de la recevoir. Il l’y rejoindrait, lui-même, peu après et leur union aurait lieu au foyer du jeune homme. Une lettre laconique, écrite par la jeune fille, qui, n’ayant jamais souffert, ignore la peine qu’elle peut causer ainsi, annonce son départ à Maurice. À son arrivée à Saint-Pétersbourg, elle est reçue par la mère de Rodolphe et conduite à l’appartement de la vieille femme. Tout d’abord éblouie du luxe qui y règne, elle ne tarde pas à comprendre qu’elle est tombée dans un piège et que toute cette richesse est mal acquise. Elle se reproche amèrement d’avoir abandonné Maurice. Après une tentative de fuite qui échoue, grâce à la surveillance attentive dont l’entourent Mme Edwards et ses acolytes, elle semble se résigner à son sort. Durant de longs mois, mêlée à la bande, elle fait l’apprentissage du vol. Un jour qu’elle a habilement dérobé une magnifique agrafe de brillants, Mme Edwards lui remet une petite somme d’argent... pour l’encourager. Jeanne parvient, le même soir, à envoyer une lettre à sa mère. La lettre arrive heureusement à destination, et la mère de Jeanne, comprenant la tristesse qui se cache entre les lignes, la montre à Maurice, dont elle reçoit souvent la visite depuis la disparition de la jeune fille. Cette lettre avive la douleur du jeune artiste, mais elle apporte aussi un rayon d’espérance, il sait maintenant où se cache celle qu’il aime. Il promet à la vieille femme de tenter l’impossible pour secourir Jeanne et se met immédiatement en route. Sur le navire, il rencontre M. Rodolphe Edwards. Il le reconnaît et le soupçonne aussitôt d’avoir enlevé sa fiancée. À peine débarqué, il s’attache à ses pas, espérant par là retrouver la maison où Jeanne est retenue prisonnière. Le soir même, grimé, Maurice réussit à s’introduire dans la maison de Mme Edwards. Il y voit Jeanne. Une grande émotion s’empare des jeunes gens au moment où ils se reconnaissent, mais le temps presse. Le jeune homme sort précipitamment pour chercher du secours afin de la délivrer. Peu après, il revient avec quelques agents de police. Une lutte s’engage. Les chefs de la bande criminelle sont arrêtés, mais Rodolphe réussit à s’enfuir. Maurice et Jeanne le poursuivent. Il fuit par les toits. Comme il va être rejoint, il s’engage sur les fils télégraphiques, pensant ainsi traverser la rue et mettre un abîme entre lui et ses poursuivants. Maurice s’engage à sa suite. Arrivé à l’autre bout de l’étroit passage, Rodolphe, pris de vertige, vacille et vient se briser sur le pavé. S’efforçant de revenir sur les toits, Maurice fait un faux pas et perd l’équilibre. Un des fils qu’il a saisi se brise sous son poids : le pauvre jeune homme est précipité dans le vide. Il est perdu, mais non, il vient tomber dans un appartement inoccupé. Il est sauvé ! Ses blessures ne sont qu’insignifiantes et, le lendemain, Jeanne et Maurice reprennent ensemble le chemin du foyer où ils trouveront, loin des guet-apens de la grande ville, la paix nécessaire à leur bonheur. (Le Courrier cinématographique, 2 mai 2014)