Le secret de l’X mystérieux, de Benjamin Christensen

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le secret de l’X mystérieux / Le grand X mystérieux / L’X mystérieux (Suisse)
Titre original : Det hemmelighedsfulde X
Production : Dansk Biograf Compagni
Réalisation : Benjamin Christensen
Scénario : Benjamin Christensen
Photo : Emil Dinesen
Montage : Benjamin Christensen
Producteur : Benjamin Christensen
Autres collaborateurs : A.W. Sandberg (photo. plateau)
Interprétation : Benjamin Christensen (Lieutenant de marine van Hauen), Karen Sandberg ou Karen Caspersen (sa femme), Fritz Lamprecht (Contre-amiral van Hauen), Amanda Lund (la vieille Jane, bonne d’enfants), Hermann Spiro (le comte Spinelli), Svend Rindom (l'instituteur), Otto Reinwald (le fils ainé de van Hauen), Bjørn Spiro (Johnny, le plus jeune fils de van Hauen), Robert Schmidt (l’avocat), Holger Rasmussen, Charles Løwaas, Wennerwald (les officiers de marine) 
Longueur : 1977 m. / 1670 m. (France)
Sortie au Danemark : 23 mars 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 21 mars 1914, dans une distribution de Louis Aubert


    Des bruits de guerre circulent. Le lieutenant Van Houven fait ses préparatifs pour un prochain départ. Il a rédigé son testament, qu’il confie à son épouse bien-aimée. La guerre éclate. La nouvelle de l’ouverture des hostilités surprend les jeunes officiers de marine au milieu d’une fête. Dans son bureau, le père du lieutenant Van Houven, vice-amiral, consulte ses plans et dicte ses ordres, qu’il remet à son fils auquel il confie l’honneur de la première attaque. Cependant, à la maison, sa femme a reçu du comte Spinelli (un voisin étranger auquel elle a un jour, par coquetterie, envoyé sa photographie et quelques lignes l’avertissant qu’elle aime son mari et veut lui rester fidèle) une invitation à une fête qu’il donne en sa propriété, ancien moulin transformé en habitation. Elle s’y rend, oubliant cette fatale lettre sur sa coiffeuse. Chez lui, le comte se fait pressant, mais la jeune femme, indignée, le repousse. Resté à la maison, le plus jeune des enfants, en furetant dans la chambre maternelle, a trouvé la lettre fatale, et, pour amuser le petit espiègle, la gouvernante lui découpe dans la lettre un éléphant. Tout heureux de son nouveau jouet, l’enfant se couche et s’endort le serrant sur son cœur. Il fait nuit maintenant, le comte Spinelli, malgré l’insuccès de ses sollicitations, pénètre dans la propriété de la femme du lieutenant Van Houven et la surprend... mais on vient, le comte Spinelli se cache... C’est le lieutenant qui, avant de partir, veut une dernière fois embrasser sa femme. Il a déposé sur la cheminée l’enveloppe contenant les ordres secrets remis par son père et monte dans la chambre de ses enfants leur donner un dernier baiser. Là, il aperçoit le fameux éléphant de papier. Comprenant mal les quelques phrases épargnées par les ciseaux et ne voulant rien entendre aux explications de sa femme, il descend la mort dans l’âme et part. L’espion a profité de ce moment où il était seul pour prendre connaissance des ordres. Il rentre au moulin, envoie par pigeon voyageur, à ses complices, les précieux avis qui, heureusement, n’arrivent pas, car la pauvre bête, exténuée, est tuée par un jeune officier au moment où elle va franchir les lignes alliées. On découvre la dépêche, on l’ouvre et on en donne connaissance au vice-amiral qui, devant cette mystérieuse indication, prend son fils pour un espion et, nouveau Brutus, le fait arrêter. La nouvelle est portée à la connaissance de tous par la voie de la presse. Les enfants sont partis pour le lycée. Un écolier, cet âge est toujours sans pitié, découpe l’article et, pendant que le professeur a le dos tourné, l’épingle sur le dos du jeune Van Houven, le traitant d’espion. Celui-ci, sous l’injure, se retourne et un pugilat s’engage en pleine classe. Le maître intervient, console de son mieux l’enfant, et le renvoie chez sa mère. La pauvre femme, désolée, apprend, de la bouche de son fils, la fatale nouvelle. Pour cette tentative de trahison, le lieutenant est traduit devant le Conseil de Guerre et condamné, malgré l’intervention de sa femme qui ne peut croire à sa culpabilité et cherche à le sauver en accusant son voisin, le comte Spinelli, dont elle a retrouvé le pardessus chez elle. Rien n’y fait : l’officier préfère la mort à l’aveu de la faute de son épouse. Désespérée, elle rentre à la maison. Dans la nuit, agitée par les rêves, elle voit se tracer l’explication de l’énigme : c’est au moulin qu’il faut chercher le preuve de l’innocence de son mari. Il faut à tout prix qu’elle le sauve. Réveillée par l’émotion, elle comprend, s’habille en hâte et part. La jeune femme, poursuivant son but héroïque, est arrivée sous la mitraille au vieux moulin. Aidée d’un jeune officier, elle découvre les preuves de l’innocence de son mari, et le jeune homme, sautant à cheval, court les porter à l’amiral. C’est l’heure de l’exécution... Calme et résigné, le lieutenant est là, immobile, attendant la fin. Un commandement bref... il va tomber ! Non ! Car son fils se précipite dans ses bras. On ne peut sacrifier l’enfant qu’il faut arracher aux bras de son père. Un officier l’enlève et veut lui épargner cet horrible spectacle... Nouveau commandement... Le lieutenant Van Houven a repris son impassibilité... Arrêtez, arrêtez, s’écrie tout à coup un cavalier arrivant à toutes brides, j’apporte la preuve de l’innocence du lieutenant Van Houven qui, séance tenante, est remis en liberté. Son honneur de soldat est sauf ! Cependant, l’âme meurtrie, le lieutenant Van Houven rentre chez lui. Il est reçu par la vieille nourrice et ses enfants avec des transports de joie. Mais lui songe à sa femme qu’il croit coupable. Dans sa précipitation, la nourrice a cru jeter dans le feu une lettre qu’on vient de lui remettre. De ce pli, une photo est tombée : c’est celle de la jeune femme, celle qu’elle avait envoyée au traître avec l’assurance de sa fidélité d’épouse. Le lieutenant aperçoit la photo que la nourrice veut faire disparaître, la regarde, la retourne, y trouve des preuves de l’innocence de sa femme et, soulagé, s’élance vers sa chambre. La malheureuse, qui ignore la réhabilitation de son mari, dans une crise de fièvre, s’est traînée jusqu’à la porte. Au moment où son mari ouvre, elle tombe dans ses bras. La vérité éclate, le mystère est éclairci. Sur ces entrefaites, la vice-amiral arrive à son tour, embrasse ses enfants, radieux de savoir son fils innocent et heureux ! (Le Courrier cinématographique, 21 mars 1914)

 

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