Le roman d'une artiste, de Karl Ludwig Schröder
Titre : Le roman d'une artiste / Coupable – non coupable (Nordisk)
Titre original : Skyldig? - ikke skyldig?
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Karl Ludwig Schröder
Scénario : Karl Ludwig Schröder d’après le roman Die Tat des Dietrich Stobäus (1911) de Max Halbe (1895-1944)
Photo : Louis Larsen & Johan Ankerstjerne
Interprétation : Svend Aggerholm (le comte Hugo von Grabow / Hugues de Grammont), Ellen Aggerholm (Eva / Eve, chanteuse), Olaf Fønss (Alexander Hempel), Peter Nielsen (le consul Pritzlaff, oncle de Hugo), Otto Detlefsen (le polonais Bninsky), Birger von Cotta-Schønberg, Franz Skondrup, Christian Lange, Alma Hinding, Johanne Krum-Hunderup, Agnes Andersen, Philip Bech, Carl Schenstrøm, Ingeborg Olsen, Maja Bjerre-Lind, Axel Mattsson, Maggi Zinn, H.C. Nielsen
Durée : 1000 m. (France)
Sortie au Danemark : 23 juillet 1914
Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 21 mars 1914, dans une distribution de Louis Aubert
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Ellen & Svend Aggerholm
Le comte Hugues de Grammont, dernier représentant de la vieille lignée des Grammont, rencontre la belle Eve à une soirée. Charmé de sa beauté, il lui envoie un bouquet accompagné de sa carte, la priant de venir le voir le dimanche suivant à son château. Eve accepte l’invitation. Tout heureux, le comte lui fait faire le tour du propriétaire. Devant un des portraits qui ornent les murs, Hugues s’arrête et dit : « C’est mon aïeul. Selon la légende, il apparaîtra trois fois à l’un de ses descendants : la première fois pour l’empêcher de commettre une folie, la seconde pour annoncer un malheur, la troisième fois il sera l’avant-coureur de la mort ! » Eve reste quelques jours au château. Le comte Hugues en est éperdument amoureux, mais il n’ose lui avouer son amour ; comment pourrait-il songer à s’unir à une chanteuse sans faillir aux traditions de ses aïeux ! Pourtant, il est surpris de la limpidité de sa voix et pense que l’art peut l’élever jusqu’à lui. Il emploie toute son influence à lui procurer un engagement à l’Opéra. Son début est un succès, elle devient vite célèbre. Hugues s’en réjouit, et lui demande sa main. Mais Eve lui déclare que devant choisir entre lui et l’art, elle lui préfère cet art que lui-même lui fait aimer. Six mois ont passé. Hugues ne peut oublier Eve. Il lui écrit, la priant de venir passer Noël chez lui. Pour la première fois, l’aïeul apparaît. Hugues ne prend pas garde à cet avertissement. Devant la beauté d’Eve, la vieille passion de Hugues se ranime. Avant son départ, il la supplie encore de lui accorder sa main. « Restons bons amis, dit-elle, mais je ne vous épouserai jamais. » Tous deux s’en vont sur la plage. Gamine, Eve court, quelques pas en avant. Hugues la suit. En route, l’ombre de l’aïeul lui apparaît pour la seconde fois, Hugues passe outre. Au loin, il aperçoit Eve debout sur la pointe d’un rocher escarpé. Angoissé par le danger couru par celle qu’il aime, il s’élance, la saisit pour l’arracher à la mort certaine. Surprise, elle fait un mouvement et tombe dans l’abîme. Lorsque l’on retrouva son corps, elle était morte. Le chagrin accable Hugues. Dans sa fièvre, il se voit traîné devant le tribunal, mais bientôt la vision s’efface et l’ombre terrifiante de l’aïeul s’estompe dans le lointain. Le lendemain, le comte Hugues de Grammont était décédé. (Ciné-Journal, 21 mars 1914)