Le médecin spécialiste des maladies de cœur, réalisateur inconnu

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le médecin spécialiste des maladies de cœur
Titre original : Hjertedoktoren
Production : Filmfabriken Danmark
Réalisation : inconnu
Scénario : Palle Rosenkrantz, d'après sa pièce En Skriftefader (Un confesseur, 1900)
Photo : 
Interprétation : Valdemar Møller (le comte Sparre de Sparresholm), Elna Panduro (Isa, sa femme), Magna Redøhl (Thusnelda, sa sœur), Richard Jensen (Holger Sparre, neveu du comte, étudiant en droit), Gudrun Houlberg (Gertrud von Ahrenskjold, la nièce d'Isa), Dagny Tychsen (le comtesse von Ahrenskjold, mère de Gertrud), Emanuel Gregers (Fritz Jensen, étudiant en droit), Hakon Ahnfelt-Rønne (le conservateur des forêts Brink de Sparresholm), Viggo Lindstrøm (Hans Henrik, domestique), Hildur Møller (Lise, femme de chambre)
Longueur : 753 m. / 812 m. (France)
Sortie au Danemark : 26 décembre 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 25 avril 1914, dans une distribution de Henri de Ruyter

 

    Gertrud, la fille cadette de la comtesse de vieille noblesse von Ahrenskjold, est tombée amoureuse d’un jeune juriste qui porte un nom trahissant ses origines populaires : Fritz Jensen. Le jeune couple est en tout point d’accord, mais la mère de Gertrud refuse le prétendant : « Ma fille n’épousera jamais un Jensen ». Le rejet de la comtesse prend la forme d’ultimatum et le malheureux prétendant se retire après un déchirant adieu à Gertrud et un très élégant avec la comtesse. Rentré chez lui, il a juste eu le temps de s’asseoir dans le fauteuil de son père, le très méritant professeur Jensen, que son grand ami et camarade d’étude, Holger Sparre, vient lui faire une visite. Il est le cousin de Gertrud et raconte à Fritz que, le lendemain, il doit l’accompagner chez une tante malade des nerfs qui leur est commune et a donc droit à un peu de soins et de gentillesse de la part de sa famille. Quand Fritz apprend cela, il souhaite sincèrement pouvoir prendre la place de son ami, ce qui se lit clairement sur son visage, mais, avec un soupir, il s’arrache à ses pensées et dit à Holger Sparre, qui est son confident : « Salue Gertrud – et si votre tante a besoin d’un bon médecin, voilà sa carte. » Holger Sparre prend congé et part – et Fritz continue à rêver. Cependant, Gertrud et son camarade sont arrivés à Sparresholm, où habite leur tante neurasthénique. Un instant, l’allure de gentilhomme de Holger Sparre parvient à chasser la mélancolie de son esprit, mais quand elle se rend compte qu’il accorde plus d’attention à sa belle accompagnatrice, Gertrud, elle redevient apathique. La migraine ceint de nouveau son front tel un anneau de fer, et son mari, son brave mari, s’inquiète. À ce moment, Holger se rappelle le conseil de son ami, et il dit à son oncle, le comte Sparre : « Je peux te conseiller un excellent médecin, « le professeur Jensen », veux-tu que je lui demande de venir ? » La proposition est soumise à examen, la comtesse malade y est favorable, mais pense par ailleurs qu’elle n’arrivera pas à survivre encore des heures ; la sœur du comte, la solide comtesse Thusnelda, déclare pour sa part que tous les médecins sont des charlatans ; mais d’un commun accord, Gertrud, Holger et le comte Sparre décident de téléphoner au cardiologue. Holger et Gertrud appellent mais le professeur est parti en voyage, et son fils, notre ami Fritz, prend le message. Alors, Holger Sparre a une bonne idée : il demande à Fritz de venir à Sparresholm, en prétendant être le professeur. Fritz a des scrupules, pensant que ses connaissances juridiques ne peuvent dans le cas présent aucunement combler ses lacunes en matière de médecine. Mais il change d’avis, fortement influencé par Gertrud, et promet de se rendre à Sparresholm tout de suite… La venue du professeur est attendue avec impatience. La comtesse malade espère que le professeur est au minimum « intéressant », la comtesse Thusnelda est sceptique, le comte résigné et Gertrud et Holger tendus. Le professeur arrive. Il fait tout de suite bonne impression à la comtesse et gagne la bienveillance de tous – et Gertrud rayonne. Pendant le thé de cinq heures, le « cardiologue » commet une maladresse en touchant de son pied celui du comte Sparre, alors que c’était le pied de Gertrud qui était visé. Le lendemain matin, Thusnelda, la sœur du comte, interrompt un petit flirt entre le « cardiologue » et la jolie femme de chambre. La noble vieille dame qui se méfie instinctivement du « cardiologue », décide de le soumettre à un test. Elle va chercher un jeune apprenti fermier qui s’est fait une coupure à la main et présente ce patient à Fritz. La mine grave, le « cardiologue » entreprend d’étudier le cas. Mais il est si maladroit en pansant la plaie que le blessé préfère prendre la fuite. Fritz s’en sort adroitement : « Je suis spécialiste du cœur, pas chirurgien », et la dame méfiante doit laisser tomber. La journée a avancé et le « cardiologue » commence sa vraie mission. Il attaque sa tâche avec sérieux et méticulosité, et la comtesse explique sa maladie des nerfs au jeune homme. La conversation est cependant interrompue par Gertrud qui, avec une jalousie évidente, a été le témoin de la conversation entre la comtesse et le docteur. La comtesse, indignée, s’en prend à sa nièce. Fritz doit se réfugier dans une autre pièce et Gertrud, vexée, s’en va. C’est alors que le « cardiologue » croise le vieux domestique du château qui partage la méfiance de la comtesse Thusnelda, et quand Fritz cherche à mettre le vieil homme de son côté, rien ne va plus ; il lui fait clairement comprendre qu’il ne lui fait pas confiance. Le soir même, c’est la fête au château. La comtesse Thusnelda surveille toujours le « cardiologue », et elle découvre enfin qu’il y a beaucoup trop de complicité entre Gertrud et le « cardiologue ». En chuchotant elle confie son observation à son frère, mais juste comme il doit trancher, Fritz arrive à parer le coup – l’orage est passé – et les préoccupations de la vieille comtesse sont noyées dans l’hilarité ambiante. Après le dîner les convives se répartissent en petits groupes, certains dansent, certains jouent, d’autres encore flirtent, parmi lesquels Fritz et sa « patiente », la belle femme de chambre. Ils sont cependant interrompus par Gertrud et Holger Sparre, ainsi que par un inspecteur des forêts passablement éméché. Enfin la journée du « cardiologue » se termine. Il monte dans sa chambre, la tête pleine d’impressions lumineuses et gaies, car les dernières douze heures ont été riches en événements. Fritz et Holger Sparre viennent juste de fumer leur cigare du soir dans la chambre des invités, et le « cardiologue », fatigué par les nombreuses émotions de la journée, s’apprête à se coucher quand il est interrompu par des coups tout sauf discrets frappés à sa porte. Holger Sparre, impatient de voir la suite, se cache derrière un rideau, Fritz ouvre la porte – et entre la femme de chambre, la jolie Lise avec qui le « cardiologue » s’est un peu amusé le matin. Elle affiche une mine préoccupée, elle est malade et demande au « cardiologue » de l’aider. Fritz s’attelle à la tâche avec beaucoup de sérieux, pendant que Holger Sparre rit sous cape derrière le rideau. Mais dans sa chambre, la jeune comtesse Gertrud broie du noir. Elle trouve que Fritz s’est amusé et a parlé toute la journée avec tous, sauf avec elle, et elle veut donc lui parler à présent. Pleine de résolution, elle monte frapper à sa porte. Fritz doit cacher la femme de chambre dans un placard avant d’ouvrir la porte à la farouche Gertrud. Enfin elle est seule avec Fritz. De nouveau, Holger Sparre rit derrière son rideau… Peu après, la comtesse Thusnelda vient à son tour frapper à la porte du « cardiologue » alors que Gertrud se cache dans un autre placard. Fritz ouvre la porte, étonné de voir Thusnelda. La vieille comtesse fait une crise nerveuse et demande de l’aide immédiatement. La comtesse malade arrive enfin et doit comme les autres dames se réfugier dans un des nombreux placards de la chambre – car le comte arrive. Il a entendu du bruit, il cherche sa femme, la trouve et le mystère est résolu. Le « cardiologue » est démasqué et doit tout avouer. Le comte rit de bon cœur de cette bonne blague, la comtesse malade sourit et la comtesse Gertrud obtient enfin, avec l’aide de son oncle, la permission d’épouser un « Jensen ». (traduction programme danois Ellen Erichsen)
 

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