Le bonheur tue, de Forest Holger-Madsen
Titre : Le bonheur tue
Titre original : Under Skæbnens Hjul / Lykken dræber
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Forest Holger-Madsen
Scénario : Sven Lange
Photo : Marius Clausen
Interprétation : Carl Lauritzen (le comte von Schmettau / de Kervégan), Betty Nansen (Cora, sa femme), Poul Reumert (Franz Kettner, acteur), Maja Bjerre-Lind (Micheline, la femme de chambre), Christel Holch (Maria Walli, actrice), Frederik Jacobsen (un ami du comte), Oluf Billesborg, Franz Skondrup, Ingeborg Jensen, Birger von Cotta-Schønberg, Christian Lange, Waldemar Hansen, Ingeborg Bruhn Bertelsen,Vera Esbøll, Alma Hinding, Paula Ruff, Svend Bille,Agnes Andersen, Betzy Kofoed, Torben Meyer
Longueur : 1298 m. / 1462 m. (France)
Sortie au Danemark : 7 mai 1914
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 29 novembre 1913, dans une distribution de Louis Aubert
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L’acteur Frantz Kettner, le grand favori du public féminin, reçoit un billet de la comtesse Cora de Kervégan, ainsi conçu : « Cher M. Frantz Kettner. À une garden-party que mon mari et moi arrangeons, je voudrais faire représenter une petite comédie que j’ai moi-même écrite et dans laquelle j’ai pensé jouer le rôle principal. J’ai l’intention de vous demander d’être mon partenaire et, à cet effet, je vous pris de bien vouloir me rendre visite. Cora de Kervégan. » Frantz accepte cette demande et il est tellement épris de la comtesse qu’il rompt avec sa maîtresse, l’actrice Mari Walli. Le comte est vivement contrarié de voir sa femme jouer un rôle et surtout avec un acteur professionnel. Il fait part de son mécontentement à sa femme, mais celle-ci n’en tient aucun compte. Après la représentation, Cora est complimentée pour la souplesse de son jeu. Elle se soustrait aux compliments et, se tournant vers Kettner, elle dit : « Tout ce que je sais, je le lui dois ! » Le comte de Kervégan se trouve offensé de cette réplique et, les invités partis, une querelle s’engage entre les deux époux. Cora quitte le foyer conjugal avec sa fidèle femme de chambre Micheline, et se retire provisoirement dans un hôtel sous le nom de Sylvia Waleska, actrice. Les liens entre elle et Frantz Kettner se resserrent de plus en plus. Il lui procure un engagement au théâtre où il joue lui-même. La première soirée approche. Le comte est informé du scandale dont son ancienne femme le menace et il souffre beaucoup, car il n’a pas arraché de son cœur celle qui le torture si cruellement. L’actrice Mari Walli, l’ancienne maîtresse de Frantz Kettner, lui donne le moyen de reconquérir sa femme. Dans une lettre, elle lui écrit : « Si vous voulez reconquérir votre femme, préparez-lui un succès pour la première. » Le comte de Kervégan suit ce conseil et, quand le rideau tombe sur la dernière scène, les applaudissements du public ne connaissent plus de bornes. Frantz Kettner s’avance pour remercier, mais la contenance du public lui fait comprendre que ce n’est pas lui que l’on désire voir, mais la débutante. Kettner est touché dans sa vanité d’artiste et, offensé, il se retire dans sa loge. Cora, de son côté, pense que son succès va la rapprocher de celui qu’elle aime, mais elle éprouve une déception à l’accueil plutôt froid que lui fait Frantz, et, le même soir, elle décide d’avoir une explication avec lui, mais elle le surprend avec Marie Walli et comprend qu’il est perdu pour elle. Le lendemain, elle écrit au directeur du théâtre pour lui annoncer qu’elle ne veut plus jouer, mais comment vivre ? Elle déménage et se loge dans un hôtel bon marché. Elle vend tous ses effets les uns après les autres pour se procurer de l’argent. Le comte de Kervégan ignore sa misère, des mauvaises langues lui ayant au contraire raconté que sa femme vit dans l’opulence. C’est seulement quand Micheline vient lui raconter les choses telles qu’elles sont qu’il est pris de pitié et va rechercher Cora dans son galetas pour la ramener dans leur foyer. Les deux époux reprennent la vie commune, et Cora paraît avoir oublié son rêve d’un instant, mais il n’en est malheureusement rien. Un jour, elle lit dans le journal qu’on doit représenter Roméo et Juliette, avec Frantz Kettner comme premier rôle. Elle ne peut s’empêcher d’acheter un billet pour revoir Frantz. Elle assiste donc secrètement au spectacle et la pièce fait une impression profonde sur son esprit. En rentrant chez elle, elle se jette à genoux devant son miroir et, dans la glace, elle revoit la grande scène dans laquelle Roméo est agenouillé devant le corps de son amante. Ne pouvant lutter plus longtemps contre son cœur, elle se tue et, le lendemain matin, le comte la trouve morte, étendue devant son miroir. (Le Courrier cinématographique, 29 novembre 1913)