La princesse Hélène, de Forest Holger-Madsen

Publié le par Denis Ballu

Titre : La princesse Hélène / La princesse Eléna 
Titre original : Prinsesse Elena
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Forest Holger-Madsen 
Scénario : Poul Knudsen, d’après un manuscrit de Johanne Skram Knudsen
Photo : Marius Clausen
Interprétation : Betty Nansen (la princesse Elena), Svend Aggerholm (Bouton, premier ministre), Nicolai Johannsen (Henry/Henri de Bersin), Henny Lauritzen (la dame d’honneur de la princesse), Zanny Petersen (la bonne au château), Julie Henriksen (l’infirmière), Franz Skondrup, Alma Hinding, Christian Lange, Birger von Cotta-Schønberg, Oluf Billesborg, Ingeborg Bruhn Bertelsen, Ingeborg Jensen, Holger Syndergaard, Axel Mattsson
Durée : 1254 m. / 1300 m. (France)
Sortie au Danemark : 20 novembre 1913
Sortie annoncée en France dans le du 18 octobre 1913, dans une distribution de Louis Aubert

 

    La guerre fait rage comme jamais autrefois entre les royaumes de Bravadia et d’Ilona. Le roi Cyril XIV d’Ilona est lui-même parti en tête de l’armée, et, en son absence, la direction du royaume est confiée au Président du conseil Bouton qui, pendant de nombreuses années, a nourri un amour secret mais sans espoir pour la jolie princesse Eléna, fille unique du roi Cyril. Lors d’une promenade en voiture, la princesse rencontre un convoi de blessés et, parmi ceux-ci, à sa grande terreur, elle reconnaît son ami de jeunesse, le jeune capitaine Henri de Bersin, qu’elle a connu pendant un séjour à Bravadia. Et c’est ainsi qu’elle doit le revoit ! Prisonnier et grièvement blessé, étendu dans le fond d’une charrette. Cette rencontre a fait une si forte impression sur elle que, le lendemain, elle se décide à faire une visite à l’hôpital pour y voir les blessés, c’est-à-dire le capitaine, et, quand elle voit à quel degré il est abattu, elle demande au médecin en chef la permission de remplir elle-même les difficiles fonctions d’infirmière, dans le seul espoir de pouvoir soigner celui qu’elle aime. Tout va comme la princesse le désire. Déjà deux jours plus tard, nous la trouvons, dans un seyant costume de garde-malade, au chevet du capitaine. Mais, lorsqu’il revient à lui, il ne la reconnaît pas. Il lui semble bien l’avoir déjà vue, mais où ? où donc ? La mémoire lui fait défaut. Cependant le Président du conseil Bouton vient pour visiter l’officier étranger et lui offrir de séjourner au château pendant sa convalescence, naturellement soumis à une surveillance. Mais quelle n’est pas la surprise du ministre quand il trouve la princesse auprès du jeune homme. Il observe la jeune femme et cherche à voir dans ses yeux le secret de son cœur, mais la princesse ne se trahit pas. Peu après, le capitaine blessé est transporté au château, mais à quoi bon les soins de son bon ange la princesse qui fait tout pour lui rendre le séjour agréable. Jour et nuit, une seule pensée le tourmente. Partir d’ici, aller au secours de ses compatriotes. Du matin au soir, il prie et supplie la princesse de l’aider à fuir, et elle l’aime tant que, même si son pauvre cœur se serre à la pensée de le perdre encore, elle se décide à favoriser sa fuite. La nuit, il tente un essai et tout semble devoir réussir. D’une des fenêtres du château, deux yeux fiévreux guettent dans la nuit. Réussira-t-il ? C’est la princesse qui, le cœur battant, suit les péripéties de la fuite. Subitement un coup de feu résonne dans la nuit, suivi de plusieurs autres. Le bruit d’appels, de cris et de trépignements de chevaux montent jusqu’à elle et, un moment après, elle voit son aimé garrotté, traîné par une troupe de soldats. La fuite a échoué. Le ministre qui, dans le jeune officier, a deviné de suite un dangereux rival, constitue immédiatement un conseil de guerre qui, sans pitié, condamne le capitaine à être fusillé. L’exécution doit avoir lieu le lendemain matin à quatre heures. Lorsque la princesse, qui est devenue malade d’émotion, apprend cela, elle demande au ministre un entretien la nuit même, à une heure, sans témoins. Et pendant cet entretien, elle s’humilie à tel point que, pour sauver la vie de celui qu’elle aime, elle tombe aux genoux du ministre en implorant pitié. Mais Bouton qui, au fond du cœur, jouit de son triomphe, lui pose des conditions si incroyables pour sauver le capitaine, que la princesse furieuse s’écrie : Faites-le plutôt mourir !  Après son entretien avec le ministre, la princesse visite le capitaine dans sa prison, et, quand il la voit, le jeune homme s’écrie : Y a-t-il un moyen de me sauver ? L’exécution est-elle remise ? Mais la princesse lui prend la main et le regarde d’un sourire triste. Il n’y a qu’un moyen, mourons ensemble ! Frémissant, le jeune homme se recule. Mourir si jeune ! Sanglotant comme un enfant, il la supplie de se sauver. Alors son sang se glace dans ses veines et son cœur cesse de battre. Est-ce ainsi qu’il l’aime ? C’est pour cela qu’elle s’est sacrifiée. Comme une somnambule elle va dans l’entrée, prend le manteau et le bonnet du gardien et, deux secondes après, le capitaine est hors de la prison après lui avoir baisé la main. Il ne reste plus qu’une pauvre petite créature écrasée, anéantie. Quatre heures approchent et le ministre désire voir une fois encore le prisonnier avant l’exécution. En route, il est arrêté par le gardien de la prison qui lui annonce que la princesse est dans la cellule avec le capitaine. Écumant de rage, le ministre se précipite et trouve… un cadavre ! Le chagrin et la déception lui ont armé la main. Elle a tout sacrifié à son amour, même la vie. (traduction Nordisk. Une version plus courte et moins explicite sur le suicide final est parue dans le Courrier cinématographique du 18 octobre 1913)

 

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