Pendant la peste, de Forest Holger-Madsen
Titre : Pendant la peste / La mort noire ou Les caprices d’une belle femme (Metz) / Pendant la peste ou L’avertissement du destin (Belgique)
Titre original : Mens Pesten raser / Lægens Hustru / Under Pesten
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Forest Holger-Madsen
Scénario : Otto Rung
Photo : Marius Clausen
Décor : Carlo Jacobsen
Interprétation : Carl Lauritzen (Dr. Warren, médecin militaire), Rita Sacchetto (Alice Warren), Carlo Wieth (le capitaine Alston), Alma Hinding, Holger Syndergaard, Agnes Andersen, Svend Bille, Zanny Petersen, Aage Henvig, Franz Skondrup
Longueur : 1270 m. / 1300 m. (France)
Sortie au Danemark : 1er septembre 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 30 août 1913, dans une distribution de Louis Aubert
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La scène se passe aux Indes. De temps en temps, la peste fait rage parmi les indigènes. Les Européens sont arrivés avec tous les moyens que la science moderne a mis à leur disposition pour combattre le terrible fléau. Mais rien n’y fait ! Le combat est inégal, car les médecins n’ont encore découvert aucun sérum, la seule arme infaillible contre la peste ! Le médecin major, le docteur Warren, est dans son laboratoire, occupé à des recherches microscopiques qui ont pour but la découverte d’un sérum contre la peste. Toute la nuit, il est resté à son travail et, quoique le jour soit fort avancé, les rideaux sont encore tirés et la lumière électrique éclaire le laboratoire. Le docteur est si absorbé dans ses recherches qu’il a complètement perdu la notion du temps et du lieu. Cependant, dans une pièce voisine du laboratoire, se trouve sa femme Alice. Ils sont bien près l’un de l’autre et pourtant une grande distance les sépare. Il oublie qu’il a une femme, pour laquelle chaque mot, chaque caresse est une raison de vivre. On de doit pas s’étonner que, dans ces circonstances, elle cherche un peu de bonheur hors de la maison. Une fête doit se donner au club des officiers. Elle a reçu une invitation du jeune capitaine Alston, chez lequel elle a rencontré les démonstrations sympathiques qu’elle ne trouve pas chez son cher mari. Avec cette invitation, il exprime l’espoir de la rencontrer à la fête. Elle essaie de convaincre son mari de l’accompagner, mais il ne veut pas, il n’a pas le temps, dit-il ? Alors elle s’écrie : « Lors même que tu renoncerais volontairement aux plaisirs de la vie, je ne veux pas me laisser cloîtrer ! » Le docteur est effrayé de cette violence. Il ne se doute pas qu’il en est responsable, mais il s’incline et promet à sa femme de l’accompagner. Pendant la fête, où Alice et le capitaine Alston ont eu l’occasion de se faire connaître leurs sentiments réciproques, le docteur reçoit un ordre télégraphique de se rendre sans délai dans les contrées où la peste vient d’éclater à nouveau. Le docteur et sa femme doivent se retirer de bonne heure, car il doit partir dès le matin. Il n’y a pas de temps à perdre lorsqu’il s’agit de la peste. Aussitôt que le docteur arrive dans le petit village hindou, il donne l’ordre de brûler immédiatement les huttes de bambou marquées d’une croix noire. Les pestiférés qui n’ont pas fui sont transportés dans une tente sanitaire, où ils sont soignés. Le docteur visite chaque malade avant de quitter la ville contaminée. Pendant ce temps, Alice est à la maison où la solitude l’entoure. Elle n’arrive pas à maîtriser ses pensées qui se portent sur le capitaine Alston. Dans son isolement, elle se considère comme abandonnée et honteusement trompée. Elle envoie sa bonne porter quelques mots pour prier celui qu’elle aime de venir la distraire. Il reçoit la lettre et vient immédiatement. En route, il trouve une femme indigène pestiférée avec son enfant. La femme est morte. Sans savoir que la peste à de nouveau éclaté, il prend l’enfant et l’emmène chez lui, avant de se rendre chez Alice. La terrible maladie l’a touché. À peine a-t-il passé la porte du docteur Warren qu’il chancelle ainsi qu’un homme ayant reçu le sceau de la mort. Au moment même où le capitaine tombe, le docteur rentre de sa mission. Avec son regard expérimenté, il voit très vite que son jeune rival n’a pas longtemps à vivre, et il pense : « C’est le destin ! Il a mérité sa peine ! » Alice, désespérée, conjure son mari de donner des soins au malade, mais le docteur la repousse brutalement. Elle se jette, suppliante, à ses pieds et s’écrie : « Secours-le ! Sauve-le ! tu es le seul qui puisse le faire. C’est moi la coupable. C’est moi qui l’ai fait venir ici ! » Le docteur comprend enfin la part de responsabilité qui lui incombe. Il pense que lui seul doit porter la faute. Il se hâte vers son laboratoire, pour y chercher le sérum capable de rappeler à la vie le capitaine Alston. Un mois s’est écoulé, le capitaine Alston vient présenter ses regrets au docteur, mais celui-ci lui tend la main et lui dit : « Non, non, je vous demande seulement de ne plus revoir ma femme. Partez. » La capitaine part et le docteur, qui est un homme sage, a compris l’avertissement du destin. Avec les preuves d’affection qu’il donne à sa femme, il ramène la paix au foyer conjugal. (Le Courrier cinématographique, 30 août 1913)
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