La faute d’un père, d'August Blom

Publié le par Denis Ballu

Titre : La faute d’un père / L’iniquité des pères (Nordisk)
Titre original : Fædrenes Synd / Fædrenes Synder
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : August Blom
Scénario : Sven Lange
Photo : Johan Ankerstjerne
Interprétation : Carl Lauritzen (Franz / François Müller, notaire puis banquier), Marie Dinesen (Emma, sa femme), Ragnhild Lykke (Elsa / Elisa, leur fille), Nicolai Johannsen (Victor, leur fils), Gyda Aller (Hedvig von Colwitz / Hélène de Contadès), Thorkild Roose (le docteur Levin / Max Langlois, astronome, mari d’Elsa), Birger von Cotta-Schønberg, Lily Frederiksen, Karen Christensen, Franz Skondrup, Vita Blichfeldt, Holger Syndergaard, Hilmar Clausen, Oluf Billesborg, Johanne Krum-Hunderup, Charles Willumsen, Peter Jørgensen, Ingeborg Jensen, Ebba Lorentzen, Ingeborg Bruhn Bertelsen, Gabi Lijon, Johannes Ring
Longueur : 692 m. / 710 m. (France)
Sortie au Danemark : 1er juin 1914
Sortie en France annoncée dans le Courrier cinématographique du 13 juin 1914, dans une distribution de Louis Aubert

Nicolai Johannsen & Ragnhild Lykke

    Le notaire François Müller vit modestement avec sa femme et ses deux enfants. Un jour, il reçoit d’un usurier, Abel Simon, une offre d’association. L’usurier a besoin de nouveaux capitaux. Pour se les procurer, il lui faut ouvrir une banque qui, par ses prêts, lui apportera l’argent dont il a besoin. Pour diriger cette entreprise, il faut un homme honorable, et son choix s’est porté sur l’avocat François Muller. Mais celui-ci décline cet honneur. Mais sa femme tombe gravement malade. Sur son lit de mort, elle se représente dans son délire l’avenir de ses enfants, sa fille Elisa comme couturière et le garçon, Victor, comme voleur et meurtrier. Elle prie son mari, comme dans une ultime volonté, de faire tout ce qui sera en son pouvoir pour éloigner la misère de ses enfants. Après la mort de sa femme, François va trouver Abel Simon et lui dit que, pour ses enfants, il accepte de prendre la direction de la banque, mais à la condition que l’usurier s’engagera à ne pas dévoiler le rapport existant entre eux. Quinze ans se sont écoulés. François Müller, maintenant banquier, est devenu une haute notabilité de la finance. Sa fille Elisa est mariée avec le célèbre astronome Max Langlois, qui vient justement d’être nommé professeur. Elisa le félicite, mais il répond : « N’oublions pas que ton père, qui m’a donné de précieuses lunettes d’observation, a une part essentielle dans ma nomination. » Les deux jeunes gens envoient au vieux François Müller une pensée amicale. Il les a en effet aidés de bien des manières durant les premières années de leur mariage. Toutes les bontés de son beau-père n’ont cependant pas pu effacer l’impression du jeune professeur qu’un événement de famille désagréable le tourmente. Le jour de sa nomination, il raconte à sa femme que son père s’est jadis suicidé, poussé à cette extrémité par un infâme usurier Abel Simon, et s’excuse de le lui avoir caché jusqu’à présent. Elisa est fort émue de cette communication, mais ne se doute pas qu’Abel Simon est l’associé de son père. Le fils du banquier, qui a choisi le métier des armes et est sur le point de s’allier à une vieille et distinguée famille de militaires, rentre dans bureau duquel son père vient de s’absenter et y trouve une lettre commencée disant : « Cher Abel Simon. Rien d’extraordinaire pendant ton absence, sinon que la personne en question a été déclarée en faillite. Je viens de donner des ordres pour qu’on s’adresse à sa famille. Si cette démarche se montre infructueuse, je ferai de lui et de sa famille un objet de scandale... » Victor comprend alors qu’il existe un accord secret entre son père et le trop célèbre usurier ; il en est désespéré et s’empresse de faire part de ses craintes à sa sœur qui pense s’évanouir en entendant prononcer le nom d’Abel Simon. Les bienfaits que François Müller leur a prodigués ont-il dû être payés de la vie du père de son mari ? Trop douloureusement touchés par l’indélicatesse de leur père, Elisa et Victor ne pensent pas un instant que le conduite du banquier a pu lui être dictée par le désir de les mettre à l’abri de la misère et, dans une scène pénible pour tous trois, ils reprochent à leur père éploré son double jeu. François Müller n’a plus la force de lutter. Ses enfants l’ont abandonné, fuyant loin du pays témoin de l’erreur de leur père et cet homme, que l’amour paternel avait aveuglé jusqu’à le conduire à l’indélicatesse, meurt de chagrin, abandonné des êtres qui lui sont chers, expiant ainsi son erreur passée. (Le Courrier cinématographique, 13 juin 1914 ; complété par le résumé Nordisk)

 

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