Fleur d'asphalte, d'Urban Gad

Publié le par Denis Ballu

Titre : Fleur d’asphalte (Metz & Luxembourg) / Armande Durand (Nordisk) / Fleur de trottoir (Kleinke)

Titre original : Dyrekøbt Glimmer / Hulda Rasmussen / Syndens Børn

Production : Nordisk Films Kompagni 

Réalisation : Urban Gad

Scénario : Palle Rosenkrantz

Interprétation : Johannes Poulsen (Aage Madsen / Jean Dubois), Frederik Jacobsen (Rasmussen / Durand), Elna From (son épouse), Emilie Sannom (Hulda / Armande, leur fille), Svend Bille (le détective), Victor Fabian (un employé de bureau), Ellen Kornbeck (Bella, chanteuse), Axel Strøm (le directeur von Wilcke / de Tonnerre), Otto Lagoni, Frederik Buch, William Bewer, Franz Skondrup, Axel Boesen, Ella la Cour, Julie Henriksen, Doris Langkilde

Longueur : 855 m

Sortie au Danemark : 16 novembre 1911

Elna From & Emilie Sannom

M. Durand est un charpentier qui vit au jour le jour. Il est laborieux et sobre, mais ce qu’il gagne par son travail ne suffit guère, puisqu’il a une femme qui boit et une fille légère et vaniteuse, qui ne pense qu’à se parer et à s’amuser. Armande est une jolie fille, donc quoi de plus naturel. Mais ce qui rend les choses difficiles, c’est qu’elle n’a pas de connaissances masculines. Le seul homme qu’elle voit est un jeune commis, Jean Dubois, jeune homme très bien de sa personne, sans toutefois posséder de charmes séducteurs capables d’éveiller l’amour de la jeune fille. En outre, M. Dubois est pauvre, il a donc beau être fou amoureux d’Armande, c’est en pure perte. Or, un beau jour, le sort veut qu’Armande fasse la connaissance d’un homme encore jeune, M. de Tonnerre, viveur consommé, qui la persuade de venir la voir dans sa confortable garçonnière. C’est le premier pas qu’elle fait vers l’abîme, mais elle n’y voit encore que la gaîté et le plaisir. De Tonnerre lui procure un engagement au café-concert Apollon, où elle ne tarde pas à en devenir le principal attrait. Tous les soirs, une pluie de bouquets tombe à ses pieds et, chose étrange, dans leur nombre elle donne toujours sa préférence à un modeste petit bouquet tout simple envoyé par Jean Dubois. Le pauvre garçon a été totalement distancé par ses rivaux plus riches et, néanmoins, il ne peut pas arracher de son cœur l’image de sa bien-aimée. Un soir, il attache à son bouquet une lettre dans laquelle il épanche son cœur et lui dit tout simplement, tout naïvement son gros chagrin. Sa naïveté enfantine et simple touche le cœur blasé d’Armande, mais elle est assez honnête pour lui déclarer ouvertement qu’il est trop bon pour être son mari et trop pauvre pour être son amant. Cette déclaration porte un coup terrible à Jean, qui se casse la tête pour trouver un moyen de se procurer de l’argent. Un soir, alors qu’il travaille dans son bureau, il se sent envahi par un grand découragement, une grande lassitude. Rien ne va plus. Son chef s’en aperçoit et lui propose de partir quinze jours en vacances. Jean accepte la bienveillante proposition de son chef, tout en se demandant ce qu’il va faire de ces vacances, n’ayant pas d’argent. Il est encore plongé dans ses réflexions quand le gérant lui passe un chèque de 5000 francs à expédier à son destinataire. Le gérant quitte le bureau et Jean reste seul avec le garçon de bureau. Tout à coup l’idée lui vient de s’emparer de cet argent qui pourrait les rendre, lui et son Armande, si heureux. Sitôt pensé, sitôt fait. Il prend les 5000 francs et écrit à Armande qu’il a gagné 5000 francs à la loterie, lui demandant si elle veut partir avec lui dans le Midi. Lasse de la vie qu’elle mène, Armande y consent. Le lendemain, ils partent pour Monte Carlo, où il tentent la fortune à la table verte, et perdent tout ce qu’ils possèdent. Peu après, il apprend par un journal danois qui lui tombe entre les mains que la police est sur ses traces. Hors de lui de désespoir, il dit toute la vérité à Armande, ajoutant que maintenant il ne lui reste plus qu’à se tuer. Armande le supplie de lui permettre de partager son sort. Ils décident de mourir ensemble, mais au moment où il braque le revolver sur la tempe de son amie, un détective danois lui pose la main sur l’épaule. Au nom de la loi, je vous arrête ! Le suicide est empêché, malgré les larmes et les supplications d’Armande. Jean se voit obligé de suivre l’agent. Il rentre au Danemark où il est mis sous les verrous. Jean subit sa peine. Armande l’attend fidèlement et bien souvent elle a de la peine à se procurer le nécessaire pour elle et sa petite enfant, la fille de Jean, qu’elle a mise au monde durant son absence. Mais ses anciens camarades parmi les artistes ont pitié d’elle et lui viennent en aide, de sorte qu’elle ne meure pas de faim. Le jour où les portes de la prison s’ouvrent pour Jean, Armande se rend au bureau d’aide aux libérés pour l’y attendre. Ils y rencontrent l’ancien chef de Jean qui est venu lui offrir les moyens de s’embarquer pour l’Amérique. Peu de jours plus tard, Jean et sa fidèle Armande sont en route pour le Nouveau Monde, dans l’espoir d’y trouver le bonheur que le sort leur avait refusé dans leur pays natal. (programme Nordisk)

 

 

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