La lutte aboutit à la victoire, d'Urban Gad
Titre : La lutte aboutit à la victoire
Titre original : Gennem Kamp til Sejr
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Urban Gad
Scénario : Harriet Bloch
Interprétation : Thorkild Roose (la pasteur Juul / le curé, pasteur), Augusta Blad (son épouse), Edith Buemann Psilander (Mona, leur nièce), Ella la Cour (sa mère), Otto Lagoni (son père), Poul Reumert (le lieutenant von Platen/de Pouqueville), Henry Seemann (le lieutenant Seedorf / de Seyssel, fiancé de Mona), Svend Bille
Longueur : 770 m
Sortie au Danemark : 12 juin 1911
Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 16 décembre 1911, dans une distribution de Louis Aubert
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C’est à l’époque des grandes manœuvres. Les braves soldats envahissent la contrée. Chaque ferme en reçoit un certain nombre en proportion de son importance, et c’est ainsi que le lieutenant de Pouqueville, jeune officier élégant et gai est logé avec 20 simples soldats dans le presbytère de Longueval, chez Monsieur le curé Mery. L’idée du séjour au presbytère ne sourit guère au jeune homme déjà blasé sur ses plaisirs, mais à la vue de la nièce du curé. Mademoiselle Mona, jeune fille de 18 ans qui rentre du jardin une gerbe de fleurs dans les bras, il lui semble que c’est le printemps même qui entre dans la maison, et tout de suite il est séduit par la grâce de la jeune fille, qui de son côté s’éprend immédiatement du bel officier. Ils profitent de toute occasion d’être ensemble, et bientôt le petit cœur de Mona n’est plus libre : l’oiseau s’est laissé prendre. Le temps coule vite, sans que les jeunes gens s’en aperçoivent, et le départ est proche. C’est le dernier soir. Toutes les notabilités de la contrée et tous les officiers supérieurs sont réunis au presbytère. La conversation est très animée, et Mona fait les honneurs de la maison de la façon la plus charmante. Le lieutenant est tout à fait épris d’elle, et ne la quitte pas des yeux pendant toute la soirée. Il la prie de lui faire cadeau d’une photographie qui est sur la table. D’abord, elle refuse, mais comme il insiste, elle lui dit que dans sa chambre elle en a une autre qu’elle préfère lui donner. Les invités partis, il peut venir la chercher. À peine Mona, retirée dans sa chambre, a-t-elle achevée sa toilette pour la nuit, qu’on frappe à la porte. C’est le lieutenant qui vient chercher la photographie promise. Au moment où Mona lui passe la photographie par la porte entr’ouverte, il saisit son bras à la peau blanche et délicate et l’attire défaillante sur son cœur. Il a gagné la partie. Le lendemain matin les soldats partent. Le lieutenant jette un coup d’œil vers les fenêtres de Mona, mais tout est fermé et silencieux. Cependant derrière les rideaux Mona écoute attentivement le bruit des pas cadencés des partants. Et quand elle n’entend plus rien elle cache son visage dans ses mains et fond en larmes. Quelque temps après Mona retourne chez ses parents à la capitale. Un soir dans la rue, elle est accostée par un individu de mauvaise mine, qui veut lui voler son réticule. Elle s’enfuit en courant et tombe dans les bras de Monsieur de Seyssel, un jeune lieutenant, qui la sauve du bandit et la reconduit ensuite chez elle. Cette rencontre devient d’une grande importance pour les deux jeunes gens. Le dimanche prochain Monsieur de Seyssel fait une visite aux parents de Mona et cette visite est bientôt suivie d’autres, et un beau jour Mona surprend ses parents par la communication qu’elle s’est fiancée. Le lieutenant de Seyssel est un homme d’action. Il veut que le mariage soit célébré le plus tôt possible, et les jeunes gens passent maintenant des journées très agréables ; ils louent un appartement, achètent en commun le trousseau de Mona, etc. La date du mariage est fixée, et Mona est occupée à essayer sa robe de mariée, quand entre son fiancé l’air sombre et menaçant. Elle se doute immédiatement d’un malheur. En effet l’officier déclare que, lors d’une visite chez son ami le lieutenant de Pouqueville, il a vu la photographie de Mona, et sur sa demande M. de Pouqueville a expliqué que c’était une de ses anciennes conquêtes. Hors de lui de colère il jette dédaigneusement l’anneau de fiançailles à ses pieds, tandis que la pauvre fille s’affaisse toute blanche dans sa robe nuptiale. Pauvre Mona ! le coup était trop terrible. Elle devient maniaque et chagrine, et ses parents ont sérieusement peur que son cerveau ne soit attaqué. Ils consultent un médecin qui leur recommande de l’envoyer à la campagne, en leur faisant espérer une guérison possible. Mona retourne au presbytère où le bon curé ne tarde pas à s’apercevoir qu’elle a quelque grave souci, et quand il découvre qu’elle est atteinte de somnambulisme et qu’il la surprend se promenant une nuit par les chambres du presbytère, vêtue de sa robe de mariée, il se rend aussitôt à la capitale pour trouver M. de Seyssel. Au moyen de bonnes paroles et de sages conseils il réussit à persuader de Seyssel de revenir avec lui au presbytère. En voyant les souffrances cruelles de la pauvre Mona, toute sa tendresse se réveille, et il la presse toute pardonnée sur son cœur. (Ciné-Journal, 16 décembre 1911)