Chevauchée de la mort, de Rasmus Ottesen
Titre : Chevauchée de la mort
Titre original : Dødsridtet
Production : Det skandinavisk-russiske Handelshus
Réalisation : Rasmus Ottesen
Scénario : Carl Th. Dreyer
Interprétation : Richard Jensen (Jack Morton), Gudrun Houlberg (Kate Holborn), Olaf Fønss (Stacy Black), Rasmus Ottesen (un policier), Valdemar Møller (le capitaine du bateau), Emilie Sannom, Stella Lind, Emilie Smith
Longueur : 950 m. (Allemagne)
Sortie au Danemark : 10 juillet 1912
Sortie annoncée pour la France dans Ciné-Journal du 14 décembre 1912, dans une double distribution de Georges Janin d’une part et de Georges Braun de l’autre (pour plus de précisions voir mon article Le cinéma danois en France, I : des origines à 1914 https://www.calameo.com/books/007847874059b5911b2bd)
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Stacy Black (Olaf Fønss) fait glisser le collier de Kate Holborn dans le parapluie qu'il a accroché à la vitrine de la bijouterie
Kate Holborn était jeune veuve, belle et indépendante, qui menait une existence agréable dans son élégante villa en périphérie de la ville. Elle avait une vie plutôt tranquille, interrompue seulement par ses deux amies, qui l’avaient fidèlement accompagnée tout au long de son enfance, puis de son mariage à son son veuvage. Un jour, Kate, passant par hasard devant chez un des plus grands photographes de la ville, fut fascinée par le portrait d’un jeune et bel homme qui se trouvait dans sa vitrine. Elle emporta le cliché chez elle, mais cela n’apporta que malaise et trouble dans la vie de Kate Holborn. Le jeune homme dont le portrait avait tant impressionné Kate était le dangereux et rusé voleur Jack Morton, le bandit le plus intrépide et le plus audacieux qu’une grande ville ait jamais vu naître. Le jour même où Kate avait récupéré le portrait de Jack Morton, elle envoya un collier de perles chez son orfèvre pour réparation. Alors que son domestique était dans la boutique, Jack et son complice, Stacy Black, passant par là, décidèrent de commettre un de leurs vols astucieux. Et leur plan fut parfaitement exécuté. Le complice de Jack entra dans la boutique et détourna l’attention du vendeur en achetant un bijou. Le collier de Kate était posé sur le comptoir auquel le voleur avait accroché son parapluie et où il l’y glissa habilement, se drapant ensuite dans son honorabilité lorsque, le vol constaté, on lui posa des questions. Puis il donna sa carte au vendeur et sortit d’un pas décidé, laissant le parapluie sans que personne ne s’en aperçoive. Le domestique se précipite aussitôt chez Kate, lui raconte le vol, et elle se rend immédiatement chez le bijoutier. Le bijoutier est en train de lui expliquer la situation lorsque, comme prévu, Jack entre pour récupérer le parapluie. C’est le coup de foudre. Jack n’a pas le cœur à la voler. Il retourne le parapluie et lui rend les perles. Jack et Kate quittent la boutique ensemble. Elle reconnaît l’original de la photo, mais, ignorant sa nature, elle croit à un accident. Le bijoutier contacte la police, relate la scène et remet aux agents le parapluie oublié. Au commissariat, l’enquête se poursuit et les policiers remontent bientôt la piste jusqu’à Jack et son complice. Quelque temps plus tard, Jack Morton était devenu un invité régulier chez Kate, et on parlait de ses fréquentes visites chez la jolie veuve. Personne ne soupçonnait encore la véritable nature de Jack Morton. Cependant, le bonheur et l’amour naissant le rendirent trop audacieux, et le vol du bijou avait finalement donné la bonne piste à la justice. Un matin, Stacy Black s’arrête dans la rue pour acheter un journal quand, brusquement, une voiture de police à sa poursuite approche à toute vitesse. Lâchant son journal, l’homme se précipite dans l’immeuble, traverse ses couloirs sombres en courant jusqu’à un balcon à l’étage, où il se croit libre. La ville s’étend à perte de vue en contrebas. Il a à peine repris son souffle que les inspecteurs se jettent sur lui. Il dégaine un revolver, qui lui est arraché des mains. Il est arrêté. La prochaine mission de l’inspecteur est de capturer Jack. Kate et lui se rendent à l’aérodrome. Une montgolfière est sur le point de s’élever et une foule de spectateurs l’observe avec intérêt. Un inspecteur, sur sa piste de Jack, arrive sur les lieux et se lance à sa poursuite. Jack, toujours sur ses gardes, échappe à la cohue, et Kate, ne pensant qu’à lui, se jette sur le détective, l’empêchant de le suivre. Le ballon s’élève. Jack se précipite dessus, saute dans la nacelle et s’envole. Atterrissant peu après, il envoie un pigeon voyageur à Kate pour la rassurer. Comme elle rentre chez elle, le pigeon se pose dans les buissons alors qu’elle approche de la maison et elle réceptionne le message. Quelques mois plus tard, Kate donne une garden-party où des danseurs russes doivent se produire pour divertir les invités. Jack est de retour et, apercevant les danseurs, il soudoie le premier danseur pour qu’il le laisse prendre sa place, car il brûle d’envie de revoir Kate. La substitution a lieu. Dans les magnifiques jardins, une foule joyeuse assiste à la danse. Jack, le meneur, est entouré d’une nuée de danseuses, et tous exécutent une très belle performance. À la fin, Jack se jette aux pieds de Kate qui le reconnaît alors. Une fois la danse terminée, les amoureux partagent quelques précieux instants, mais Jack n’ose pas rester, craignant la police. Et, en effet, elle est déjà sur sa piste et le suit jusque chez lui. Les policiers font irruption dans ses appartements. C’est un épisode palpitant. Jack, qui fume en rêvant de Kate, est brusquement tiré de sa rêverie par le vacarme de la police. Rapide comme l’éclair, il se cache derrière le rideau. Alors que les policiers font irruption dans la pièce, il s’élance, ils le poursuivent. À bout de souffle, Jack court jusqu’à la maison de Kate. Ensemble, ils se rendent aux écuries, enfourchent un cheval et prennent la fuite, poursuivis par la police en voiture. Après avoir échappé de justesse à la capture, ils embarquent sur un vapeur, emmenant le cheval avec eux. Pleins de ressources, les policiers se précipitent vers la station de radio. On les voit arriver, puis l’image remonte progressivement le long du mât de transmission et l’on voit les éclairs jaillir de son sommet. Le message est reçu par le capitaine du vapeur à bord duquel voyage le couple. Il interroge Jack qui, ses soupçons éveillés, enfourche le cheval et, avant que les passagers ne comprennent ce qui se passe, saute dans l’eau par-dessus bord. Kate le suit. Trempés par leur chute, ils atteignent la rive, la remontent à cheval et se lancent dans une course désespérée vers la sécurité. Mais les policiers sont trop nombreux. Dans une scène tragique et passionnée, Jack insiste pour que Kate reste en arrière tandis qu’il tente une dernière course désespérée. Cheval et cavalier gravissent vaillamment une colline escarpée, mais les chasseurs sont tout près et il ne leur reste plus qu’à se jeter dans le vide – un saut vers une mort certaine. Cheval et cavalier disparaissent dans le vide. Les policiers arrivés peu après, pétrifiés d’effroi, contemplent l’abîme où, tout en bas, gît le corps sans vie du cavalier. Kate est conduite au bord du précipice, puis aidée à y descendre, où nous la laissons avec tout ce qui reste de son amant. (résumé Denis Ballu, d’après le programme danois et The Cinema News and Property Gazette d’octobre 1912, p. 25)