Atlantis, d'August Blom
Titre : Atlantis
Titre original : Atlantis
Production : Nordisk Films Kompagni (1047)
Réalisation : August Blom
Scénario : Karl Ludwig Schröder & Axel Garde, d’après le roman de Gerhart Hauptmann (1912)
Photo : Louis Larsen & Johan Ankerstjerne
Décor : Axel Bruun
Ass. réalisateur : Robert Dinesen & Mihály Kertész (= Michael Curtiz)
Ass. photo : Hugo Fischer, Louis Larsen, A. Rasmussen & Sophus Wangøe
Interprétation : Olaf Fønss (le docteur Friedrich von Kammacher / Paul Chambray), Ida Orloff (Ingigerd Hahlstrøm / Jenny Valdor, danseuse), Frederik Jacobsen (le docteur Georg Rasmussen / Davout), Ebba Thomsen (Eva Burns, sculptrice), Alma Hinding (la Juive russe), Torben Meyer (Willy Snyders / Jean Darcourt), Cajus Bruun (le père de Friedrich), Marie Dinesen (la mère de Friedrich), Lily Frederiksen (Angèle, la femme de Friedrich), Christian Schrøder (le père d’Ingigerd), Charles Unthan (Arthur Stoss, artiste), Franz Skondrup (le domestique de Stoss), Carl Lauritzen (le docteur Schmidt), Svend Kornbeck (le capitaine von Kessel), Mihály Kertész (Hans Füllenberg), Emilie Otterdahl (une dame au bal), Bertel Krause (l’agent d’artistes), Thomas P. Hejle (l’employé de bureau), Albrecht Schmidt (le père d’Eva), Musse Kornbeck (la jeune femme canadienne), Henny Lauritzen, Vilhelm Stigaard (Wilhelm, le médecin du bord), Svend Bille, Oluf Billesborg, Peter Nielsen, Lau Lauritzen Sr., Charles Willumsen, Christian Lange, Maja Bjerre-Lind, Aage Henvig, Ingeborg Jensen, Vera Esbøll, Birger von Cotta-Schønberg, Carl Schenstrøm
Longueur : 2280 m. / 116 min. / 1540 m. (France)
Sortie au Danemark : 26 décembre 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 28 février 1914, dans une distribution de Louis Aubert
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Note : J’ai complété (voir les textes entre parenthèses) en réintégrant les parties du programme Nordisk non reprises dans les résumés parus dans la presse française, en rétablissant les noms des personnages utilisés dans la version française ; ces passages correspondent peut-être aux parties du film retirées pour passer des 2280 mètres de la version danoise aux 1540 de la version distribuée par Louis Aubert.
Le docteur Paul Chambray subit déception sur déception. Sa femme Angèle, lors de son mariage, possédait des dispositions héréditaires à la folie. Depuis quelque temps, sa maladie a pris un caractère inquiétant. Le docteur s’est armé de patience, mais la malade perd de plus en plus la tête.
(Le docteur Chambray jouit, dans les cercles bactériologiques, d’une renommée d’habileté et on fonde sur lui de grandes espérances, mais la science lui prépare aussi de grandes déceptions. Il a envoyé à l’institut bactériologique de la capitale un traité sensationnel, mais il apprend indirectement qu’on en est très mécontent.)
L’état morbide d’Angèle donne aux personnes qui l’entourent des craintes de plus en plus grandes pour leur vie. Un jour, le docteur Chambray, faisant la sieste, est brusquement réveillé et voit sa femme s’apprêter à lui trancher la gorge. Le docteur pense qu’il n’a pas autre chose à faire que de la placer dans une maison d’aliénés. Il la confie à son bon ami et collègue, le docteur Davout, et sur le conseil pressant de ses parents, il entreprend, pour se distraire de ses ennuis, un voyage en Amérique, où il a de nombreux amis.
(Il part à Berlin pour essayer de reconquérir la santé que les dernières années de vie commune avec une femme folle ont fortement ébranlée. À Berlin, il reçoit une invitation à une matinée à laquelle la danseuse Jenny Valdor doit faire ses débuts devant un cercle d’initiés. Il accepte l’invitation sans enthousiasme, le monde des artistes ne l’intéressant pas beaucoup. Il se sent mal à l’aise parmi les invités, visiblement insouciants, de cet art léger. Nous sommes à la matinée. Le rideau se lève. Mlle Jenny Valdor danse sur la scène. La danse s’appelle Victime de l’araignée. À chaque pas qu’elle danse sur la scène, elle fait un pas de plus dans le cœur du docteur Chambray, dans lequel il pénètre comme un météore, venu d’un monde inconnu. Cette créature capricieuse, pour qui les adorations des hommes semblent aussi inévitables que la lumière et l’air, le prend dans sa toile. À partir de ce moment, elle fait de lui ce qu’elle veut. Quelques jours plus tard, lorsqu’il apprend que l’institut bactériologique n’a pas pu accepter son traité, il se délivre du dernier lien qui le retenait pour la suivre comme une ombre. Elle voyage de ville en ville. Partout où elle arrive, les hommes l’entourent, mais, même si elle voit clairement les souffrances qui se reflètent dans le visage du docteur Chambray, elle ne repousse pas ses adorateurs. C’est comme si elle trouvait une joie à tourmenter cet amant dévoué et fidèle. Il s’indigne constamment de la manière légère dont elle joue avec ses sentiments. Enfin, il rompt avec elle et part. Où ? Jamais assez loin pour que Mlle Jenny ne puisse le reprendre. Jamais hors de la périphérie de ses filets. La dernière fois qu’il l’a quittée, il est parti pour Paris. Là, il lit dans le journal que la danseuse Jenny Valdor partira de Brème, le 23, avec le vapeur Roland, pour New York. À partir de ce moment, son calme a disparu. Une force, qu’il ne peut analyser, l’oblige à agir. En partant immédiatement de Paris, il pourra arriver suffisamment à temps pour prendre le vapeur. Avant d’entreprendre le voyage sur l’Atlantique, il envoie deux télégrammes : l’un adressé à son ami le docteur Davout, à qui il demande de prendre soin de sa femme ; dans l’autre, il annonce à son ami américain, le docteur Schmidt, sa prochaine arrivée à New York.)
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À bord du transatlantique Roland, Paul Chambray rencontre la célèbre danseuse Jenny Valdor, dont l’ami préféré est, pour l’instant, l’architecte Méry de Vienne. Mais le nombre des adorateurs qui passent leur temps à faire la cour à cette excentrique et séduisante danseuse sont légion. Lors d’une représentation que l’artiste donne à bord, où elle se produit dans la danse La victime de l’araignée, chacun de ses gracieux gestes lui fait faire un pas de plus dans le cœur du docteur Chambray, ce dont, en véritable femme, elle se rend bien compte. Il se produit alors un événement qui semble devoir lier l’existence de ces deux êtres. Après quelques jours de navigation tranquille et agréable, le bateau doit poursuivre sa route dans un brouillard intense. Par intervalle d’une seconde, la sirène envoie son signal sinistre sur l’Atlantique. Aussi bien dans les cabines que sur la passerelle règne la nervosité. La vitesse du bateau est réduite de moitié. L’excellent marin, le capitaine Kessel, est assiégé par les passagers de questions anxieuses. Il les rassure d’un sourire mais le sourire disparaît lorsqu’il est seul. Il connaît la zone dangereuse, remplie de récifs, que traverse le navire. Tous les officiers sont sur la passerelle, ils essaient avec leurs lorgnettes de percer le brouillard. Un cri résonne : « Épave à l’avant ! » Des ordres brefs sont donnés, la machine tout à coup s’arrête. Presque aussitôt un cri se fait entendre : « Nous touchons. » Comme une traînée de poudre, le cri se répand de la passerelle à l’entrepont. En phrases rapides, le capitaine Kessel donne à l’équipage ses ordres. Les officiers parcourent les corridors du navire en frappant à toutes les portes : « Sauve qui peut ! » Le télégraphiste envoie à travers l’espace infini des radio-télégrammes. Affolé, anxieux, il écoute s’il ne percevra pas le signal indiquant un secours rapide. En quelques minutes tous les passagers sont sur le pont. À moitié nus, la plupart en chemise de nuit, ils se précipitent vers les canots de sauvetage. Sur le pont, le capitaine continue à donner des ordres. Un garçon vient à lui avec une bouée de sauvetage : « Garde-là pour toi-même, mon garçon », dit le capitaine en se détournant ; il veut rester à son poste. Lorsque le cri « sauve qui peut » résonne dans les corridors du navire, Paul Chambray est plongé dans un rêve fiévreux. Sa première pensée en revenant à la réalité terrible va vers la danseuse. Il réussit à se placer avec elle dans un canot de sauvetage. Il cherche aussi à trouver le père de la danseuse, en vain. Le canot est mis à la mer, il s’éloigne du navire dans la tempête. Le capitaine, resté seul à bord, est englouti avec son bâtiment. Le lendemain matin, le pavillon de détresse est hissé sur le canot qui porte les naufragés. Le pavillon est aperçu par un bateau marchand, le Neptune, qui immédiatement prend toutes les dispositions pour le sauvetage des naufragés. Le quatrième jour après la catastrophe, la vigie crie ; « Terre, terre ! » Le souvenir de son père, qui, vraisemblablement, a été englouti par les flots, vient à la pensée de Jenny et, dans son abandon, elle se rapproche insensiblement du docteur Paul Chambray qui, pendant les jours de malheur, ne l’a pas quittée un seul instant. À leur arrivée à New-York, Chambray est reçu par ses amis, le docteur Schmidt et Jean Darcourt, qui l’invitent, ainsi que Jenny, à s’installer provisoirement dans la petite colonie d’artistes dont Jean Darcourt fait partie, et dont le sculpteur Rittent est président. Dans cette circonstance, de même que dans plusieurs autres semblables, Jenny le laisse décider pour elle, mais bientôt son caractère indépendant ne se laisse plus gouverner. À quelque temps de là, le docteur Paul Chambray rencontre chez son ami Rittent une de ses élèves, Miss Burns, sur laquelle il fait une grande impression. Son cœur, qui désire la paix, est attiré vers cette nature féminine, fine et aimable, mais, toujours sous le joug capricieux de la danseuse, Chambray n’a qu’une idée : s’y soustraire. Il se souvient que le docteur Schmidt, qui demeure hors de New-York, lui a proposé un séjour dans une petite maison dans les montagnes, et il lui télégraphie qu’il accepte son invitation. Les amis de New-York et Miss Burns l’accompagnent au train. Le docteur Schmidt a une clientèle modeste dans la ville de Handon. Il reçoit avec cordialité son ami, dont les nerfs sont épuisés, et le conduit directement au chalet de la montagne, qui est situé au-dessus de la limite des neiges éternelles. Il reste là dans l’isolement, malade de corps et d’âme. Il veut rester seul. « C’est un repos absolu qu’il me faut », dit-il. Peu de temps après que Chambray a quitté la colonie de New-York, y arrive un télégramme d’Europe lui annonçant la mort de sa femme Angèle. Jean Darcourt prie son ami, le docteur Schmidt, de porter à Chambray la triste nouvelle. Le docteur Schmidt se rend dans la montagne, porteur du triste message, qui ne peut que rouvrir les blessures du cœur de Chambray. En apprenant la mort de sa femme, Chambray tombe dangereusement malade. Lorsque cette nouvelle parvient à ses amis de New-York, Miss Burns prend une résolution subite : « Je vais partir le soigner », dit-elle. Sous ses soins experts, le docteur Chambray est bientôt rétabli ; la grâce souriante de sa garde fait pénétrer un rayon de soleil dans son cœur. Ensemble, ils font de longues promenades sur la limite des neiges éternelles. Dans une de ces excursions, ils s’arrêtent pour contempler le spectacle grandiose qui s’offre à leur vue. Les montagnes déploient devant eux leur panorama merveilleux, le soleil inonde la nature de sa beauté rayonnante et leurs cœurs, battant à l’unisson, se jurent un amour éternel. Les enfants du docteur Chambray vont retrouver une mère. (Le Courrier cinématographique, 28 février 1914, p. 75)
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