La catastrophe dans le dock, de Vilhelm Glückstadt
Titre : La catastrophe dans le dock
Titre original : Katastrofen i Dokken
Production : Filmfabriken Danmark
Réalisation : Vilhelm Glückstadt
Photo : Ludvig Lippert
Interprétation : Valdemar Møller (l'ingénieur Gersau), Hildur Møller (Anna Gersau, sa femme), Rasmus Ottesen (le médecin), Richard Jensen (l'ingénieur Roland), Gudrun Houlberg (sa sœur), Jonna Neiiendam (une vieille dame), Holger Mehnen (un participant au carnaval), Viggo Larsen (l'assistant de Gersau), Hakon Ahnfelt-Rønne, Peter S. Andersen, Otto Conradsen & Hugo Bruun (patients de l'hôpital psychiatrique)
Longueur :865 m. / 963 m. (France)
Sortie au Danemark : 24 novembre 1913
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 20 juin 1914, dans une distribution d’Antoine Bonaz qui le présente comme un film Ambrosio.
Note : Antoine Bonaz, qui ne distribuait plus alors les films de la Filmfabriken Danmark, propose mi 1914 un film qui semble italien puisque portant l’étiquette de ma marque turinoise Ambrosio : La catastrophe dans le dock. Ambrosio n’a en fait jamais produit de film portant ce titre, mais Katastrofen i Dokken de Vilhelm Glückstadt figure dans la liste des films approuvés par le Ministère de l’intérieur italien en janvier 1914 sous le titre Catastrofe ned dock, de la marque Danmark. C’est probablement ce film qui arrive ensuite en France via l’Italie et comme un film italien. De telles pratiques existaient alors et n’étaient pas facilement repérables.
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Ce n’est pas l’amour mais la nécessité qui a amené la belle Anna à épouser le célèbre ingénieur Gersau. La mort de son père avait entraîné des difficultés financières, et Anna était une jeune femme qui aimait être entourée de belles choses. Ainsi, lorsque le riche Gesau le lui propose au carnaval, elle lui promet de devenir sa femme, ce qui brise le cœur de Roland, son ami d’enfance. De son côté, par ses visites à Anna, Roland suscite la jalousie de Gersau. Mais les deux hommes finissent par redevenir amis. Gersau confie ses projets à Roland et, ensemble, ils se rendent sur le chantier du futur dock. Gersau montre à Roland le coffre où il range ses plans. Mais sa jalousie demeure. Un jour, après avoir allumé sous une cornue, il quitte son laboratoire pour surveiller ce que font Roland et Anna. Une explosion retentit dans le laboratoire et le bâtiment est rapidement la proie des flammes. Roland, brisant tous les efforts faits pour le retenir, se précipite alors dans la demeure en feu et, faisant preuve d’une grande audace, sauve les précieux plans de l’ingénieur. Pour sortir des flammes, il doit sauter d’une fenêtre élevée et en se blesse dans sa chute. Peu de temps après, alors que Roland se remet peu à peu de ses blessures et reçoit la visite d’Anna, le grand dock est inauguré. Mais pendant que l’ingénieur prononce son discours, les parois cèdent. Gersau et les autres participants sont emportés par les flots déferlants et l’ingénieur n’est sauvé qu’au prix de grandes difficultés. Sa femme apprend le désastre alors qu’elle est toujours au chevet de Roland, avec la sœur de celui-ci. La terrible catastrophe rend Gersau fou et il doit être interné. L’angoisse d’Anna est indescriptible, car elle a appris à aimer son mari calme et fort. À l’asile où elle lui rend visite, il ne la reconnaît pas et la repousse. Elle sent alors qu’elle n’a rien d’autre à faire que d’essayer d’oublier en se lançant dans une folle recherche du plaisir. Après des soins particulièrement attentifs reçus à l’asile, l’ingénieur en quelques mois montre des signes de rétablissement. Peu à peu, son bon sens lui revient et finalement il est libéré. Le jour où il recouvre sa liberté est le plus important de sa vie. Certes, il pensait encore au désastre qui avait fait échouer ses ambitions, mais, enfin, il pouvait désormais aller retrouver la femme qu’il aimait. Or, sur le chemin du retour, il aperçoit Anna avec Roland dans la foule enjouée du carnaval. La vieille jalousie revient, et il les suit, jusqu’à ce qu’il voit Roland déclarer son amour. N’en pouvant plus, il se précipite et chasse le traître. Puis il part, en proie à des émotions mitigées. Déchirant ses plus beaux atours, Anna le suit, implorant son pardon et lui avouant son amour. Il lui pardonne. (résumé Denis Ballu, d’après The Kinematogaph and Lantern Weekly, du 20 novembre 1913 et la vision des extraits subsistants du film)