Ève, la dernière valse, de Vilhelm Glückstadt

Publié le par Denis Ballu

Titre : Ève, la dernière valse / Eva (Suisse)

Titre original : Det blaa Blod

Production : Det skandinavisk-russiske Handelshus

Réalisation : Vilhelm Glückstadt

Scénario : Stellan Rye

Photo : Julius Folkmann

Interprétation : Elna Jørgen-Jensen (Eva Lange), Robert Schyberg (le comte Ove Sparre), Ellen Malberg (sa fille), Valdemar Møller (Von Lützen, jægermester), Gudrun Houlberg (Elisa, fille de propriétaire foncier et épouser du comte), Peter S. Andersen (le comte Siegfred Sparre), Richard Jensen, Grethe Ditlevsen, Hugo Bruun, Rasmus Ottesen, Einar Rosenbaum, Walt Rosenberg, Albert Luther, Emilie Smith, Wanda Mathiesen, Osvald Hansen, Gyrithe Hansen, Paul Huld, Georg Berthelsen, Bertha Seemann, Karl Merrild, Agnes Hansen, Christian Borgen, Fanny Andersen, Laura Møller, Helga Smith, Bodil Hartvig, Ragnhild Christensen, Ellen Fischer

Longueur : 910 m. (Suède)

Sortie au Danemark : 17 avril 1912

Sortie annoncée en France le 14 décembre 1912, dans une distribution de Georges Jannin et dans une autre de Georges Braun

Gudrun Houlberg & Robert Schyberg

 

Après une jeunesse mouvementée, le comte Ove Sparre s’est installé à Copenhague, où un petit poste dans un ministère lui assure une existence modeste. Son amie Eva Lange, avec qui il a un enfant, vit avec lui et gère sa maison. En partie par considération pour la cour, et en partie motivé par la réticence de l’aristocrate à épouser une bourgeoise, Ove Sparre a négligé de légitimer sa relation avec Eva, mais comme il l’aime et l’entoure de tout le confort et les soins que lui permettent ses moyens plutôt modestes, alors elle s’est calmée, espérant qu’il voudra bientôt de se marier légalement avec elle. Ove Sparre est le neveu d’un riche et vieux propriétaire terrien, le comte Siegfred Sparre, mais il n’a jamais espéré hériter quoi que ce soit de lui, car il n’a pas obtenu la moindre faveur de la part de ce parent aisé. Mais lorsque la mort approche le vieux comte fier de sa race, qui a vécu pendant de nombreuses années la vie d’un étranger dans son splendide château, rejette son aversion pour son neveu : dans son testament, il laisse tous ses biens et sa fortune à Ove Sparre. Les biens de la famille ne doivent pas être divisés ni tomber entre des mains étrangères. Le comte Siegfred a toujours placé le nom de famille au-dessus des sentiments purement personnels. Pour le vieux comte, aucune Eva Lange n’avait jamais existé, il n’avait aucune idée de son existence, et même s’il l’avait connue, il n’aurait guère modifié la clause du testament qui ordonnait au nouveau propriétaire de Gyldholm de conclure un mariage conforme à sa condition, car il n’y avait pas encore de barre sur les armes des Sparre, aucun « non né » ne s’était risqué pénétrer dans la noble maison. Lorsque le comte Sparre mourut quelques jours après avoir signé le testament, les événements suivants survinrent soudainement et de manière inattendue à Ove Sparre. Il devait quitter Copenhague, quitter sa maison, Eva, son enfant, et devant lui se trouvait un avenir, certes radieux, mais qui contenait néanmoins de nombreuses éventualités désagréables. Car le testament n’exigeait-il pas de lui qu’il prenne un parti digne de sa condition et qu’il rompe avec Eva ? Certes, le souhait du vieux comte n’avait aucune validité juridique, mais Ove Sparre ne pouvait pas se libérer complètement des mots écrits. Il essaya à plusieurs reprises de les repousser, mais sans succès. Et lorsque l’aumônier du château, l’ami le plus âgé et le plus intime du vieux comte, lui eut mis à l’esprit le respect de l’honneur et des fières traditions de la famille, il prit bientôt une décision et, par une lettre froide et professionnelle, rompit toute relation avec Eva, son amie de longue date, la mère de son enfant. Le changement de situation lié au voyage d’Ove Sparre avait rempli l’esprit d’Eva de beaucoup d’inquiétude, elle avait eu de nombreuses prémonitions, et pourtant l’annonce lui tomba dessus comme un coup de tonnerre. Elle ne voulait pas le croire, elle ne pouvait pas le croire. Un certain temps a passé : Eva pleure à Copenhague et Ove Sparre aménage sa nouvelle vie à Gyldholm. Il a fait la connaissance du propriétaire terrien von Lützen et de sa jolie fille. Sa fraîche jeunesse a profondément marqué le nouveau propriétaire terrien. Il profite de chaque occasion pour se retrouver avec elle et, lors d’une chasse qu’il a organisée, il la demande en mariage et obtient son oui. Eva comprend enfin que tout est perdu. Elle perd son sang-froid à cause de la trahison et se rend au domaine. Dehors, elle surprend Ove Sparre avec sa petite amie, ce qui conduit à une confrontation houleuse entre eux. Eva lui reproche avec des mots véhéments sa promesse non tenue, et sa colère d’avoir été déçue ne connaît aucune limite. Elle quitte rapidement le château avec son enfant, écrasée par le chagrin qui l’a frappée. Trois mois se sont écoulés : il y aura un mariage à Gyldholm. Parmi tous les gens joyeux et festifs qui se rassemblent dans le vieux château le jour du mariage, personne n’a remarqué une femme pâle et vêtue de blanc qui a couru toute la journée sans motif dans le parc du château. C’est Eva. La douleur l’a submergée, elle est en colère maintenant. Jusqu’au dernier moment, elle a espéré, mais elle a été déçue ; là où avant elle trouvait de l’amour, des mots froids l’atteignent. Elle s’est parée pour la fête : il y a des fleurs dans ses cheveux, des fleurs sur sa poitrine, mais ses grands et beaux yeux brillent d’un éclat étrange et son visage est ravagé par les larmes. Le dîner bat son plein. Von Lützen, le père de la mariée, prononce un discours qui amuse la compagnie enjouée. Puis Eva et son enfant entrent dans la salle, et tout bavardage et toute gaieté cessent soudain. « ... J’arrive !... J’arrive ! » crie-t-elle et sa voix se fait entendre dans toute la grande salle. Elle est emmenée dans le couloir, mais elle parvient à se libérer des serviteurs qui l’ont neutralisée et s’enfuit dans la nuit. L’enfant reste sur place, car les domestiques ont senti qu’Eva est folle et personne n’ose plus lui confier l’enfant. Tout est allé vite, mais la mariée et les invités ont tout compris, et des aveux mouvementés ont lieu entre Ove Sparre et sa fiancée. Eva retourne une fois de plus vers le château. Pendant que la danse se déroule dans la salle des chevaliers, elle entre et tout le monde se fige d’horreur. Personne ne peut l’attraper, personne ne peut l’atteindre. Eva danse, une danse de la mort folle et agitée. La folie est dans ses yeux, elle ne comprend rien, ne comprend plus rien, elle ne veut qu’une chose : danser. Peu de temps après, elle tombe morte, entourée des bras d’Ove Sparre. Il est submergé d’émotions contradictoires, de remords et de douleur, et pendant que les invités se retirent le plus rapidement possible, Ove Sparre est conduit par une force invisible jusqu’au lit d’Eva, où il s’effondre en sanglots. Intérieurement bouleversée, la mariée quitte le château. Sa douleur et sa colère sont plus grandes que son amour à ce moment-là. Personne ne peut la retenir. Dans le couloir, cependant, elle trouve l’enfant d’Ove Sparre... et son père part seul. Elle a pitié de l’orpheline. Peut-être comprend-elle aussi qu’elle a jugé trop durement auparavant et que dans la vie de chaque personne, il y a des événements qui nécessitent tolérance et compréhension… Elle prend dans ses bras le petit enfant effrayé et retourne vers son mari, qui s’est retiré profondément secoué. Il regarde ses ancêtres sur le mur – le sang bleu – les grands hommes du royaume… Mais que n’a-t-il pas réussi à faire lui-même ? Son bonheur tranquille, son amie et maintenant aussi son épouse : il a tout perdu. Puis sa femme revient avec son enfant, et il comprend qu’il n’est pas seul et abandonné, mais que la vie a encore beaucoup à lui apporter. (adaptation programme danois Denis Ballu)

 

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