L’incendie du cirque, d’Einar Zangenberg
Titre : L’incendie du cirque
Titre original : Den store Cirkusbrand
Production : Kinografen
Réalisation : Einar Zangenberg
Interprétation : Frederik Christensen (le directeur du cirque), William Bewer (Leonard, clown musicien), Edith Buemann Psilander (Nora, sa femme), Henry Seemann (Brian, équilibriste), Alfi Zangenberg (Carmen, chanteuse)
Longueur : 1100 m. / 1085 m. (France)
Sortie au Danemark : 15 septembre 1913
Annoncé en France dans le Courrier cinématographique du 4 octobre 1913, dans une distribution de l’Agence Générale Cinématographique (AGC).
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Brian, un jeune artiste de cirque à la recherche d’un engagement se présente au bureau du directeur du théâtre de variété et, puisqu’il fournit la preuve de son talent d’équilibriste, il est engagé pour exécuter son numéro particulier sur un monticule de tables et de chaises. En quittant le bureau, il rencontre pour la première fois le clown musicien Leonard et son épouse Nora, qui fait une forte impression au jeune artiste. Leonard qui est engagé au même théâtre de variété fait une cour ardente à Carmen, tandis qu’il est violent et brutal envers sa femme et leur enfant. C’est le soir où Brian doit débuter avec son périlleux numéro d’équilibriste. À mesure qu’il grimpe sur les quatre étages de tables empilées et, les chaises empilées encore au-dessus, la tension augmente dans le public. Et quand il s’assoit sur la plus haute chaise de l’édifice, le silence oppressant se mue en un tonnerre d’applaudissements. Nora, qui, anxieuse, a suivi tous ses mouvements, le félicite et lui serre la main, et la poignée de main qu’ils échangent est le signe de la grande amitié qui s’est nouée entre eux deux. Et quand, le lendemain, Nora confie à Brian qu’elle n’est pas heureuse en ménage avec un mari infidèle et déraisonnable qui se vante que lui et sa femme ont été engagés au fameux cirque Brown, Brian lui promet d’être toujours un ami fidèle et envoie un télégramme au cirque Brown : « Mon numéro sensationnel est disponible pour l’été ; télégraphiez réponse ; Brian, le roi des équilibristes. » Le télégraphe apporte la réponse : « Proposition acceptée, contrat expédié. » Le grand cirque Brown a dressé son chapiteau sur un espace dégagé à proximité d’un grand moulin à vent. Par une chaude matinée d’été, après la répétition, les artistes se reposent, lisent ou s’exercent. Les conversations tournent évidemment sur la vie des artistes et le toujours méchant et vantard Leonard, jaloux du succès de Brian, le taquine et lance : « Vous des artistes ? Des faiblards, oui ! Qui pourrait faire le poirier sur une aile du moulin ? » Alors Brian se lève : « Je vais vous montrer que j’ose le faire. » Une acclamation, mêlée à un murmure d’anxiété, traverse l’assistance. L’instant d’après, Brian enlève sa veste et grimpe adroitement sur l’aile du moulin. Là-haut, il n’a pas entendu le muet soupir d’avertissement qui s’est élevé du cœur d’une femme inquiète là-bas dans l’assistance. Il grimpe maintenant le long de l’aile verticale du moulin. Un mauvais œil le surveille d’en bas. Un démon se réveille en Leonard. Maintenant, il va pouvoir se venger de l’homme qu’il déteste. Furtivement, il se faufile dans le moulin, jette un coup d’œil dehors et voit que maintenant il est tout en haut. Et au moment même où Brian est sur le point de réaliser son exploit, soulevant ses jambes dans l’air, Leonard se précipite sur le démarreur et l’enclenche. Le moulin est mis en marche. Un cri d’effroi monte des spectateurs. Les ailes du moulin fendent l’air. À l’extrémité de l’une d’elles, Brian s’accroche convulsivement. S’il saute, il sera la proie certaine de la mort. Tous les gens sont paralysés. Enfin une femme, la femme qui est la plus effrayée par la vision, se précipite dans le moulin. Elle veut l’arrêter, mais elle ne connaît pas le mécanisme et ses mauvaises manœuvres augmentent la vitesse des ailes. Un artiste lui vient alors en aide et enfin le moulin arrête sa course effroyable. Brian, à moitié mort, est transporté hors du moulin. Le scélérat, qui n’a pas obtenu le résultat escompté, se cache. À la représentation de l’après midi, le chapiteau bien rempli exulte devant les différents numéros, mais surtout devant celui de Brian qui est vraiment exceptionnel. Alors que celui-ci se déroule, un violent orage s’abat sur la ville. Le tonnerre gronde et les éclairs se succèdent les uns après les autres dans le ciel. Juste au moment où le directeur donne l’ordre de surveiller l’écurie, on entend une explosion : la foudre a frappé les stalles proches du cirque. Immédiatement, elles s’enflamment et l’instant d’après le feu gagne le chapiteau où de puissantes flammes dévorent tout. Horrifiées et paniquées, les nombreuses personnes se précipitent vers la sortie alors que le feu continue à se propager. Les chevaux ont été sauvés et tous les gens semblent avoir réussi à sortir du cirque quand il s’embrase totalement. Traversant la foule, Nora crient soudain : « Mon mari est resté dedans ! » Dans la panique générale, une table est tombée sur la tête du clown qui a été assommé sous le coup et gît maintenant inconscient sous la tente. On la retient, mais Brian, avec courage et au péril de sa vie, bondit et, au dernier moment, sauve Leonard du feu et l’emmène dans le moulin. Cependant, le choc émotionnel dont a été victime Leonard l’a rendu passablement fou et, quand il se rend compte qu’il est à l’intérieur du moulin, sa mauvaise conscience le ronge et, dans son délire, il remet le moulin en route. On comprend alors qui était le coupable. La troupe du cirque a été dissoute et, six mois plus tard, quand Brian sort de l’hôpital, sa première visite est pour Nora, qui maintenant vit seule et gagne sa vie en enseignant la danse. En chemin, il aperçoit des jeunes de la rue qui se moquent d’un « fou ». C’est Leonard, resté idiot, qui tourne autour d’eux jouant sur un violon fait avec une boite à cigares. Quand, le lendemain, Brian se rend chez sa chère Nora, il lui montre un article qui indique : « Le célèbre original au violon en boite à cigares a été trouvé mort hier à l’entrée de la petite église du Christ, sa tête fatiguée reposant sur son violon. » Ils laissent échapper un soupir et chacun serre les mains de l’autre dans une entente silencieuse sur leur avenir. (adaptation programme danois Denis Ballu)