Le rocher de la mort, d'Einar Zangenberg

Publié le par Denis Ballu

Titre : Le rocher de la mort

Titre original : Dødsklippen

Production : Kinografen

Réalisation : Einar Zangenberg

Scénario : Elna From

Interprétation : Ella la Cour (Ella, veuve de pêcheur), Einar Zangenberg (Jørgen, son fils), Adolf Tronier Funder (Schmidt, le propriétaire de l'hôtel), Edith Buemann Psilander (Francis, sa fille), Hulda Lauritzen (Sonja, dame de compagnie)

Longueur : 820 m. / 830 m. (France)

Sortie au Danemark : 24 novembre 1913

Annoncé en France dans le Courrier cinématographique du 8 novembre 1913, dans une distribution de l’Agence Générale Cinématographique (AGC).

 

C'est sur Bornholm, la grande île rocheuse à la nature particulièrement belle que se déroule cette histoire. Sur une plage entourée de hauts rochers où les vagues se brisent sur des écueils, dans une petite cabane de pêcheurs, habite la veuve d'un des meilleurs pêcheurs de l'île. Elle s'appelle Ella et vit seule avec son fils Jørgen, un beau mec en bonne santé, qui doit maintenant gagner son pain et celui de sa mère. Et la vieille aime son « garçon ». Il est tout pour elle. Et Jørgen est vraiment un bon fils qui ne rechigne pas au travail et pense seulement à remplir de joie sa mère. Mais ce paisible bonheur ne restera pas longtemps paisible. Dans la capitale, le patron d'hôtel Schmidt est assis derrière son bureau. Il reçoit un télégramme du gérant de l'hôtel balnéaire qu'il possède sur l'île rocheuse qui lui demande de venir immédiatement. Du bureau, il téléphone à sa fille, Francis, une joyeuse jeune fille, pour lui demander si elle veut l'accompagner pour son voyage. Francis n'hésite pas et, accompagnée par sa dame de compagnie, Sonja, elle fait rapidement ses valises. Quand la voiture de l'hôtel arrive au vapeur, les trois voyageurs en descendent. Le jeune pêcheur Jørgen est dans l'entrée. C'est un collecteur d'œufs passionné et il les propose à l'hôtel. Comme Francis se montre profondément admirative de la fraîcheur du jeune garçon, il devient complètement ensorcelé par la jolie jeune dame. Le lendemain, après que le café ait été dégusté sur la terrasse de l'hôtel d'où la vue est magnifique, Francis veut faire une promenade à cheval. Elle revêt sa tenue d'équitation et part à cheval dans la jolie région. Jørgen est en train d'abattre des arbres dans la forêt. Quand Francis arrive à cheval, elle le découvre. Elle trouve le jeune homme très agréable et voudrait le connaître davantage. Elle lui demande de lui indiquer son chemin, ce que Jørgen est tout heureux de faire. C'était la seconde rencontre de Jørgen avec la jolie jeune dame et ses pensées s'attardent sur elle quand, dans l'après midi, il grimpe sur les plus hauts et dangereux rochers pour chercher des œufs. Pendant ce temps, Francis et son amie vont à la plage, Francis voulant se baigner. Elles sont toutes les deux joyeuses et exaltées, et quand elles lèvent les yeux sur Jørgen, qui a trouvé des œufs là-haut sur « le rocher de la mort » et est maintenant assis en train de les classer, Francis a une idée : Faire semblant de se noyer pour effrayer le jeune homme. Elle nage parmi les rochers, tandis que Sonja, souriante, attend ce qui va se passer. Soudain, Jørgen entend des cris de détresse, en même temps que Sonja se précipite et appelle à l'aide. Quand il voit la jeune fille flottant inconsciente, sans hésiter, il plonge du rocher dans la mer, nage vers elle et ramène la prétendument inconsciente sur le rivage. Avec toute son énergie, il tente de la ramener à la vie. Comme il voudrait la sauver ! Soudain, elle jette ses bras autour de son cou, l'attire et l'embrasse sur les lèvres. Qu'est que c'est que cela ? Il est pétrifié. Un sentiment nouveau et inconnu s'empare de lui et, indépendamment de sa volonté, il la serre farouchement contre lui. Mais maintenant, pour elle la blague est terminée, elle le repousse, éclate de rire et se précipite vers Sonja pour se rhabiller. Jørgen la regarde amoureusement s'éloigner. Dans la cabane, il ne reste rien du vieux bonheur. Ella ne comprend pas pourquoi son cher enfant n'est plus le même. Il néglige son travail, reste silencieux et troublé. Elle le supplie vainement de lui dire ce qui ne va pas. Mais dans la belle nature, Francis mène son jeu, son jeu amoureux avec le garçon du pêcheur. Peu après, la vieille apprend ce qui est en chemin. Un jour, alors qu'elle est partie seule travailler dans la forêt et chercher du petit bois, elle aperçoit le couple et elle comprend : « Ainsi, c'est donc elle. » Et quand, peu après, elle croise Francis, elle l'arrête. Elle veut obtenir une réponse. Elle prie, mendie : « Aimez-vous mon fils ? Allez-vous l'épouser ? » Mais, comme elle n'obtient qu'un rire comme réponse, elle gémit : « Je vous supplie de me laisser mon fils, mon seul enfant, ma consolation et ma joie ! » Et tristement, la vieille rentre chez elle, où son fils est couché, la tête remplie de rêves... « d'elle » ! Le lendemain, Jørgen attend à l'endroit habituel, en vain. Il ignore qu’il a été décidé que son amoureuse doit partir. Quand la voiture avec les trois voyageurs passe et que Francis embrasse son père, il la regarde étonné. Il n'y comprend rien. La voiture s'arrête devant une cabane et on demande à boire à une femme, car Francis est assoiffée. La femme, Ella, revient avec de l'eau et reconnaît la jeune fille. Au même moment, Francis, qui profite de la vue, découvre Jørgen au sommet du plus haut rocher. La vieille est hors d'elle, de douleur et de colère. Dans un accès de rage, elle saisit une hache et la soulève contre celle qui lui a volé son bonheur. Quand, au sommet du rocher, Jørgen est témoin de la scène, il est horrifié, trébuche sur le sommet du rocher et, avec un cri, tombe dans les profondeurs. La mère lâche la hache et tous se précipitent vers le lieu de l'accident. « Le rocher de la mort » a exigé son offrande. (adaptation programme danois Denis Ballu)

 

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