À l’ombre du trône, d'Einar Zangenberg

Publié le par Denis Ballu

Titre : À l’ombre du trône

Titre original : I Tronens Skygge / Prinsessens store jagt

Production : Kinografen

Réalisation : Einar Zangenberg

Scénario : Leopold Wondt

Interprétation : Anton de Verdier (le prince Otto), Frederik Christensen (le garde forestier Kaas), Ella la Cour (sa femme), Ellen Rassow (Ellen, leur fille), Emma Wiehe (la tante d’Ellen, prieure)

Longueur : 980 m. / 1050 m. (France)

Sortie au Danemark : 16 février 1914

Sortie annoncée en France dans Le Courrier cinématographique du 15 novembre 1913, dans une distribution de l’Agence Générale Cinématographique (AGC).

1er acte : La chasse du prince. Dans le vieux monastère en pierre, les nonnes, après la réunion de prière, se rendent dans le magnifique jardin, où la novice Ellen se réjouit de la splendeur des fleurs. Ellen, jeune et charmante fille du garde forestier, est en visite au monastère dont sa tante est la prieure. La femme du garde forestier vient alors au monastère pour ramener sa fille à la maison, et peu de temps après, elles sont accueillies par son père, le joyeux forestier Kaas, connu comme un homme courageux et un chasseur habile. Le prince Otto est en garnison comme lieutenant dans la petite ville de province. Mais à cette heure, lorsque la chasse bat son plein, il y pense indéniablement plus qu’aux exercices. Un jour, le prince organise une chasse dans les vastes forêts de la région. Le garde forestier reçoit l’ordre de préparer tous les chiens. Ellen aide à nourrir les adorables animaux. Dans la chambre du prince, son ordonnance reçoit ses ordres – comme d’habitude sur un ton doux et amical – et le prince Otto vient prendre son café du matin lorsqu’il entend le bruit de sabots et les aboiements des chiens dans la cour. C’est la grande troupe de chasse venue chercher Son Altesse. Peu après, ils s’en vont tous et la chasse commence. Ils galopent à travers la campagne, franchissant fossés et clôtures. Bientôt, un troupeau de magnifiques animaux, est repéré. Cerfs et daims tentent de fuir pour se sauver. Le prince, qui poursuivait alors un magnifique cerf, a été légèrement distancé et se lance à la poursuite des autres chasseurs. Soudain, son cheval trébuche, et le prince, tombé sur la tête, gît allongé inconscient sur sol. Une partie du groupe de chasseurs, à la recherche de Son Altesse, découvre avec consternation ce qui s’est passé, et le prince est rapidement transporté à la demeure du garde forestier. Ellen sursaute en voyant les gentilshommes porter le prince, et elle se précipite devant eux dans la maison où le malade est mis au lit. Lorsque le prince ouvre les yeux un peu plus tard, il est désorienté, mais il est rassuré de se retrouver gardé et soigné par une belle jeune fille. Celle-ci, alors qu’il la suit du regard, rougit et baisse les yeux. Elle raconte au prince comment tout s’est passé, et il la remercie, le regard subjugué par la jeune fille embarrassée.

2e acte : La fille du garde forestier. Peu après, le prince Otto se rétablit et, alors qu’il se promène seul dans la forêt, son visage s’illumine de joie lorsqu’il aperçoit Ellen, dont il est désormais complètement épris. Mais Ellen est timide et tente de se cacher derrière un arbre, en vain. Le prince lui prend les mains et, dans ce magnifique endroit au bord de l’eau, il lui déclare son amour sans réserve. – Est-ce un rêve ? – Elle ne comprend rien. Bien sûr qu’elle l’aime, mais… il est un prince et elle n’est qu’une vulgaire fille de la campagne. Mais le regard sincère du prince Otto plonge dans le sien, rayonnant de joie, et elle cache sa tête contre sa poitrine. Devant la demeure du garde forestier, des officiers à cheval arrivent. Ce sont les amis du prince qui doivent le raccompagner jusqu’au régiment. Dans le jardin, le prince dit au revoir à sa bien-aimée Ellen. Il lui passe une bague au doigt, elle jette ses bras autour de son cou, un dernier baiser, et il s’en va avec les autres, tandis que tristement elle lui fait un signe, le regard fixe. 14 jours plus tard, Ellen reçoit une merveilleuse lettre : « Chère petite Ellen ! Je viendrai demain. Ton Otto. » Et le lendemain matin, Son Altesse donne à son ordonnance, avec une tape amicale sur l’épaule, l’ordre de se préparer pour une excursion. L’ordonnance sourit avec compréhension. Puis un télégramme arrive, qu’il ouvre et lit : « Souverain mort cette nuit. Venez immédiatement. Train spécial. Serbowitz. » Le visage du prince change de couleur et il regarde devant lui avec désespoir. Ellen, qui se réjouit profondément de la visite, s’est faite belle et, prête à accueillir son bien-aimé, elle scrute la grande route. Que voit-elle ? L’ordonnance du prince, seule. Elle pâlit lorsqu’il saute de cheval et lui annonce la nouvelle : « Il ne viendra pas. » D’un pas hésitant, elle s’éloigne en pleurant. Le train spécial arrive en gare de la ville de résidence. Le prince Otto descend et, après la réception, se rend à l’église, où le souverain repose sur le castrum doloris. Le prince s’attarde près du cercueil, puis se rend au château. Là, les ministres sont réunis et, à l’apparition du prince, un silence solennel s’installe. Le testament du souverain est lu. Lorsque le lecteur arrive à : « … et c’est donc mon souhait le plus cher que l’héritier du trône, après ma mort, épouse la princesse Louise de… », le prince chancelle et a du mal à se tenir debout. Tous ses projets sont-ils ruinés ? Sa chère petite Ellen ?

3e acte : L’entrée au monastère. Le lendemain, lorsque les journaux arrivent à la propriété du garde forestier et que la petite Ellen, tourmentée, apprend le mariage imminent du prince – son prince –, son dernier espoir s’effondre. Tout le prix de la vie semble s’évanouir pour elle. Dans son profond désespoir, elle prend une décision. Et peu après, la jeune fille frappe à nouveau à la porte du monastère. Cette fois pour demander à être acceptée comme nonne. Les braves gens du garde forestier trouvent une lettre d’elle : « Ne vous inquiétez pas. Je suis au monastère, où je veux rester. » Mais le prince héritier Otto n’a pas oublié sa chère Ellen et, quelques jours plus tard, il se rend au domaine du garde forestier pour la voir et lui parler. Pour toute réponse, ses parents lui montrent sa lettre. Quittant la demeure du garde forestier, Son Altesse se dirige vers le monastère. Lorsqu’on découvre qui il est, on l’accueille avec révérence. Dans la charmante église de ce vieux monastère, se déroule actuellement l’ordination solennelle d’une jeune novice en tant que nonne. Au fond de l’église, le prince est assis, silencieux et pensif. La cérémonie est terminée. Les religieuses sortent en procession. La nouvelle admise repose en prière silencieuse devant l’autel. Elle se lève et suit la procession. Quand elle passe devant le prince, il la fixe du regard. Elle lève les yeux. Un petit cri s’échappe de ses lèvres. Elle chancelle. Un dernier regard, puis elle s’éloigne. Le prince Otto reste près de la rangée de bancs. Son regard la suit tandis que son cœur est sur le point d’exploser. (adaptation programme danois Denis Ballu)

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article