Les filles du capitaine de vaisseau, de Leo Tscherning
Titre : Les filles du capitaine de vaisseau
Titre original : Kommandørens Døtre
Production : Nordisk Films Kompagni
Réalisation : Leo Tscherning
Scénario : Axel Garde, d’après le roman éponyme (1886) de Jonas Lie, traduction française d’Aline Toppelius, sous le titre : Les filles du commandant, Albert Savine (Bibliothèque cosmopolite), 1895, XII + 275 p.
Interprétation : Clara Wieth (Marthe, la fille du commandant), Carlo Wieth (Jan Børresen / Jean Guibray, le neveu du commandant Krag / Barfleur), Frederik Jacobsen (le médecin), Marie Dinesen (la femme de chambre), Augusta Blad, Maja Bjerre-Lind, Cajus Bruun, Lily Frederiksen, Alma Hinding, Ella Sprange, Doris Langkilde, Maggi Zinn, Torben Meyer
Longueur : 725 m.
Sortie au Danemark : date inconnue, film produit en 1912
Sortie annoncée en France dans le Courrier cinématographique du 3 janvier 1913, dans une distribution de Louis Aubert
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La famille Barfleur est une vieille famille distinguée de mœurs austères, qui n’admet pas les idées modernes. On ne rit guère dans cette maison, où tout est convenance, et la fille cadette du capitaine, la jeune Marthe, si vive, d’un caractère si gai, est vraiment à plaindre. Elle et son jeune cousin, Jean Guibray, qui est élevé dans la maison, cherchent en cachette à se dédommager des rigueurs d’une éducation trop sévère ; mais Mme Barfleur a l’œil sur eux. Elle fait ce qu’elle peut pour réprimer leur gaieté. Tout naturellement, l’amour naît de la sympathie, et c’est un coup cruel pour les deux jeunes gens d’apprendre par une lettre du père de Jean, qu’on a décidé qu’il sera marin et qu’il quittera le lendemain même la maison de son oncle pour partir au long cours avec le navire la Naïade. Selon toute probabilité, ce voyage durera plusieurs années. Aussi Jean et Marthe pensent-ils que le plus sage sera de demander aux parents de Marthe leur consentement à leur union. Le consentement une fois obtenu, la séparation sera moins triste. Plein de confiance, Jean fait sa demande. « Vous êtes encore trop jeunes », dit Mme Barfleur, et sa décision est irrévocable. Le refus catégorique de Mme Barfleur est une déception cruelle pour les deux jeunes gens, mais ils sont confiants dans l’avenir, et c’est le cœur rempli d’espoir que Jean part en voyage. Trois ans se sont écoulés. Un jour, Marthe reçoit enfin une lettre de son cher Jean qui lui fait part qu’il est devenu lieutenant, et que la Naïade touchera à Bergen dans peu de jours. Il profitera alors de l’occasion pour renouveler sa demande en mariage. Jean revient, mais il est de nouveau éconduit. Mme Barfleur déclare, en effet, très catégoriquement, que jamais elle ne consentira à l’union de Jean et de Marthe. « Sa fille n’épousera jamais un homme sans fortune. » Les deux jeunes gens implorent sa pitié, mais elle reste inexorable. Dans quelques jours, Jean va repartir pour un long voyage, mais avant son départ, il fait avec Marthe un pacte pour toute la vie. Cependant Marthe, restée seule à la maison, pense toujours à Jean et à son amour. Un jour, la Naïade est surprise par une tempête dans la Mer du Nord. Le capitaine ordonne à Jean de monter au grand mât pour amener le hunier, et subitement une grosse lame s’abat sur le navire par tribord. Jean perd pied. Les vagues l’emportent. On donne l’alarme ; une des embarcations est mise à l’eau, mais en vain. Il ne revient plus à la surface. En apprenant sa mort, Marthe s’évanouit. Le médecin qui l’examine prévient les parents qu’elle va être mère. Mme Barfleur accable de reproches la pauvre fille, mais le capitaine y met le holà, et envoie Marthe à la campagne, chez une tante où, à quelque temps après, elle met au monde un joli bébé. À son retour, les parents refusent absolument de recevoir l’enfant, qui est mis en nourrice à la campagne. La pauvre Marthe se consume de chagrin de la mort de Jean et d’être séparée de son enfant. Cécile, sa sœur aînée, compatit à son malheur. Un jour, elle va chercher à la campagne l’enfant de Marthe pour lui donner un peu de joie. Pendant son absence, Marthe tombe gravement malade ; Cécile revient avec l’enfant juste à temps pour que la mère douloureuse puisse avoir le bonheur de le presser sur son cœur, son pauvre petit, avant d’aller rejoindre au Paradis l’époux disparu. (Le Courrier cinématographique, 3 janvier 1913, p. 33)