La suffragette, d'Eduard Schnedler-Sørensen

Publié le par Denis Ballu

Titre : La suffragette / Le vote féminin (Marseille) / Les suffragettes (Suisse) 
Titre original : Stemmeretskvinden / Kvinderegimentet
Production : Nordisk Films Kompagni 
Réalisation : Eduard Schnedler-Sørensen
Scénario : Martin Jørgensen
Photo : Carl Ferdinand Fischer 
Interprétation : Oscar Stribolt (le colonel von Kuhnau / Tonneau), Amanda Lund (sa femme), Agnes Texiere (Ellinor / Louisette, leur fille), Lauritz Olsen (Albert, leur fils), Frederik Buch (von Puppenstock / Petitrond), Carl Alstrup (Harden / Legentil, étudiant en droit), Felumb Friis (Mlle Samson / Dalila Lefort, féministe), Ingeborg Jensen, Charles Willumsen, Ingeborg Bruhn Bertelsen, Holger Syndergaard, Gabi Lijon, Birger von Cotta-Schønberg, K. Christensen
Longueur : 698 m. / 715 m. (France)
Sortie au Danemark : 27 avril 1914
Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 9 mai 1914, dans une distribution de Louis Aubert

Lauritz Olsen & Carl Alstrup (travesti)

    Mme la colonelle Tonneau est une maîtresse femme, et son mari se garde bien de la contredire. Leur fille, Mlle Louisette, marche sur les brisées de Mme sa mère et de plus... elle est suffragette. Or, même une suffragette peut trouver son maître ; c’est le cas de Mlle Louisette. Un jour, Albert, son frère, reçoit la visite de son ami M. Legentil, docteur en droit. Celui-ci s’éprend de Louisette mais, intimidé par la froideur de la jeune fille, il confie son secret à Albert. Legentil ayant une très belle position, Albert ne demanderait pas mieux que de le voir épouser sa sœur, mais il est pourtant obligé de lui confier ses craintes : le matin même, Louisette a été priée par le Comité électoral des femmes d’accepter la mission de candidate aux prochaines élections pour le conseil municipal. Il se peut que, dans ces conditions, elle reçoive avec mépris tout hommage qui ne s’adresserait qu’à sa qualité de femme. Dans la matinée du lendemain, Louisette reçoit du bureau central de l’Union pour le suffrage des femmes un télégramme annonçant que la célèbre meneuse, Mlle Lefort, est en route pour appuyer sa candidature. C’est avec joie que Louisette apprend cette heureuse nouvelle. Albert promet bien de faire tout son possible pour empêcher l’élection de sa sœur. Pour se rendre à la ville, Mlle Lefort doit changer de train à quelques stations de là. Sans perdre un instant, les jeunes gens partent pour la gare. Il s’agit tout d’abord de faire manquer à Mlle Lefort le train qui doit la conduire à destination. Albert, grand charmeur, se charge de cette mission. Lorsque celle-ci s’en aperçoit, il est trop tard et elle doit passer la nuit dans un hôtel de la ville où elle se trouve. Albert et Legentil s’y installent aussi. Au milieu de la nuit, Albert se glisse tout doucement dans la chambre de la suffragette, s’empare de sa perruque et de ses vêtements et les remet à Legentil qui va jouer le rôle de la meneuse. La pseudo Mlle Lefort prend ensuite le train pour la cession où l’attendent anxieusement toutes les suffragettes. Dans un meeting qui a lieu après l’arrivée de Mlle Lefort, Louisette expose son programme : elle réclame pour les femmes les mêmes droits politiques que pour les hommes. Après elle, Mlle Lefort prend la parole. Celle-ci demande plus encore... « Seules les femmes auront droit de suffrage ! » Le discours de Mlle Lefort, reçu tout d’abord avec un peu d’étonnement, soulève bientôt des applaudissements nourris. Et l’orateur conquiert tout à fait les esprits et les cœurs. On le supplie de porter sa candidature. Après quelques hésitations, elle y consent pourtant. Louisette est furieuse, car elle comprend qu’elle ne triomphera jamais d’une telle adversaire. Grand est son désespoir à la dépouille du scrutin, lorsqu’elle apprend que sa rivale est élue. Peu après arrive Mlle Lefort. À peine descendue de l’auto, elle rencontre son sosie que l’on porte en triomphe. Sur ses explications, les suffragettes comprennent la plaisanterie dont elles furent victimes. Albert, démasqué, doit céder son siège au Conseil municipal à Mlle Lefort. Lorsque Louisette apprend ce qui s’est passé, elle comprend que seule une profonde affection a pu dicter à Legentil l’idée de se conduire ainsi et, renonçant pour toujours aux luttes politiques, elle se promet de réserver toute son activité à la bonne administration de son futur ménage. Peu après, on célébrait l’union de Louisette et du docteur en droit, M. Legentil. (Ciné-Journal, 9 mai 1914)

 

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