La main qui prend, réalisateur inconnu
Titre : La main qui prend ou L’histoire d’un kleptoman
Titre original : Haanden, der griber
Production : Filmfabriken Danmark
Réalisation : inconnu (peut-être Vilhelm Glückstadt ou Kay van der Aa Kühle)
Photo : Julius Folkmann
Interprétation : Valdemar Møller (Karl af Clewe, kleptomane), Gunnar Helsengreen (V. Strahl, usurier), Rasmus Ottesen (Dr Miracle, détective), Peter S. Andersen (Sterner, banquier), Gudrun Houlberg (sa fille), Richard Jensen (le comte Hamilton, lieutenant de la garde), Georg Berthelsen (le colonel), Christian Borgen (un militaire), (et peut-être Hildur Møller & Emanuel Gregers)
Longueur : 918 m. / 981 m. (France)
Sortie au Danemark : 14 août 1913
Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 2 août 1913, dans une distribution de Charles Helfer
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Le lieutenant Hamilton, du Corps de la Garde, doit épouser Molly Sterner, la fille d’un banquier. Ce dernier reçoit la visite du comte de Cleve et lui montre le célèbre collier en brillants Médicis, cadeau de mariage de sa fille. Le comte, kleptomane invétéré, dont les méfaits n’ont jamais été découverts, est troublé par la présence des pierres précieuses. Bien qu’il le dissimule devant le banquier, on remarque la détresse qui se lit sur son visage tandis qu’il résiste à la tentation, tout en s’appropriant discrètement un objet insignifiant posé sur le bureau du banquier. Tandis que le banquier et son visiteur discutent du mariage imminent, le futur marié est chez lui, s’inquiétant d’une lourde dette arrivant à échéance le matin même de son mariage. Juste avant qu’il ne parte pour la cérémonie, Strahl, son créancier, un usurier notoire, apparaît. Le lieutenant ne peut pas le rembourser. Strahl s’y attendait et arrive préparé à la chose. Il apporte une imitation du collier des Médicis et exige qu’Hamilton le substitue à l’authentique, pendant que les cadeaux de mariage seront exposés. Le lieutenant refuse de s’associer à un complot aussi infâme, mais Strahl insiste pour que le collier lui soit apporté en garantie de la dette, et le malheureux marié finit par glisser l’imitation dans sa poche. Après la cérémonie et le repas de noces, les cadeaux sont exposés, et le collier scintillant attire le comte de Cleve avec une fascination sinistre. Après une rude bataille contre sa conscience, le comte prend habilement le collier sur son écrin de velours et se précipite hors de la pièce. Un instant plus tard, Molly exprime le désir de porter le cadeau de son père et envoie son mari le chercher. En s’approchant de la table où sont disposés les cadeaux, il est horrifié de constater que le collier a disparu. Il se rend compte qu’il ne pourra pas satisfaire la demande de Strahl, et le souvenir aigu de l’attitude menaçante de l’usurier lui revient en mémoire. Nerveusement à bout et l’esprit embrouillé, il est obsédé par l’idée qu’il est venu échanger le collier contre l’imitation sans valeur qui repose dans sa poche, et intuitivement, il met, contre sa volonté, son projet à exécution, en déposant la réplique sur l’écrin vide. Le lieutenant revenant sans le collier, le père de Molly va pour le lui apporter, mais il remarque rapidement la substitution. Il fait immédiatement venir le docteur Smart, spécialiste en criminologie, qui commence à tisser une toile qui va engloutir à la fois l’usurier et le kleptomane. Le premier indice du docteur Smart est une cigarette grillée, une de la marque fumée par le comte de Cleve. Son second est l’information selon laquelle Strahl, l’usurier bien connu, a acheté une réplique du collier Médicis, une procédure rendue suspecte, compte tenu du fait, comme il l’apprend, que le lieutenant Hamilton est lourdement endetté envers le prêteur sur gages. Le docteur Smart rend immédiatement visite à Strahl sous l’apparence de l’oncle d’Hamilton et, avec une franchise feinte, il propose de déposer le collier Médicis en garantie de la dette de son neveu. Strahl, ignorant tout du vol, est fou de joie ; mais, en quittant la pièce pour tester les pierres, il découvre bientôt que le pseudo-oncle d’Hamilton a l’intention de le piéger avec sa propre imitation. Pendant l’absence de Strahl, le docteur Smart découvre la facture du collier frauduleux et il se prépare à un dénouement saisissant lorsque le prêteur sur gages revient de mauvaise humeur pour l’accuser de tromperie. Alors que Strahl déclare que les bijoux sont des faux, Smart répond laconiquement : « Eh bien, cette facture est assez authentique », et lui passe les menottes. L’astucieux détective procède maintenant à l’enquête sur le lien du comte avec le collier, comme le trahit la cigarette à moitié brûlée. Soupçonnant sa kleptomanie, il rencontre le comte alors qu’il déjeune et laisse tomber son épingle à cravate à proximité d’une serviette tombée à côté de sa victime. Comme Smart l’avait prévu, le comte est attiré par l’épingle et, alors qu’il se penche pour récupérer sa serviette, il la glisse furtivement dans sa poche. Maintenant sûr de sa position, le docteur Smart tourne la conversation autour du collier disparu et sort l’imitation de sa poche en soulignant : « Voici le vrai collier ». Observant attentivement le comte à ce moment-là, il est récompensé en le voyant sursauter involontairement et mettre une main dans sa poche où le collier volé est caché. Trahi de cette dramatique manière, le comte accompagne le détective chez Molly et lui remet le funeste collier, puis, le cœur brisé par cette révélation, il quitte la maison. Il ne reste chez lui que le temps d’écrire une explication concernant la maladie qui a toujours jeté son ombre sur sa vie et de laisser des instructions pour la restitution à leurs propriétaires des nombreux bibelots qu’il a collectionnés. Cela fait, il erre dans la campagne pour chercher l’oubli ; mais une rencontre fortuite avec un groupe d’hommes qui préparent la démolition d’un conduit de cheminée fait naître une nouvelle pensée et précipite la tragédie finale. Le comte se glisse secrètement à l’intérieur de la cheminée au moment où les hommes s’éloignent pour préparer leur mèche. Il grimpe sur la haute cheminée et vient d’atteindre son sommet lorsque la mèche est tirée. La cheminée oscille, penche, se brise et tombe ; le corps désarticulé du noble kleptomane est enseveli sous les décombres. (d’après The Kinematograph and Lantern Weekly, 13 juillet 1913, adaptation Denis Ballu)