L’acteur, réalisateur inconnu

Publié le par Denis Ballu

Titre : L'acteur

Titre original : Skuespilleren

Production : Kinografen

Réalisation : inconnu

Scénario : Paul Welander & Hans Dynesen

Interprétation : Holger Reenberg (Robert West, acteur), Alfi Zangenberg (Editjh, son épouse), Ellen Rassow (Ellen, leur fille), Aage Garde (Werner, un ami de Robert), Henry Seeman (von Heine)

Longueur : 1000 m./1010 m. (France)

Sortie au Danemark : 1er septembre 1913

Sortie annoncée en France dans Le Courrier cinématographique du 22 novembre 1913, dans une distribution de l'Agence Générale cinématographique (A. G. C.)

Robert West, acteur du théâtre Residenz, semble promis à un bel avenir. Malheureusement son fort penchant pour l’alcool nuit grandement à son bonheur familial. Alors qu’il obtient un grand succès dans le rôle principal de Hamlet, sa femme accepte l’invitation d’un ami, le riche von Heine, à dîner dans un restaurant, où ils prennent une chambre séparée. Lorsque la pièce est finie, West et un collègue quittent le théâtre et entrent boire un verre dans un restaurant devant lequel ils passent. Ils s’assoient en entament une joyeuse conversation. Soudain, West tourne le regard vers une porte qu’un serveur a laissée ouverte et derrière laquelle il entend une voix qui lui est familière. Il se précipite et se retrouve face à face avec un couple qui affiche la plus grande confusion. Furieux, il se jette en un tournemain sur von Heine, mais celui-ci esquive le combat et se glisse hors de la pièce, se précipitant à l’extérieur avec sa maîtresse. Dans la rue, West dit bonne nuit à son collègue : il veut rester seul, seul avec ses sombres pensées et songe même à un moment se jeter à l’eau, dans les sombres abîmes. Mais rapidement il prend une autre décision. Il va se consoler avec son vice familier, la bouteille ! Il arrose ça dans un troquet du port. Rapidement l’alcool et la joyeuse compagnie bannissent la morosité : l’artiste déclame, s’amuse, boit... jusqu’à ce qu’il s’effondre, tandis qu’une cliente s’en va avec le portefeuille qu’il avait posé sur la table. Quand le tenancier veut se faire payer, West l’accuse d’avoir volé son portefeuille. La police arrive et ils sont tous les deux conduits au poste. Le lendemain, alors que Robert West est assis dans sa salle à manger, et que sa petite fille arrive avec la bonne, il demande où est sa femme, n’est-elle pas revenue ? Il feuillette ensuite un journal du soir et parmi les gros titres on annonce un article sur lui-même, le scandale au restaurant, au poste de police, etc. D’un geste désespéré, il balance le journal, trouve un verre, le remplit de Cognac et le vide. Le théâtre Residenz est plein, mais son directeur est anxieux : Robert West n’est toujours pas arrivé. Les acteurs et le metteur en scène vont et viennent, inquiets. « Il faut le retrouver, aller le chercher au cabaret », dit le directeur et le metteur en scène le trouve, mais tellement imbibé de whisky qu’il est incapable de jouer. Le directeur enrage et le spectacle doit être annulé. Le lendemain, Robert West donne son congé. Avec un sourire méprisant, il quitte le théâtre, abandonnant ce qui lui aurait permis d’éviter de sombrer dans la boisson et la misère. Quelques mois plus tard, son vieil ami Werner, voyant quelle est la situation chez les West, obtient de Robert qu’il lui confie la timide Ellen, que sa femme accueillera chez eux comme sa fille adoptive. Cinq ans ont passé. Le malheureux acteur chemine dans la rue en proie à de sombres pensées, quand il aperçoit sa propre fille qui sort du conservatoire de musique. Songeur, il s’assoit sur un banc, au moment où un ancien collègue arrive. Un vendeur de journaux crie qu’il y a eu une catastrophe sur Allé-Teatret. Le voisin achète le journal et lit : « Problèmes Allé-Teatret. Le théâtre peut-il continuer ? En raison de la mort de Holger Steen les représentations de Hamlet seront malheureusement sans doute interrompues, alors que le théâtre se bat avec des problèmes financiers et qu’aucune autre pièce n’est prévue... » Une idée vient au voisin : « Tu peux sauver la situation, crie-t-il. Tu peux reprendre ton ancien rôle à succès. Allons voir le directeur, je vais lui parler. » West secoue la tête, mais finalement lui emboîte le pas. Sa proposition est accueillie avec joie par la direction du théâtre. La soirée de reprise de Hamlet va avoir lieu. Sur le chemin du théâtre, West pénètre dans un cabaret et, quand il arrive dans sa loge, c’est avec une bouteille de Cognac. Pour se donner du courage ! Le spectacle commence. La première scène est bonne, mais le directeur semble se faire du souci pour le rôle principal. Mais la performance de l’acteur devient magistrale et le public manifeste sa satisfaction. Que se passe-t-il ? Quelle expression diabolique s’allume dans ses yeux ? Il se raidit, respire avec difficulté, croit voir des rats. La folie est proche, c’est le poison de l’alcool qui accomplit son œuvre. Le délire s’empare de lui et il se met à casser rageusement meubles et décors, avant de s’effondrer, pris de spasmes et l’écume à la bouche. On se précipite sur la scène. Le rideau tombe. Il est conduit à l’hôpital. Quelques mois plus tard, il a été renvoyé de l’hôpital et assiste à une grande réunion que l’Armée du salut tient dans un jardin public. Il est saisi par les mots qu’il entend. Un des salutistes lui parle et le conduit à son chef qui lui obtient une place sur un vapeur qui emmène des émigrants en Amérique. Quand il se tient dans la vapeur des grandes chaudières, la tentation revient. La bouteille n’est pas loin. Mais quand il voit la photo de sa fille, il fait preuve de volonté : Plus jamais ça ! Et il jette la bouteille dans la réserve de charbon. Durant cinq ans, Robert West a travaillé pour l’Armée du salut comme bûcheron et cireur de chaussures. Alors, un jour, à son grand étonnement, il voit une affiche dans la rue qui annonce : En tournée, la Danoise Ellen West donne un concert ici en soirée. Ellen West ! Sa propre fille. Il n’en croit pas ses yeux. Il demande à l’homme sandwich dans quel hôtel est-elle descendue et, après le concert, quand la célèbre chanteuse descend de sa voiture, il tente de l’embrasser, mais il est repoussé. Il est tellement ému qu’il s’évanouit. Mais le père adoptif d’Ellen, le vieil ami de West, le reconnaît, est ému et le fait porter jusqu’à l’hôtel. Quand il reprend conscience, il pose un regard heureux sur sa fille qui se jette à son cou. Quelques jours plus tard, le grand paquebot glisse sur la mer au clair de lune. À bord, il y a trois personnes heureuses : le père, la fille, l’ami. Ils regagnent leur ancien foyer. (adaptation programme danois DB)

 

 

 

 

 

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