Face au serpent, d'Alfred Lind

Publié le par Denis Ballu

Titre : Face au serpent / Le cirque volant / La danseuse serpentine
Titre original : Den flyvende Cirkus
Production : Det skandinavisk-russiske Handelshus
Réalisation : Alfred Lind 
Scénario : Alfred Lind & Carl Dumreicher 
Photo : Alfred Lind
Décor : L. A. Hjarne
Interprétation : Rasmus Ottesen (Strøm, bourgmestre), Emilie Otterdahl (Erna/Elisa, sa fille), Richard Jensen (Laurento, danseur sur corde), Lilli Beck (Ulla Kiri Maja, charmeuse de serpents), Stella Lind (la femme de chambre chez Strøm), Kirstine Friis-Hjorth (un employé du cirque), Charles Løwaas (un invité du cirque), Stella Lind (la femme de chambre de Strøm)
Longueur : 975 m. / 975 m. (France)
Sortie au Danemark : 20 mars 1912
Sortie annoncée en France dans Ciné-Journal du 13 avril 1912, dans une distribution de Louis Aubert

 

Quelques précisions :
    – Le film a été présenté en France comme un film de la Nordisk Film Kompagni. En fait, son producteur, Det skandinavisk-russiske Handelshus, avait vendu le négatif à Frede Skaarup qui, après l’affaire du plagiat de La traite des blanches, avait intégré la Nordisk. Le réseau de distribution de cette dernière permit à Face au serpent d’obtenir un important succès international.
    – Le métrage français du film reprend exactement celui mentionné par Marguerite Engberg dans son Registrant over danske film 1896-1914 et qui semble, en quelque sorte, avoir été la longueur de référence pour les acheteurs éventuels du film. Le matériel conservé du film est de 1030 mètres et une copie de 1141 mètres a été soumise à la censure en Allemagne.
    – Comme souvent Louis Aubert, distributeur exclusif de la Nordisk en France, vendait les films de la compagnie danoise non seulement aux exploitants mais également à d’autres distributeur. Ainsi Face au serpent a été cédé à l’Agence Générale Cinématographique qui l’a exploité sous le titre : La danseuse serpentine.
    – Le film est sorti sous le titre Le cirque volant au Luxembourg et en Égypte.


    « Le cirque volant ». C’est une grande troupe ambulante de saltimbanques qui a pris ce nom, et qui nous donne des représentations dans la province. Partout où elle arrive, elle remporte un gros succès, à cause de son programme très varié et très moderne exécuté par d’excellents artistes. Parmi ceux-ci deux surtout sont très en vogue, ce sont le danseur de corde Laurento et la charmeuse de serpents Ula Kiri. Depuis beaucoup d’années déjà ils partagent les misères et les joies de la vie errante qu’entraîne leur métier, et Ula Kiri aime d’un amour ardent son ami Laurento qui, de son côté, a beaucoup d’amitié pour Ula Kiri, sans pourtant lui rendre un amour aussi passionné. Ce qui l’éloigne de Ula Kiri, c’est la méchanceté avec laquelle elle traite les pauvres êtres qu’elle considère comme ses subordonnés. Très souvent, il se voit obligé de les sauver de ses brutalités qui lui font horreur. Un jour, « le cirque volant » arrive à une petite ville située au bord de la mer, et c’est là que se produit l’événement qui séparera à jamais les deux artistes. Laurento a vu la fille du maire, Mlle Elisa, passant devant le cirque en compagnie de quelques-unes de ses amies, et dès le premier coup d’œil, il sent qu’il l’aime. Il veut se faire aimer d’elle, mais comment ? Il se rend parfaitement compte de l’inégalité de leur condition sociale, mais son amour n’est est pas moins ardent, et les beaux garçons ont des grâces d’état. Une nuit un violent incendie éclate dans la ville. La fille du maire est en danger de mort, et Laurento, au risque de sa propre vie, parvient à la sauver. Depuis lors la maison du maire lui est ouverte à tous battants. Un jour, il dit son amour à la jeune fille qui le lui rend de tout son cœur. Reste à obtenir le consentement du père et, là, Laurento sait qu’il va se heurter à une résistance énergique. Nuit et jour, il réfléchit à ce qu’il va faire ; il devient sombre et taciturne, et son ancienne amie la charmeuse de serpents, qui se doute qu’elle a une rivale, le tourmente d’une noire jalousie. Alors, un beau jour, n’y tenant plus, il soigne tant bien que mal sa toilette, prend son courage à deux mains et s’en va auprès du maire demander en mariage celle qu’il aime. Le maire lui parle avec beaucoup de bonté, mais quant à lui donner sa fille c’est bien différent et le pauvre Laurento se heurte à un refus absolu. Cependant Laurento ne perd pas courage, il insiste, il supplie, et, à moitié touché, le maire finit par le renvoyer avec une vague promesse pour l’avenir, si ses conditions viennent à changer. C’est alors que Laurento conçoit un grand projet, mais un projet très dangereux : il veut monter sur une corde en haut du clocher. C’est une chose inouïe, jamais on n’a imaginé rien d’aussi extraordinaire. Le directeur du cirque est ravi à l’idée de cette réclame unique, et la nouvelle fait une énorme sensation dans la petite ville. Le grand jour arrive, toute la ville est en émoi. La foule des spectateurs se presse au pied du clocher. Laurento commence sans crainte sa périlleuse ascension ; il n’a jamais peur, du reste, car la danse sur corde est devenue une tradition dans sa famille. Et pourtant, en apercevant au-dessous de lui la pâle figure de sa bien-aimée et l’angoisse qui se peint sur ses traits, son cœur s’emplit d’une étrange émotion, une douleur mélangée de joie. Il est arrivé à mi-chemin, quand un cri de terreur retentit de la foule : un serpent d’une grandeur énorme est sorti du clocher et se glisse le long de la corde, tout droit sur l’intrépide artiste. C’est un des serpents d’Ula Kiri qui s’est échappé de sa caisse qu’Ula, tout occupée à sa jalousie, a oublié de fermer à clef. Voyant son ami en danger, la fille du maire court chercher Ula Kiri qu’elle supplie d’aller rappeler le serpent, sachant qu’elle seule est capable de le faire. Mais Ula, dévorée par sa haine et sa jalousie, reste sourde aux prières de Mlle Elisa. Alors la fille du maire prend une grande résolution : elle veut sauver elle-même son cher Laurento et elle y parvient grâce aux forces surhumaines que lui donne son amour. Et à ces preuves d’amour et d’héroïsme des deux jeunes amoureux, le maire ne résiste plus et donne son consentement. Le soir même, « le cirque volant » lève le piquet. (résumé Nordisk)

 

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