Parutions second semestre 2009

Publié le par élan

Olle Schmidt


Krönika från Gåsviken

 



"Vare sig de kommer härifrån eller från ett annat ställe

gillar jag människor som hör hemma någonstans

och som i sitt hjärta bär på en by eller en stad

där de skulle kunna hitta vägen hem i mörkret."

 

 

Varför började Jacques Debronckarts sång Adélaïde gå runt i huvudet på mig när jag läste En krönika från Gåsviken ? Förmodligen därför att boken ger oss några porträtt av människor med djupa rötter i en jord som de känner utan och innan. Förmodligen också därför att andra personer, även om de inte företagit en resa till Australien på samma sätt som i visan, slagit sig till ro i ett landskap och en miljö som är dem främmande. Olle Schmidts framgång ligger i att han samtidigt kan levandegöra unika individer och måla odödliga människotyper. Det som kan likna en nyhetsnotis i en tidning omformuleras med ordens magi och återförenas till en allmängiltig verklighet, där man lägger märke till att folks tankar och göromål i denna landsända av Sverige – inklämd mellan fjällen vid norska gränsen och kustvägen norrut – är desamma som våra. En vacker hyllning till det dagliga livet för de människor som ofta inte har någonting att säga till om i ett Jämtland långt borta från den brokiga och falska folklore som lockar turisterna upp till Lappland.




 

Olle Schmidt är född i Ånge 1947. Hans far var järnvägstjänsteman. Efter studier i franska, ryska och svenska 1966-71 vid Stockholms Universitet flyttade han med sin hustru Kristina till Jämtland för att ta Voltaire på orden och pröva på jordbrukaryrket. Skogsarbete på vintern och potatisodling på somrarna. Efter ett tiotal år tvingades han av ekonomiska skäl att återgå till det läraryrke han utbildat sig för. I tjugo år arbetade han vid en gymnasieskola i Östersund, en anställning han tvingades överge på grund av sin epilepsi. Fritiden ägnar han numera åt trädgårdsskötsel och familjen.

 

Skrivandet av en Krönika från Gåsviken började som veckobrev till barnen som flyttat ut ur landet. Hans svärson, Alain Bourges, såg likheterna mellan människorna i den norrländska glesbygden och på den franska landsbygden och tyckte att innehållet skulle kunna intressera även franska läsare. Tack vare förlaget L’Élan som har skandinavisk litteratur som specialitet, kunde han översätta boken till franska och 2004 utkom Chroniques de Gåsviken.

 

I sin översikt över svensk litteratur (Voyages dans les lettres suédoises, L’Élan, 2007) skriver Thierry Maricourt att boken med värme och sarkastisk humor skildrar olika människoöden och känslan av övergivenhet i en avfolkningsbygd.

 

 

Krönika från Gåsviken, L'Élan, 2009, 95 p., 9 €/96 SEK

ISBN 978-2-909027-80-7  - EAN 9782909027807

 

 

 

 Olle Schmidt

Chroniques de Gåsviken
 
 "Qu’ils soient d’ici ou de n’importe quel parage
Moi j’aime bien les gens qui sont de quelque part
Et portent dans leur cœur une ville ou un village
Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir." 


Pourquoi la chanson Adélaide de Jacques Debronckart s’est-elle mise à me trotter dans la tête en lisant les Chroniques de Gåsviken ? Sans doute parce que le livre nous propose quelques portraits d’individus très fortement ancrés dans un terroir qu’ils connaissent parfaitement. Sans doute, également, parce que d’autres protagonistes, s’ils n’ont pas accompli le voyage en Australie comme ceux de la chanson, se sont retrouvés transplantés dans un paysage et un milieu qui ne leur sont pas familiers. La réussite d’Olle Schmidt (né en 1947) réside dans le fait qu’il a su tout à la fois donner vie à des personnages très individualisés et peindre des types éternels. Ainsi ce qui peut tenir du fait divers journalistique, transformé par la magie de l’écriture, rejoint une réalité universelle où l’on s’aperçoit que les préoccupations des gens de ce petit coin de Suède – coincé entre les montagnes de la frontière norvégienne et la route côtière qui remonte vers le nord – sont aussi les nôtres. Un bel hommage à la vie quotidienne de ceux qui n’ont pas souvent droit de cité dans un Jämtland bien éloigné du folklore tapageur et factice qui attire les touristes vers la Laponie.

Chroniques de Gåsviken, traduit du suédois par Alain Bourges, L'Élan, 2004, 96 p., 12 €, ISBN 2-909027-58-9

 

 

Olle Schmidt est né à Ånge en 1947. Son père était cheminot. Après des études de francais, de russe et de suédois entre 1966 et 1971 à l’Université de Stockholm, il a déménagé en Jämtland pour prendre Voltaire au pied de la lettre et essayer le métier d’agriculteur. Travail dans la forêt en hiver et culture de pommes de terre en été. Après une dizaine d’années, pressé par des raisons économiques, il a dû reprendre le métier d’enseignant pour lequel il s’était préparé. Pendant vingt ans, il a enseigné à un lycée d’Östersund.

 

L’écriture des Chroniques de Gåsviken a commencé comme des lettres hebdomadaires à ses enfants qui s’étaient installés à l’étranger. Son gendre, Alain Bourges, a vu les similarités entre les gens en voie de disparaître dans le nord de la Suède et à la campagne francaise et il a pensé que le contenu aurait un intérêt aussi pour lecteurs en France. Grâce aux éditions L’Élan qui se spécialise en littérature scandinave, il pourrait traduire le livre et en 2004 parut les Chroniques de Gåsviken.

Dans sa présentation de la littérature suédoise (Voyages dans les lettres suédoises, L’Élan, 2007) Thierry Maricourt écrit que le livre présente de différents destins humains avec chaleur et de l’humour sarcastique ainsi que le sentiment d’abandon dans un pays en voie de dépeuplement.

 


L'avis de l'éditeur : 

 

Il n’y a pas vraiment de trame dramatique dans ces Chroniques qui se présentent plutôt comme des instantanés qui troublent un peu "le cours paisible de l’existence" de ces habitants du Jämtland qui, à l’image de Gustav, sont "du genre économe, en actes comme en paroles". Le silence est souvent le seul compagnon qui ne leur fasse jamais défaut et participe de la vie sociale. Voyez les étranges liens liés entre Elsa et son locataire : "Ils ne se parlaient pas vraiment mais pouvaient passer une bonne demi-heure ensemble, dans un silence entrecoupé de monosyllabes." La visite de l’antiquaire chez Gustav et Alma est également très représentative de ce genre d’échanges où le non-dit est beaucoup plus important que les quelques paroles échangées. Si le livre nous présente un certain nombre d’habitants, disons historiques, de Gåsviken, il nous montre également une société en train de changer. Dans un univers un peu fermé, un peu clos, viennent se greffer diverses verrues. L’antiquaire en est une, avec, entre autre, son désir d’ouvrir la région au tourisme ; la famille Lundkvist, qui vit un peu en marge – tant géographiquement que socialement – du village en est une autre. On peut même dire que la mondialisation est là avec ces Russes venant cueillir les baies du coin, remplacés un peu plus tard par des Éthiopiens ! Cet épisode se termine d’ailleurs, de façon hilarante, par la fuite des Africains devant une armée de moustiques assoiffés. Le ton des Chroniques oscille toujours entre le rire et les larmes, et n’est-ce pas normal quand on parle de la vie et du destin des gens ? "La joie ça vient toujours après la peine", comme disait le poète, à moins que ce ne soit l’inverse ! Bref, après le destin tragique des deux filles des Lundkvist, toutes deux finissant, à trois ans d’intervalle, sous le train qui passe derrière leur maison, on a droit à une scène traitée comme un épisode de film d’action avec l’embouteillage provoqué par un élan, ou encore aux récits du marin norvégien relatifs à son existence dangereuse dans un Paris livré entièrement au vice et à la débauche. L’humour et la gravité se mêlent donc fort bien, et dans les personnages fortement campés et individualisés que nous peint Olle Schmidt, chacun retrouvera certainement des types plus universels car, finalement, la vie et les préoccupations de ces Jämtlandais sont aussi les nôtres.

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Zacharias Topelius 

Les superbes projets d’avenir du bouleau,
lors de ses premières feuilles et autres contes

 

 

Écrivain finlandais de langue suédoise, Zacharias Topelius (1818-1898) a consacré une importante partie de sa production aux enfants. Poèmes, contes, pièces de théâtre se retrouvent dans les huit volumes de Lectures pour les enfants (1863-1896) ou dans Notre pays (1875), alors le livre de lecture préféré des écoliers finlandais. Cette production lui a valu d’être appelé "l’Andersen de la Finlande et de la Suède".

 

Le présent recueil contient trois contes : Les superbes projets d’avenir du bouleau, lors de ses premières feuilles rappelle qu’il n’est jamais bon de se laisser abuser par les flatteurs, mais que tant qu’il y a de l’espoir… ; Dans Le don du roi de la mer, un couple de pêcheurs se retrouve sur un îlot solitaire entre des rêves issus de la mythologie finnoise et la réalité des tempêtes d’automne ; La coupe d’argent de la princesse Ondine Marina évoque le destin, un temps parallèle, de Lisalill, une jeune finlandaise en quête d’une source afin d’y puiser de l’eau pour son grand-père assoiffé, et de la fille du roi des flots, partie recueillir des coraux sur les côtes de l’Australie. L’auteur mélange ici habilement réalisme et fantastique, la trivialité de la vie quotidienne avec des éléments magiques et interventions extraordinaires, quand il ne donne pas la parole aux arbres !


Zacharias Topelius : Les superbes projets d’avenir du bouleau, lors de ses premières feuilles et autres contes (Pour les enfants, 3), trad. Antonie Gauthey, L’Élan, 2009, 48 p., 6 €.
ISBN 978-2-909027-81-4 - EAN 9782909027814

Publié dans Parutions 2009

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